VII. VIR. EPVLONVM
rivière du même nom, avoisine de vastes plaines ravagées par des troupes d'éléphants et plits encore par la nation des Autololes, que l'on traverse pour aller à l'Atlas, montagne fabuleuse de V Afrique,
IV. — Après avoir parlé de TAtlas (Djebel-Deren) et de tout un immense pays en dehors des possessions romaines, Pline, revenant à son sujet, dit que la province Tingitane (Maroc) a cent soixante-dix mailles de longueur. La principale des tribus qui l'habitaient était celle des Maures^ qui lui ont donné leur nom et que (les Grecs) ont appelés aussi Maurusiens ; affaiblis par les guerres, ils ont été réduits à quelques familles. Près d'eux étaient les Massésyles^^\ qui ont disparu de la même manière. Elle est occupée aujourd'hui par les Gétules<^\ les Baniures et les AutololeSj qui sont de beaucoup les plu^ puissants. Les Vésunes qui faisaient autrefois partie de ce peuple, s'en sont séparés pour se rapprocher des Ethiopiens (Noirs du Touat) et faire une nation à part. La partie orientale de la province est
pr. OANDIDATO
SEPT. CARVILIANV8
E Q. R0MANV8
PATRONO INCOMPARABILI
^ullet, epig., 1881, p. 13.
(1^ Le poète ' Prudence, chantant saint Cassien, greffier, martyr de Tanger, parle des Massyles en ces termes :
Ingeret Tingis sua Caasianum Festa Massylum monumenta regum Qui cinis gentes domitas coegit Ad juga Chrîsti.
JTyfnn. IV de Corona^ v. XLV.
(2) H est parlé d'un Tumultus Qœtulorum dans une inscription de Oonstantine. Oorjnis n<>6958.
montagneuse et nourrit des éléphants^ qu'on retrouve également sur les monts d'Abila (Çeuta) et sur ceux qu'on appelle des Sept-Frères, à cause de leur égale hauteur. Ces derniers dominent le détroit et se rattachent à ceux d'Abila, A partir de là commence le rivage de la Méditerranée; on y voit la Tamuda, rivière navigable, sur laquelle était jadis une ville de m£me nom (Tétouan) puis le Laud (Oued-Laou), qui porte aussi bateau; la ville et le port de Rusadir (Mélilla); enfin, la Malvana (Molouïa), rivière navigable.
V. — Voilà ce que Pline connaissait, en ce temps, de la Maurétanie Tingitane^^^ Il ne faut pas s'étonner qu'il n'ait cité que huit villes, florissantes alors. Il nous apprend lui-même, au commencement du cinquième livre, que les Africains étaient partagés en villages, qu'ife habitaient le plies souvent des lieux fortifiés^ comme font encore les peuplades kabyles. Mais il omet leurs noms qui ne pouvaient d'ailleurs, très souvent, s'exprimer en une autre langue que la leur, c'est-à-dire en berbère.
(1) Nous citerons ici on texte, trouvé à Tanger même et qui renferme le nom de la province :
p. BE8I0. p. F. QVIR. BETVINIANO
G. MARIO. MEMMIO. SABINO
PRAEF. OOH. I. RAETORVM. TRIB. LEQ. X. Q. P. F.
PRAEF. ALAE. DARDANORVM. PROGVRATORI
IMP. CAE8ARIS NERVAE. TRAIANI. AVQ. QERM. DACIQI
MONETAE. PROC. PROVINC. BAETICAE. PROC. XX. HERED. PROC. PRO
LEQ. PROVINO. MAVRETANIAE. TINQITANAE. D0NI8. DONATO. AB IMP. TRAIANO. AVQ. BELLO. DACICO. CORONA. MVRALI VALLARI. HA8TI8. -
PVR. VEXILLO ARQENT EXACTI EXEROITVS
Corp^is^ n° 9990.
MAURETANIE CESARIENNE.
I. — Selon Pline, après la rivière Malvana (Oued-Molouïa), qui limitait la province précédente, vient en face de Malacha (Malaga), ville cC Espagne, la ville de Siga (Takembrit), capitale de Syphaxet de la seconde Maurétanie. Syphax, en effet, régnait, non seulement sur la Numidie, dont Cirta était la capitale, mais encore sur la Maurétanie, qui eut ensuite Bocchus pour roi. Et, en vérité, on retrouve dans les ruines de Siga des médailles nombreuses de Syphax. Pline ajoute que le nom de ces rois se conserva si longtemps que la partie extrême, c'est-àdire la Tingitane, voisine de VOcèan^ fut appelée Bogur dienne^ et que celle qu'on appelle aujourd'hui Césarienne prit aiùssi le nom de Bocchus. Au-delà était Portas- Magnum (près Saint-Leu, chez les Bottioua), ainsi noryim^ à cattse de son étendue, ville de citoyens romains. Puis le fleuve Mulucha (royal Chélif) limite du pays de Bocchus et des Massésyles. Le royaume de Juba s'étendait de là jusqu'au fleuve Ampsaga (Oued-Kebir).
n. — Qaiza Xenitana (Pont-du-Chélif) ville d'étrangers; Arsennaria (Sidi-Bou-Ras), ville de Latins, à trois mailles de la m£r; Cartenna (Ténès), colonie d'Auguste pour la deuxième légion, c'est-à-dire que les colons
envoyés par Auguste avaient été soldats- de la deuxième légion; Crunugus (Sidi-Brahim), autre colonie d'Auguste, où l'on établit la cohorte prétorienne; le promontoire d'Apollon (Bou-Roumi), et la ville célèbre de Césarèe (Cherchel), autrefois appelée Jol, capitale de Juba, élevée au rang de colonie par l'empereur Claude; Oppidum novum (Duperré) pour les vétérans que le même y fit transporter; Tipasa (Tefassed), qui avait le droit de cité latine; Icosion (Alger), qui avait obtenu le même privilège de l'empereur Vespasien; Rusgoniœ (Matifou), colonie d'Auguste; Rusucurru (Tigzirt), honorée par Claude du droit de cité; Rusazus (Azeffoun), colonie d'Auguste; Saldœ (Bougie), colonie du mém£; et encore Igilgili (Djidjelli), c'est-à-dire colonie d Auguste y comme Ruzasics et Saldœ; la ville de Tucca, assise sur la mer et sur le fleuve Ampsaga. Là commence la Nvr midie.
III. — Dans l'intérieur, Colonia-Augusta, autrement Succabar (Affreville) ; puis Tubusuptus (Tiklat) ; les cités de Timici et de Tigavœ (Kherba des Attafs) ; les rivières Sardabal, Aves et Nabar; le peuple des Ma/iUr rèbes; le fleuve Usar (Isser); le peuple des Nabades. Le fleuve Ampsaga est à trois cent vingt-deuœ milles de Césarèe, c'est-à-dire de la colonie de Jol, capitale de Juba. Les deux Maurétanies ont en longueur maille trente-neuf milles, et en largeur quatre cent soixante-sept milles, Pline a énuméré ici seulement les villes principales, laissant de côté les bourgades et les châteaux.