CLX. — VIT A
Que ce fût une ville ou une bourgade, on ne la trouve point dans les géographes ; mais son évêque, Victor de Vite, écrivain de mérite, jouit d'une grande célébrité. H a été reconnu, en effet, que c'est à tort et contre l'autorité
i Aug. serm. 2. in ps. 3G. n. 20.
2 Cog. 1. 143.
3 Ibid. 206.
des anciens manuscrits que plusieurs l'avaient nommé Évêque d'Utique, au lieu d'Évèque de Vite. La notice nous apprend que Vita était dans la province Bj^zacène, tandis que Utique est dans la Proconsulaire.
Les géographes ne nous font connaître en Byzacène que la ville d'Uzita, dont nous avons parlé, et d'Avidus qui est aussi comprise parmi les Évèchés que nous avons énumérés. Ils annoncent également le municipe de Zita entre Tacapas et Sabrata, au-delà de la Byzacène.
Il y avait aussi plusieurs Avitta, dont une se trouvait dans la Proconsulaire.
Le nom de Vita est-il altéré ? Il ne parait que deux fois dans les monuments ecclésiastiques, savoir, en tète de l'histoire de la persécution Vandale et dans la notice de 482. Vitensis peut fort bien être une mauvaise lecture de Vicensis. Or, le Viens Augusti de la Bj^zacène ne figure pas dans la notice de 482.
PAMPINIEN, autrement Papinien. Victor de Vite en fait mention dans son histoire qu'il écrivit en 487 ou 490, et il indique que Pampinien vivait près de soixante ans auparavant, au temps où Genséric sévissait contre les catholiques. Alors, dit-il ', on brûla tout le corps de Pampinien, le vénérable Évêque de notre cité, avec des lames de fer rougies au feu. Et il ajoute que l'évêque Mansuet d'Urusi fut aussi brûlé à la porte d'Urusi qu'on appelait la porte de Furni. Vita se trouvait-elle donc dans la région d'Urusi et de Furni, à la frontière de la Byzacène et de la Proconsulaire ?
A Henchir Béni Darradj, au-delà de Zaghouan, sur la route de Hammamet, et par conséquent aussi à la fron-
tière des deux provinces, un monument semble porter la mention de la civ(îtas) Vit a K Les martyrologes honorent la mémoire de Pampinien le quatre des calendes de décembre.
DIAD0CV8. Il est dit, par un interlocuteur, dans la préface de Thistoire de la persécution Vandale de Victor de Vite, que celui-ci fut élevé par un pontife digne de toute louange, par le bienheureux Diadocus. Cet Évèque aurait donc été prédécesseur de Thistorien.
VICTOR. Il figure le quarante-quatrième sur la liste des Évoques de la province Byzacène que le roi Hunéric exila, en 484, après la réunion de Garthage. Mais au nom de Victor on lit cette annotation : il ne se présenta pas, non occurrit. Elle semble indiquer qu'il avait pris le parti de fuir, quand se tint la réunion de 484. Il n'est pas du tout certain que ce Victor soit le primat de la Byzacène, mentionné dans la vie de saint Fulgence -. Dans les anciens manuscrits il est parfois appelé saint. Sa mémoire est aussi honorée dans les martyrologes le dix des calendes de septembre. Dans la belle histoire où il nous fait connaître tant d'excès de la fureur Vandale et tant d'actes glorieux de la part des catholiques, on voit briller d'une manière admirable sa religion et sa piété.
* Corpus suppl. 12435.
GXLl. — ZELLA.
Strabon place Zella et Achulla, villes libres, dans la Byzacène ', dans la région de Ruspina et deThapsus. Est-ce la! même que Zêta de Hirtius, que celui-ci place dans la même région -? Il y avait, en Numidie, une ville appelée Lainzella.
Nous avons parlé, à l'article de Thelepte^ d'un Concile tenu à Zella. Nous ferons remarquer ici que, à la Conférence de 411, il y avait un Donatien de Thelepte et un Donatien de Zella parmi lesÉvêques catholiques, et il s'y trouvait, d'autre part, un Natalicus de Zella et un Natalicus de Tela, parmi les évêques donatistes. D'après les manuscrits, le Concile dont nous venons de faire mention, fut présidé par Donatien de Thelepte, autrement de Tela ou de Zella .
Disons encore qu'il y a, au sud-ouest de Thugga Terebinthina, un groupe de ruines appelées Zellez.
DONATIEN deZella. On le trouve parmi les Évêques catholiques qui, en 411, se rendirent à la Conférence de Carthage. Après la lecture de sa souscription, il dit^ : J*ai pour adversaire Natalicus, lequel s'avança et répondit : Je le connais, A son appel parmi les Donatistes, Natalicus de Tzella ajouta^ : J'ai donné mandat et j'ai souscrit. Alors l'évêque catholique Maximin de Sufes fit une re-
2 Bell, afric. 28. 74. ^
3 Cog. 1. 135.
4 Ibid. 163.
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marque : C'est le diocèse de l'évêque Musonitcs ; ilya ses prêtres et un peuple plu^ nombretuv que celui-ci. Il semblerait donc qu'il y a ici quelque mystère, d'autant plus que Lamzella n'avait à cette époque qu'un évèque donatiste appelé aussi Donatien comme les Évèques catbo* liques de Zella et de Thelepte.
Quant à Musonius, nous savons qu'il était primat de la Byzacène en 39.7 et qu'en 359 assistait au Concile de Sardique un Évèque du même nom. Dans l'une et l'autre circonstance Musonius est dit Évèque de la Byzacène et le nom de son siège n'est pas indiqué.