‹ G�eographie de l'Afrique chr�etienneChapitre 39 sur 181 · XXX. — CAPSA · texte numérisé non relu

XXX. — CAPSA

D y avait, dans la Numidie, une localité nommée ad Capsum Juliani et, en Byzacène, une ville célèbre et antique, appelée Capsa. C'est cette dernière que saint Gyprien,

' Hard. 3. p. 740.

2 Cog. 1. 206.

dans sa lettre à Fortunat et à ses autres collègues ^ appelle la cité de Capsa. Elle appartenait alors à TAfrique propre, la Byzacène et la Tripolitaine n'étant pas encore constituées ni séparées de la Proconsulaire.

Dans la table de Peutinger, Capsa est appelée colonie et Ton peut croire que c'était une colonie de citoyens romains. D'après Salluste, Capsa fut prise par Marins '^ et Strabon rapporte ^ qu'elle fut détruite par César. Ptolémée la place dans la région du lac Triton ^. Salluste dit que les habitants de Capsa possédaient une source à l'intérieur de la ville et se servaient aussi de l'eau de pluie. Les eaux abondantes de la source constituent une rivière qui fertilise les jardins au sud de la ville, comme le dit expressément le géographe arabe cité par Bochart^. Mais, du reste, au nord de Capsa, la région est dépourvue d'eau, ce qui obligea Marins à faire porter de l'eau dans des outres par ses soldats.

Capsa fut illustrée par sept moines dont nous avons les actes, à la fin de l'histoire de Victor de Vite. Ils furent pris dans un monastère, près de Capsa, et conduits à Carthage, où ils achevèrent leur martyre sous le roi Hunéric, en 482. On les ensevelit dans la métropole même, près de la basilique de Célérine.

Capsa est située sur un plateau, circonscrit par l'oued Baïach, dont le lit est presque toujours à sec. L'oasis s'étend au sud-ouest ; elle est fertilisée par une double source qui jaillit, comme nous l'avons déjà (dit, dans l'in-

i Ep. 53.

« Jug. 91.

3 Lib. 17. p. 572.

4 Lib. 4. c. 3.

^ Geogr. chan. 1. 24.

térieur de la ville. Celle-ci occupe remplacement même de la cité antique dont elle a gardé le nom, Gafsa. Ses remparts existaient encore au onzième siècle, d'après El Bekri, et ils n'auraient été détruits que pendant les guerres africaines du moyen âge.

Léon TAfricain semble indiquer que Capsa gardait encore, au seizième siècle, une partie de son pavage antique. La ville actuelle est, du reste, entièrement bâtie avec des matériaux anciens. Les seuls monuments qui restent sont un arc ' de triomphe et les grandes piscines, appelées Thermil pour Thermis, dont les eaux ont une température de 32° centigrades.

Capsa, située au seuil du désert, est une des positions les plus importantes de l'Afrique .

Selon Salluste * et Orose ^, on attribuait sa fondation à Hercule le Lybien. Jugurtha en avait fait une de ses places d'armes ^. La description que Salluste ^ et Florus ^ donnent des environs de la ville est toujours vraie. Pline met Capsa parmi les villes qui ont tout un peuple autour d'elles ^. Municipe à l'époque d'Hadrien, qualifiée du titre de colonie par la table de Peutinger, elle reçut sous Justinien le nom de Justiniana. Un rescrit du même prince prouve qu'elle partagea avec Leptiminus le privilège d'être la résidence du commandant militaire de la Bj'zacène '.

Capsa fut prise et démantelée par El Mansour, en 583 de l'hégire, mais son antique citadelle a toujours été res-

^ Jug. 89.

2 Hist. 5. 15.

3 Strabon. 46. Orose ibid.

4 Jug. 90. 91.

< Hist. 5. 4. 30.

7 Cod. Just. 1. 27.8.

)ectée. La population de la ville conserva longtemps ses aœurs. Au dire d'Edrisi, on y parlait encore un dialecte atin au douzième siècle et la religion chrétienne par conléquent devait y subsister encore. La liste de Léon le Sage itteste qu'en 883 Gapsa avait un Évêque.

Le nom de Gapsa, reîp(ublica) Taca(j>itanorum et Oapjsensium^^ se lit sur un monument de Gapsa qui renonte'ali troisième siècle ^ Deux autres monuments de 'époque Justinienne attestent sa restauration à cette îpoque byzantine. Sur l'un d'eux, nous lisons - :

(deo juvante felicissimis) temporibus piissimo (rum domin) orum nostrorum Ju(s)ti(nia)ni (et Theodorse Augustorum 1 1 per gloriosum 5olomo)nem excellenti(ssimum) magistrum militu(m, ex consuls, bis p)re(fecto praetoriorum 1 1 AfricsB ac patrici)o mûri felicissi (me jus)tiaiane Capse C(ivitati8 a fundam) e (ntis restituti sunt.)

On a trouvé à Gapsa quelques vestiges de monuments chrétiens.

DONATVLVS. Il se rendit à Garthage, en 255, pour le troisième Goncile que saint Gyprien réunit au sujet du Baptême. Nous le voyons par les actes où Ton trouve son vote, qu'il donna le soixante-neuvième^. Il est certain que la lettre de saint Gyprien, qui traite de ceux qui succombent aux tourments ^ lui fut adressée. Donatulus, en effet, y est nommé, dès le début, avec plusieurs autres, et il y est fait mention de la ville de Gapsa.

FORTVNATIEN. Get Évêque assista, en 349, au Goncile de Carthage, convoqué par Gratus ^ Dans la préface des Actes

1 Corpus. 100.

3 Ibid. 101. cf. 102.

3 Hard. 1. 175.

* Ep. 53.

^ Hard. 1. p. 685.

de ce Concile, il est nommé le troisième, après Gratus et Félix de Baïana, d'où Ton peut conclure qu'il était alors le primat de sa province, à moins qu'il n'en fût un simple délégué.

QVINTA8E. Il signa, avec les autres Maximianistes, la lettre synodale de leur Concile de Cabarsussi, tenu, en 393, contre Primien'.

FORTVNAT, Cet Évèque se trouva, en 411, à la Conférence de Carthage, dans laquelle il est nommé, comme beaucoup d'autres Évèques du reste, Évêque du peuple de Caps a. Lorsqu'il eut répondu à l'appel de son nom, Celer, évêque du parti de Donat, dans la même ville, s'avança et dit : Je le connais ^. Ce dernier répondit plus tard à l'appel parmi les siens et il est dit Évêque de Capsa ^, tandis que plus haut il est appelé Évêque de la cité pour le parti de Donat,

VINDEMIAL. Il est nommé le soixantième dans la notice parmi les Évèques de la Byzacène qui, en 484, reçurent l'ordre du roi Hunéric de se rendre à Carthage, puis furent, avec tous les Évèques de TAfrique, condamnés à l'exil. Il est fait mention de ce même Évêque dans les Actes des sept martyrs de la ville de Capsa, à laquelle^ est-il dit, présidait Vindémial^ prêtre admirable et Pontife fidèle du Christ, Grégoire de Tours ^ et le martyrologe romain, au 2 mai, en font également mention. Vindémial

^ Aug. serm. 2. in ps. 36. n. 20.

2 Cogn. 1. 126.

3 Ibid. 206.

* Hist. Franc. 2. 3.

était honoré encore avec Eugène de Garthage et Longin de Pomaria, comme martyr également, le premier février selon le martyrologe d'Usuard. Nous croyons que la ville de Trévise possède ses reliques.

Capsa, qui avait encore un Évèque en 883, eut plus tard des Évèques simplement titulaires, dont nous connaissons les suivants :

Jean Szianiavosky, 12 avril 1717 ;

Jérôme Lucini, 21 mars 1725;

Casimir Reyno, 30 mars 1729 ;

Charles-François Bailly de Messein, septembre .1788 ;

Charles O'Donnel, janvier 1798 ;

Laurent-Marie Imbert, 26 avril 1836 ;

Simèon-François Berneux, 22 mars 1844 ;

Augustin Chaussie, 16 décembre 1880.

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