OB . MERITA
SPLENDIDISSI
MVS . ORDO
SVFETVLENSIS
On lit sur un autre monument ce qui suit ^ :
SPLENDIDIS
SIMVS ORDO ET VNIVERSVS POPVL .
CVRIARVM . COL . SVFETVLENSIS
etc.
Le diacre Ferrand nous apprend qu'un Concile fut tenu à Sufetula et il en a publié un canon ^, mais nous ne savons pas en quelle année il eut lieu. Quant aux martyrs que le martyrologe romain attribue à la colonie de Sufetula, ils appartiennent certainement à celle de Sufes, comme nous l'avons marqué en son lieu.
Sufetula est située au centre d'une immense plaine ; la
» Cap. 36.
« Bull, des ant. afric. 1885. p. 229.
3 Ibîd. p. 232.
* Hard. 1. 1252.
ville antique couvre une plate-forme semi-circulaire baignée par Toued Sbeïtla. C'est le prœrupti montis avec la planities limosa de Salluste. Les rues et les places de la ville sont encore distinctes et la plupart des monuments sont encore debout. Une grande et large rue traversait la ville du nord au sud et était coupée à angles droits par trois rues parallèles. EUe commençait, au nord, par un arc de triomphe et finissait, au sud, entre deux édifices carrés.
On remarque, à Sbeïtla, un second arc de triomphe, plusieurs temples, dont un capitolin précédé d'un péribole de cent quarante et un pas de longueur et de soixante-sept pas de largeur. Un pont de trois arches, qui servait aussi d'aqueduc, réunissait la ville à son faubourg, situé sur la rive gauche. Il n'y a plus que des restes de l'amphithéâtre et du théâtre.
Mais ce qui nous intéresse davantage, ce sont les basiliques de Sufetula. Il y en avait une dans l'enceinte des trois temples du Capitole, une autre près du théâtre et deux autres vers le nord-ouest. Elles sont toutes terminées en abside et présentent trois nefs séparées par deux rangées de colonnes. Dans l'une de ces basiliques on a retrouvé les restes d'un ciborium. Sur un linteau qui a dû appartenir à une église on lit ces mots * :
HIC DOMVS t ORATIONIS
Les fragments de sculpture chrétienne y sont très nombreux.
C'est à Sufetula que le patrice Grégoire perdit l'Afrique avec la vie.
' Ephem. vu. n 57.
PRIVATIEN. Il donna son avis le dix-neuvième dans le troisième Concile tenu par saint Cjrprien sur la question du Baptême, en Tan 255 K
IVCVNDVS. Il est cité en premier lieu parmi les Évèques catholiques qui assistèrent, en 411, à la Conférence de Carthage. Quand il eut répondu, à l'appel, qu'il était présent, Titien, donatiste, se présenta et dit- : Je le connais, A l'appel de son nom parmi ceux de sa secte, luimême répondit^ : J'ai donné mandat et faî souscrit, Jucundus revint une seconde fois à Carthage, en 419. Il fut le premier des délégués de la Byzacène au Concile de cette année, célébré par Aurèle, et il y souscrivit immédiatement après les délégués de la Numidie et de la Maurétanie sitifienne ^.
PRAESIDIV8. Victor de Vite parle de lui et de Donatien de Vibiana, à l'occasion de la déloyauté du roi Hunéric qui éloignait les Kvêques remarquables par leur érudition et leur intelligence, de crainte que les Ariens dont il était le patron, ne succombassent dans la lutte ^. Béjà^ dit-il, après leur avoir fait donner cent cinquante coups de àâton^ il avait envoyé en exil pour la seconde fois Donatien de Vibiana, ainsi que Prœsidius de Sufetula, homme d'un esprit distingué. Les martyrologes romains les nomment tous deux, avec leurs compagnons, le troisième jour après les nones de septembre.
' Hard. 1. 170.
^ Cog. 1. 126.
3 Ibid. 203.
^ Hard. 1. 1250.
* Pers. Vaud. 2. 16.
On retrouve Praesidius dans la notice de 482 et il est le vingtième sur la liste des Évêques de la Byzacène que le roi Hunéric exila, en 484, après l'assemblée de Garthage.