FL VALERI CONSTANTI ET C GALERI
VALERI MAXIMIANI NOBILISSIMORVM CAESS ET CONSVLVM
QVORVM VIRTVTE AC PROVIDEN
TIA OMNIA IN MELIVS REFORMANTVR PORTICVM
CVM ARCV SVO QVAE FORO AMBIENDO DEERAT
A SOLO COEPTAM lîT PERFECTAM I P AVR ARISTOBVLVS
VC PROCOS AFRICAE PER INSTANTIAM MACRINI SOS
SIANI CV LEG CVM EODEM DEDICAVIT CVRANTE
REMP CA lANO D D P P
Le proconsul Aristobule est encore mentionné ici avec son légat Macrin. Non seulement le Proconsul adminis-
^ Corpus. VIII. 24.
^ Ibid. 608.
trait ces régions, mais encore il commandait Tarmée, comme on le voit par un monument de Tacapas • :
IMP CAES Augus TI f AVGustus tri POT xvi
L As PRENas cos
PROCOS vii vir
EPVLONum viam
EX CAS tr. hiber
NIS TACapas muni
ENDAM curavit
LEG . III aug
Mais aussi, quand l'armée fut enlevée au Proconsul et confiée à un légat de l'Empereur, l'autorité de ce légat se fit sentir jusqu'aux extrémités méridionales de la Byzacène et de la Tripolitaine, jusqu'à Cidamus, Leptis Magna, Bondjem, etc. Une inscription de Bondjem mérite d'être rapportée ici- :
IMP . CAES . L . SEPTIMIO SEVERO
PIO PERT AVG TR P IX IMP xi COS II PP ET
IMP CAES . M AVREL ANTONINO
AVG TR P IIII ET SEPT getœ CAES AVG
Q ANICIO FAVSTO LEG AVGG COS leg iii aug
La Byzacène devint une province consulaire. L'histoire nous l'apprend et les monuments confirment l'histoire.
Un fragment d'inscription de Sufetula s'adresse, comme on le croit, à un personnage consulaire "' :
CONSVLARI PRov. Valeriœ Byzacenœ
» Corpus. 10018.
2 Ibid. 10992.
3 Ibid. 242.
D'après Rufus F'estus, la Byzacène venait au troisième rang parmi les provinces africaines et les documents ecclésiastiques sont d'accord avec lui. Or Festus dit que la Byzacène est une province consulaire. Cependant plusieurs inscriptions romaines, qne nous avons à citer à l'article d'Hadrumète et d'autres villes de la Byzacène, donnent à T. Q. Aradius Yalerius Proculus le titre de Prœses provinciœ Valerîœ Byzacenœ, vers l'an 320.
Quant au gouverneur de la Tripolitaine, son titre est gravé sur un monument de Leptis Magna en ces termes ' :
DIVINA STIRPE PRoGKNItO D . N . FORTISSIMO
PRINCIPÏ VAlEntINiANO VICtORI PIO FELICÏ A
C tRIUMFATORI SKMPER AVGVSTO FlaVIVS
BENEDICTVS VP PRAESES PROVINCIAe TRIPO
LITANAE NV miNI MAIESTATÏQVE EIVS
SEMPER DEVOTVS
Les domaines privés que les Empereurs possédaient dans les régions de Leptiminus et d'Oea étaient administrés par des Procurateurs Impériaux, ainsi qu'on le constate sur des monuments retrouvés à Theveste'-.
Après ce qui a été dit dans l'introduction générale, il est inutile de revenir sur la dénomination de Numidia Militana, autrement Limitanea, que la liste de Vérone semble donner à la province Tripolitaine.
En vérité, à la fin du troisième siècle, toute cette partie méridionale de l'Afrique était placée sous l'autorité du légat de Numidie, de la même manière que nous voyons aujourd'hui toute la partie méridionale de l'Algérie et de la Tunisie placée sous l'autorité militaire.
1 Corpus. 12. cf. 10489 et 10493.
'^ Ibid. 16542 et 16543.
Les choses changèrent peu de face au temps des Vandales. Victor de Vite nous apprend que Genséric garda pour lui une partie de la Numidie, la Byzacène, TAbaritaine et la Gétulie K Évidemment la Gétulie n'est autre chose que la Numidie méridionale, la région au-delà de TAurês, et il semble que TAbaritaine doit représenter la Tripolitaine.
Quand Justinien réorganisa les provinces, il fit administrer la Byzacène et la Tripolitaine par des Consulaires -.
Le nom grec de la Tripolitaine liii est venu de ses trois principales villes : Oea, Leptis Magna et Sabrata. La métropole Oea a perdu son nom pour prendre celui de la province.
D'autre part, les monuments historiques nous donnent pour la première province les noms de Byzacium^ Byzantium, Bizacina. La forme correcte fournie par les monuments épigraphiques est Byzacena.
Il résulte de tout ceci que, à Torigine, il n'y avait qu'une seule autorité pour toute la province d'Afrique dans laquelle étaient comprises la Byzacène et la Tripolitaine. Cette autorité était celle du Proconsul résidant à Garthage et administrant avec le secours de ses légats. En outre, l'autorité civile du Proconsul n'est pas séparée de l'autorité militaire. Mais bientôt, en Afrique, le pouvoir militaire fut enlevé au Proconsul pour être confié exclusivement à un légat de l'Empereur. Le légat administre, même au point de vue civil, tout un territoire qui encadre toute la province d'Afrique laissée au Proconsul
' Pers. Vaud. 1. 4.
2 Cod. 1. 27. 1. 10.
depuis les extrémités de la Numidie jusqu'aux confins de la Cyrénaïque.
Nous nous sommes occupés du Proconsul, du Légat de l'Empereur, des Consulaires, des Prsesides et Procurateurs, gouverneurs de provinces. Ces divers personnages représentent un régime antérieur à Dioclétien et postérieur à ce prince. Mais, sous Constantin, on voit apparaître un nouvel ordre de choses.
Au Proconsul qui relève directement de l'Empereur vient s'ajouter un Préfet du Prétoire dont l'autorité civile s'étend sur plusieurs diocèses. L'Afrique avait son Proconsul et elle formait un diocèse placé sous l'autorité d'un Préfet du Prétoire. Le diocèse d'Afrique est régi par un vicaire du Préfet du Prétoire et il comprend les diverses provinces que nous avons énumérées plus haut.
(( Quant au pouvoir militaire, dit M. Pallu de Lessert, il est confié à des magîstri militum, l'un commandant l'infanterie {magîster peditum), l'autre préposé à la cavalerie {magister equitum), qui sont représentés dans les provinces, suivant l'importance de celles-ci, tantôt par des comtes, tantôt par des ducs.
« En Afrique, nous relevons, dans la notice des Dignités de l'Empire, le comte d'Afrique et le comte de la Tingitane, ainsi que deux ducs : celui de la Maurétanie césarienne et celui de la Tripolitaine. »
Lactance nous apprend que ce fut Dioclétien qui institua les rationaleSy les magistri et les vicariî Prœfectorum ^ Et en eflfet, la liste de Vérone, qui peut remonter à l'an 292, nomme le diocèse d'Afrique avec les autres. Selon Aurelius Victor -, le tyran Alexandre était en Afrique
1 De mort. pers. 7.
vicaire du Préfet. Nous voyons le vicaire porter le titre de vicaire du ou des Préfets, vice-préfet, ou simplement vicaire, comte de premier ordre. Il fut d'abord vir perfectissimus, puis clarissimus et enfin spectabilis.
Le vicaire pouvait résider à Garthage, mais il ne devait pas empiéter sur le domaine du Proconsul.
La plupart des constitutions lui sont adressées à Garthage, d'autres à Thamugade, à Gonstantine, à Hadrumète, à Tacapas.
Le vicaire était nommé directement par TEmpereur et il ne relevait que du ou des Préfets. D'abord il eut en main les deux pouvoirs, civil et militaire.
Vers Tan 320, les comtes furent chargés des troupes. Le vicaire d'Afrique avait sous ses ordres les Gonsulaires de la Numidie et de la Byzacène et les Praesides de la Tripolitaine et des Maurétanies sitifienne et césarienne. Dans la Proconsulaire, il n'a à opérer que la perception de divers impôts et ce sont ses agents qui en ont la charge. Il peut siéger à Théveste, bien que, depuis les divisions opérées par Dioclétien, cette ville de la Proconsulaire soit avec celle-ci du ressort direct de l'Empereur dont le Proconsul relève immédiatement. Il semble, d'autre part, qu'on pouvait du diocèse et du vicaire en appeler au Proconsul qui tenait alors la place de l'Empereur. C'est le Proconsul encore qui transmettait les ordres aux gouverneurs des provinces. Mais aussi ces derniers sont dépendants du vicaire qui doit protéger ceux qui sont opprimés par les gouverneurs, retenir les déserteurs après leur arrestation, tenir en bon état les palais impériaux, veiller à l'entretien des voies publiques.
Certains cas de justice dépendaient directement et en première instance du vicaire. Il peut, en appel, connaître
de toutes les décisions des gouverneurs. Son pouvoir, il le tient, non du Préfet du Prétoire, mais du Prince luimême. On peut, il est vrai, en appeler au Préfet de la décision des gouverneurs, mais, après la décision du Vicaire, l'affaire va directement à l'Empereur, sans passer devant le Préfet.
Le Préfet de Tannone d'Afrique et le Préfet des biens patrimoniaux dépendaient non du vicaire mais du Préfet du Prétoire. Néanmoins le vicaire était le collecteur supérieur de l'impôt africain et le dépositaire vis-à-vis l'administration de l'annone, et c'était lui qui délivrait au comte d'Afrique l'annone militaire.
Le vicaire jouissait aussi de quelques attributions et privilèges relativement aux postes impériales. Sur ce point, nous ne connaissons qu'imparfaitement les droits de ce personnage, ceux du Proconsul, du Préfet du Prétoire et autres fonctionnaires, et les réserves que faisaient les Empereurs. En 314, c'est une autorisation impériale qui est accordée aux Évèques d'Afrique se rendant par Tanger et l'Espagne au Concile d'Arles.
Après la conquête Vandale, il n'est plus question du vicaire d'Afrique. C'est le Préfet du Prétoire qui a l'administration du pays au temps de Justinien et de ses successeurs.
De même que l'institution d'un légat impérial pour commander les troupes d'Afrique est postérieure à celle du Proconsul, de même la création des comtes d'Afrique et autres chefs militaires est postérieure à celle des vicaires. La date de cette institution doit être placée entre 315 et 320. C'est alors que nous voyons le gouverneur civil de la Numidie prendre le titre de Consulaire et s'éloigner de Lambaese pour s'installer à Gonstantine.
D'abord le comte d'Afrique ne fut qu'un duc comme les autres chefs militaires et il n'avait que le titre de vir perfectissimus. Le terme comte était purement honorifique. Mais bientôt il se distingua par ce titre des ducs de la Tripolitaine et de la Maurétanie. Ceux-ci, du reste, sont aussi appelés comtes lorsqu'il s'agit de règlements adressés en général aux grands chefs militaires. Il fut appelé clarissime et comte de premier ordre et plus tard il eut le titre de vir spectabilis qui le plaça parmi les personnages illustres. Nous voyons Gildon prendre le titre de comte et de maître des deux milices africaines.
Dans les choses civiles, le vicaire avait le pas sur le comte d'Afrique et de même dans les affaires mixtes, mais dans les choses militaires le comte passait avant le vicaire d'Afrique.
Le comte d'Afrique avait sans doute sa résidence à Carthage ; il relevait du maître de l'infanterie. On peut dire qu'il y avait pour le vicaire un diocèse civil, comprenant la Proconsulaire, les deux Numidies et la Byzacène, et un diocèse militaire pour le comte, lequel comprenait la Tripolitaine et les Maurétanies. Au reste, les discordances qu'on a remarquées dans les ressorts de l'un et de l'autre peuvent servir à expliquer diverses particularités qui sont signalées entre les provinces ecclésiastiques.
En réalité, le comte d'Afrique est placé au centre dû diocèse militaire ; il commande directement les troupes placées dans la Proconsulaire, la Byzacène et la Numidie. Son autorité s'étend jusque sur les troupes cantonnées en Tripolitaine et en Maurétanie, lesquelles pourtant ont un officier supérieur à leur tête, un duc, souvent lui-même appelé comte militaire.
Plusieurs fois nous avons eu à parler des villes fron-
tières placées soas le commandement do comte et des deux ducs et qui étaient en même temps des villes épiscopales.
Le comte d'Afrique et tous les commandants militaires exerçaient dans leur ressort respectif une certaine juridiction, assez semblable k celle que nos officiers exercent aujourd'hui dans les territoires de leur commandement.
On n'aura pas de peine à le comprendre, les comtes d'Afrique ont eu une existence plus prolongée que les vicaires. Les attaques continuelles des tribus restées barbares rendaient leur rôle absolument indispensable. C'est un comte, Boniface, qui appela les Vandales en Afrique.
Ce sont les documents ecclésiastiques qui nous font connaître souvent les vicaires et comtes d'Afrique. Les actes de saint Mammaire de l'an 304, en Mabillon ; les lettres de Constantin à Cécilien de Carthage, à la fin des œuvres de saint Optât ; les actes justificatifs de Félix d'Abthugni; les actes relatifs au Concile d'Arles de l'an 314, à celui de Rome de Tan 315 ; les actes de Milan relatifs aux Donatistes, comme on peut le voir à la suite des œuvres de saint Optât et en saint Augustin, mettent en scène plusieurs vicaires d'Afrique. Les luttes entre Donatistes et catholiques nous font également connaître les vicaires, les comtes et les ducs qui ont charge, à titres divers, de maintenir la paix et la concorde parmi les populations africaines.
Quant aux ducs, nous savons, par Jean Malala, que, sous Dioclétien, c'était un personnage qui commandait les troupes et les garnisons de frontières dans chaque gouvernement.
Tant en Maurétanie qu'en Tripolitaine, les ducs mili-
taires ont été plus d'une fois en même temps les Praesides civils de leurs provinces.
Tous ces détails étaient à donner, d'une manière générale, dans cette introduction. Mais les données plus précises concernant chacun des vicaires et des comtes appartiennent à la partie historique de l'Église africaine.
Nous allons offrir le tableau général des Églises de la Byzacène et de la Tripolitaine.