LXXII. — MEMBRESSA
Membressa était une ville connue de la Proconsulaire qui, au rapport de Procope^*^ se trouvait à 350 stades de Carthage. Vltinéraire d'Antonin la place, en efiet, sur la grande voie de Carthage à Théveste, entre Sicilibba et Musti. Selon la Table de Peutinger elle se trouvait à huit milles de Thisiduo et à seize milles de Tichilla dont nous avons déjà parlé. Dès lors, il est facile de la reconnaître dans la ville moderne de Medjez-el-Bab, qui occupe une
(1) Aiig, contra Oresoon,, 1. IV, cap. iv.
(2) Cogn.f I, n. 121.
(3) Hard., CoTie,^ t. I, p. 947.
(4) Bell. Vand.f lib. II, cap. xv.
éminence sur la rive droite du Bagradas. Sa position lui a toujours donné une certaine importance, car elle est la clef de la vallée supérieure du fleuve ainsi que du bassin de Vaga. Son nom actuel, Medjez-el-Bab, le passage de la porte, lui vient d'un arc de triomphe qui s'élevait à l'extrémité d'un pont antique et sur lequel on lisait ces lignes <^) :
SALVIS ET PROPITIIS DDD NNN GRATIANO
VALENTINIANO THEODOSIO INVICTISSIMIS PRIN
CIPIBVS DVPLICI EX MORE CONDITO DECRETO
La quatrième ligne du texte manque.
Gorippe nous apprend ^^^ que Bélisaire infligea une sanglante défaite à Stozza et à ses Maures dans la plaine au sud-ouest de Membressa.
La plus grande célébrité de cette ville vient de ses martyrs Ammon, Émilien et beaucoup d'autres que l'Église honore le onze février.
LVGIVS. n fit connaître son sentiment le soixante-deuxième au concile de Garthage, le troisième tenu par saint Gyprien sur la question du baptême, en 255. Dans certains manuscrits Lucius porte le titre de confesseur '^'^
SALVIVS. Il est compté parmi les Donatistes les plus marquants qui consacrèrent Maximien. Il condanma Primien au concile de Gabarsussi^*) qu'il tint avec ses collègues en 393. Il fut lui-même l'année suivante con-
(1) Corpus, n. 1296.
(2) Johann, lib. III, v. 311.
(3) De Bapt, contra Bon, Atig., lib. VI et VII.
(4) Aug., in Ps, XXXVI, serm. II, n. 20.
damné avec eux dans celui de Bagaï^^l Saint Augustin revient plusieurs fois sur les mauvais traitements que peu de temps après lui firent souffrir les habitants d'Abitina, ses voisins, enhardis par la sentence du proconsul Seranus : Car, dit-il, s'ètant saisis de ce vieillard, ils lui attachèrent au cou des chiens morts et dans cet état le firent danser avec eux tant qu'ils voulurent. ^^^
6ENNADE. Il assista, en 411, avec les évoques catholiques à la conférence de Garthage où, après la lecture de sa souscription, il ajouta ^'^ : J'ai pour compétiteur Restitut, lequel s'avança et dit : Je le connais. Puis répondant lui-même à l'appel parmi les siens il dit^^^ : J'ai donné mandat et j'ai souscrit. Cet évéque est celui qui, au rapport de saint Augustin ^^), avait été ordonné à la place de Salvius. Ce dernier se serait-il converti au catholicisme? La chose est très possible, mais nous ne pouvons l'affirmer et saint Augustin du reste n'en dit rien.
BONIFACE. Il se rendit à Carthage, en 482, pour la réunion convoquée par le roi Hunéric. Dans la Notice on a ajouté à son nom la mention Fug. il a fui, parce que sans doute il avait prévenu la sentence d'exil portée contre tous les évoques.
PASCASE. Il souscrivit au concile de Carthage convoqué par Boniface en 525 (^^.
(1) Aug., Contr, Cfrescon,^ lib. IV, cap. IV et XLix.
(2) Aug., l!!pist., 108.
(4) Ibid,, n. 198.
C6) JSpigt.f 108, n. 14.
(6) Haid., Owk?., t. II, p. 1082L
VICTOR. Son nom se trouve parmi ceux des signataires de la lettre adressée en 646 à Paul, patriarche de Gonstantinople, contre les Monothélites^^).
LXXIIi; — MEMBRONE.
Membrone, autrement Memplone et môme Membione et Memblosa, se trouvait située entre Utique et Tinisa, à 15 kilomètres de Tinisa et à 9 kilomètres d'Utique. Edrisi la nomme encore au XIP siècle et l'appelle Anbelouna. Depuis elle a disparu et ses ruines gisent à Sidi-Mohammed-Farès. Le livre des miracles de saint Etienne d'Uzali nous apprend qu'un citoyen de Memplone fut guéri par l'intercession du saint diacre (^^.
THEASIVS. Il occupait le siège épiscopal de Membrone avant 404; car cette année là il fut chargé avec Évode d'Uzali par le concile de Carthage^^^ le huitième de ceux d'Aurèle, d'une mission auprès des empereurs contre les Donatistes. On Ut même dans le quatre-vingt-treizième canon du Recueil de l'Eglise d'Afrique les instructions données par le concile à ces députés. Plus tard, en 411, il assista à la conférence de Carthage où, après la lecture de sa souscription, il rendit de son Église ce témoignage^^). Il n'y a là que l'unité de l'Église catholique.
(1) HarcL, 0?w?.,t. ni, p. 750.
(2) Lib. I, cap. V.
(3) Hard., Cono,^ t. I.
Ce que conânna aussi un autre évêque, nommé Salvien, en rappelant la triste fin de l'ancien évêque donatiste^^^. Au temps de la persécution^ dit-il, Vèvêque de cet endroit y a stùccombé.
Theasius prit encore part au concile de Carthage tenu en 416 contre les Pélagiens et son nom figure dans le titre de la lettre ^^^ adressée par les Pères au Pape Innocent. Cet évêque vivait encore en 424, car son nom se retrouve également dans le titre de la lettre adressée par les Pères du concile de Carthage au pape Célestin^^^.