CXXVIII. — THAENAE
La ville que Ptolémée appelle Thaenae, était une colonie importante de la Byzacène. C'est ce que montre une antique inscription romaine que nous reproduisons * :
DD . NN . CRISPO KT CONSTANTINO NOBII.L . CAESS . II COSS
\' IDVS AI>RIL .
DECVRIONKS KT COLON! COLONIAE AELIAE AV
GVSTAE MERCVRIALIS THAENIT CVMQVIN
TO ARADIO VALERIO PROCVLO V . C . PRAESID . S
PROVINC . VAL . BYZAC . HOSPITIVM CLIENTE
LAMQVE FECISSENT ET SIRI LIBERISQVE SVIS
POSTERISQVE EORVM COOPTASSENT QVINTVS
ARADIVS VAL PROCVLVS V . C . PRAES . PROVINC . VAL
BYZAC . A DECVRIONIBVS F.T COLONIS COL . AEL . AVG
MERC . THAENIT . HOSPITIO CLIENTELAQVE
SVSCEPISSET LIBERISQVE SVIS POSTERIS
QVK EORVM IN QVAM REM LEGATOS IRE
DIXERVNT VNIVERSOS ORDINIS VIROS
CENSENTIBVS CVNCTIS AGENTIBVS
CVRIAMQ. VALERIO MARVLLO ET C HOR
TENSIO CONCILIO DVOVIRIS
Ce contrat qui nous donne le titre de la colonie Aelia Augusta Mercurialîs Thœnitanorum est de Tan 321.
L'Itinéraire d'Antonin place Thsenae à dix-sept milles de Macomades et à vingt-cinq milles d'Ovisee. Il compte vingt milles de Thaenae à Usula, tandis que la table de Peutia^ ger la place à vingt milles de Taparura. La Table repré-' sente Thaenae par un groupe d'édifices. Moyennant ces di' verses indications, il n'est pas difficile de reconnaîtra
1 Gruter. p. 363. n. 3.
Thaenae dans les ruines de Tina, situées sur Toued Tina, au bord de la mer, près du promontoire d'Ammon. Thaenae était dominée par une colline que couronnait une acropole. Le mur d'enceinte, qu'on peut suivre encore, avait un développement d'environ deux milles romains. La nécropole est vaste.
Thaenae devait son titre de colonie à Adrien ou à Antonin. Pline nous apprend ^ que le fossé qui séparait Tancienne province d'Afrique de la nouvelle allait de Thaenae à la Tusca qui coule à l'est de Thabraca, laissant celle-ci en Numidie.
Thaenae est probablement la ville que les manuscrits d'Hirtius appellent Thabena et que César occupa. Un Concile a été tenu à Thaenae. Ferrand, qui nous le fait connaître, reproduit trois de ses canons -.
EVCRACE. On a une lettre que saint Cyprien lui écrivit ; c'est la soixante et unième. Cet Évêque donna son sentiment le vingt-neuvième dans le Concile de Carthage de 255, le troisième de ceux que tint saint Cyprien sur la question du Baptême ^\
LATONE. Il assista, en 411, parmi lesÉvèques catholiques, à la Conférence de Carthage où, après sa réponse, à l'appel de son nom, qu'il était présent, le donatiste Securus se présenta contre lui et dit^ : Je le connais. Puis, il répondit à l'appel parmi les siens ^ : J'ai donné mandat et
1 Hist. nov. 5. 3.
2 Hard. 1. 1252.
3 Ibid. p. 170.
* Cogn. 1. 121.
* Ibid. 201.
j*ai souscrit. On trouve encore le nom de cet Évêque dans le Concile de Thelepte, autrement de Zella.
PELERIN. Saint Augustin, adressant la lettre cent soixantedixième au médecin Maxime de Thsense, d'autres lisent de Cartennae, lui parle à deux reprises de son saint frère et coévêqae Pèlerin qui gouvernait cette ville. La lettre suivante est, du reste, adressée à ce même Évêque au sujet de Maxime. On voit, par la lettre cent quarante-neuvième, adressée à Paulin de Noie, que Pèlerin avait été diacre de saint Augustin et qu'il avait accompagné à Sicca TÉvêque Urbain, autre disciple de TKvêque d'Hippone.
PASCASE. La notice le cite le trente-troisième sur la liste des Évèques de la Byzacène qui se rendirent à la réunion de Carthage, en 484, et furent ensuite tous condamnés à l'exil avec leurs autres collègues par le roi Hunéric.
PONTIEN. Il assista, avec le primat Libérât, au Concile de Junca, en 525. Puis, il fut chargé de porter à Boniface le décret de ce Concile, qu'il expliqua avec Restitut, son collègue de légation, au Concile de Carthage *. Cet Évêque est nommé dans la vie de saint Fulgence -, où il est dit que le bienheureux Évêque de Ruspe lui avait apparu pendant son sommeil et lui avait fait connaître son successeur pour l'élection duquel Pontien se rendait à Ruspe.
FELIX. On le trouve parmi les Pères du Concile de la Bj-zacène qui signèrent, en 641, la lettre adressée alors à l'empereur Constantin, fils d'Héraclius, contre les Monothé-
1 Hard. 2. 1085.
lites. Sa souscription est ainsi formulée* : Félix^par la grâce de Dieu, Èvêque de la sainte Église catholique de la cité de Thœnœ.