‹ G�eographie de l'Afrique chr�etienne (volume 3)Chapitre 76 sur 198 · LVII. — HILTA · texte numérisé non relu

LVII. — HILTA

La lettre du concile de la Proconsulaire insérée dans les Actes du synode de Latran, qui porte les signatures de révêque de Hilta et de celui de Bilta, prouve que ces deux localités ne doivent pas être confondues. Elles peuvent à la rigueur avoir porté le même nom, si Ton admet, par exemple, qu'il y a eu deux cités appelées Villa, dont Tune serait ViUa-Magna, comme nous le verrons en son lieu. Mais ce ne sont là que de pures hypothèses et la vérité est que nous ne savons rien encore ni de Bilta ni de Hilta.

HIL ARIEN. U assista, en 411, à la conférence de Carthage. Après la lecture de sa souscription, il ajouta^^) : Je n'ai point de compétiteur. Alors se leva Victor qui se donnait pour évêque des Donatistes de Hilta, et dit : J'ai été ordonné il y a peu de temps. Mais Hilarien répondit : Il n'y a personne; c'est-à-dire point d'Église qui lui obéisse, parce que toute la ville était catholique.

PÂRIATOR. Il souscrivit le quatrième à la lettre du concile de la Proconsulaire adressée en 646 à Paul, patriarche de Gonstantinople, contre les Monothélites, et que le pape Martin fit lire ensuite au concile de Latran (3).

(1) Cogn,, I, n. 133.

(2) Hard., Ckmc,, t III, p. 749.

LVIIL — HIPPONE-DIARRHYTE.

Il y avait deux Hippone, Hippone-Diarrhyte etHippone- Royale. Hippone appelée Diarrhyte par les Grecs à cause des eaux qui la trayersent (^) est la moderne Bizerte ou Benzert, altération du nom antique. Elle est toujours traversée par le canal qui fait communiquer son lac poissonneux avec la Méditerranée . Pline '*^ en parle de cette sorte : On trouve, en Afrique, la colonie d'Hippone voisine de la mer et contiguè à un lac navigable. U estuaire en ressemble à un fleuve qui, selon que la Tnarèe monte ou descend, sort du lac ou y rentre. Hippone-Diarrhyte était en effet une colonie d'Auguste comme le montre cette inscription déjà citée (3) :

GENIO. COL. IVLIAE

HIPP. DIARR. SACR

etc.

Elle était située près du cap Blanc, appelé encore aujourd'hui Ras-el-Abiodh. Tous les anciens auteurs la mentionnent aussi bien que les modernes, car Bizerte est restée une ville maritime importante. C'est la patrie de sainte Restitute, vierge et martyre, qui souffrit la mort sous Dioclétien et dont les reliques sont conservées à Naples dans une église consacrée à sa mémoire. Elle est

(1) Solin Polyh.^ cap. xxvil.

(2) Lib. IX, Ep, XXXIII.

(3) Corpus, n. 1206.

honorée le 17 mai. Saint Augustin a prêché plusieurs fois à Hippone-Diarrhyte, dans les basiUques Florentia, Margarita et de saint Quadratus^^^

PIERRE. Il donna son avis le soixante-douzième dans le concile de Carthage de 255, le troisième que réunit saint Gyprien sur la question du baptême. Certains manuscrits donnent à Pierre le titre de martyr ^^J.

EQVITIVS. Il était évêque avant l'année 400. Condamné par un concile, pour des crimes que nous ne connaissons pas, à se démettre de Tépiscopat, il refusa d'accepter cette sentence. Aussi dans le synode de Carthage de 401^ il fut enjoint, sur la proposition d'Aurèle, à Tévêque que les Pères déléguaient auprès de l'Empereur, d'avoir, s'il venait à rencontrer Equitius dans ces contrées, à faire contre lui ce qu'il faudrait et où il le pourrait, dans l'intérêt de l'Église. C'est ce que nous lisons dans le soixante-cinquième canon du Code de l'Église africaine. De plus, en 404, selon le canon quatre-vingt-treizième de ce même recueil, les Pères furent d'avis d'ajouter, dans la lettre adressée par eux aux juges d'Afrique que, conformément aux édita des em^pereurs^ Equitius devait être chassé du diocèse d'Hippone-Diarrhyte, à cause de l'audace avec laquelle il revendiquait, sans droit aucun, les privilèges de répiscopat. Déjà les mêmes Pères avaient envoyé à Hippone vingt évêques, parmi lesquels Augustin, Alype, Evode et Evangelus, pour établir à sa place un nouvel élu; ce que l'on sait par le soixante-dix-huitième canon

(1) BiU. Casin, t. I, p. 220 et alibi,

(2) Hard., Ooric,^ 1. 1.

du même recueil (^). L'évêque élu fut probablement celui dont le nom suit :

FLORENTIVS. Il siégea, en 411, parmi les catholiques à la conférence de Carthage. Après la lecture de sa souscription, il reconnut qu'il avait un adversaire donatiste^^^ : J'ai Victor contrée moi^ dit-il. Le diacre Habetdeum ajouta : On Va nommé conservateur. Appelé à son tour, Victor répondit f') : J'ai donné mandat et souscrit. C'est Florentins sans doute qui fonda à Hippone la basilique qui portait son nom.

M ARIEN. Il est le cinquième sur la liste des évoques de la Proconsulaire qui, répondant à Tappel du roi Hunéric, se rendirent avec les autres à Carthage et furent ensuite exilés. D'après la Notice, Marien fut de ceux qu'on relégua dans l'île de Corse.

PALMATIVS. Il souscrivit au concile de Carthage réuni par Boniface en 525 f*J. Il y est simplement appelé évêque d'Hippone, mais on n'en doit pas moins croire qu'il occupait le siège d'Hippone-Diarrhyte. De même nous trouvons des évêques d'Abbir, de Bulla, de Gisipa, etc., sans qualificatif.

DONAT. Nous trouvons son nom dans les signatures delà lettre des Pères du concile de la Proconsulaire, adressée en 646 à Paul de Constantinople pour le détourner de favoriser les Monothélites^'^^

(1) Hard., Conc., t. I, p. 906.

(2) Cogn., I, n. 139.

(3) Cogn., I, n. 180.

(4) Hard., Conc, t. II, p. 1082.

(6) Hard., Coric., t. III, p. 749.

Hippone-Diarrhyte a eu plus tard des évêques titulaires dont voici les noms :

Jean Marcione, en 1728; François de Mean, en 1785; Michel Argelati, en 1795; Grégoire Zirkel, en 1802; Sébastien Lombardo, en 1818; Gaspar de Karl, en 1843 ; François Gantarines, en 1845; Dominique de Angeus, en 1874; Antonin Saeli, en 1882; François Kersuzan, en 1883; Mathieu Gibney, en 1886.

Jean-Joseph Tournier, en 1892.

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