COMMERCE, CHEMINS DE FER, ROUTES
c*est la marine française qui occupe, et de beaucoup, le premier rang. Les transports sont faits par navires à voiles et par bateaux à vapeur; ces derniers sont répartis entre les compagnies suivantes : la C" Transatlantique ; — la O* de Navigation mixte ; — la C* générale des Transports maritimes; — la €*• Péninsulaire Algérienne ; — la (?• Havraise ; — la C* des Bateaux à vapeur du Nord ; — hQ'E. Caillot et SaintrPierre ; toutes ces compagnies ont une agence principale ^ Alger. On compte dans cette seule ville 30 transitaires, 120 l'eprésentants de commerce et 25 expéditeurs de primeurs.
Parmi les principales marchandises importées, nous citerons les suivantes : farines de toute sorte; sucre raffiné ; café ; huiles de graines grasses; matériaux de toute sorte; fonte, fer et acier; savon ordinaire ; acide stéarique ouvré ; vins de toute sorte ; eau-de-vie et esprit ; verres et cristaux ; tissus de coton ; tissus de laine ; papiers et cartons; peaux préparées et ouvrées; ouvrages en métaux; tabac en feuilles ; houille ; huiles minérales.
Les articles à^exportation les plus importants sont : les bctes à laine ; les peaux brutes de toute sorte ; les laines en masse ; les poissons de mer salés ; le froment ; Forge ; les tabacs en feuilles ; les tabacs fabriqués ; le lin en graines ; le crin végétal ; les joncs, roseaux et alfa ; les fruits frais, oranges, citrons, etc. ; les fruits secs ; Thuile d'olive ; les légumes verts et primeurs ; les écorces à lan ; les fourrages ; les vins de toute sorte.
En 1896, il est entré dans les ports du département, sans compter les caboteurs, 477 navires (à vapeur et à voiles) , jaugeant 405,068 tonneaux.
Il est sorti 457 navires (à vapeur et à voiles) , jaugeant ensemble 555,676 tonneaux.
Indépendamment du commerce de navigation, il se fait dans tout le département un commerce considérable dont l'importance ressort du mouvement général d'affaires qui ont lieu sur les marchés intérieurs. Parmi les marchés les plus fréquentés, nous citerons ceux de : Ii*Arba des Djendel* dans Farrondissement de Miliana (marché du mercredi) : bétail, tapis, burnous et haïcks, nattes, poteries et autres objets à Tubage de la tente ; — Attmale (marché du dimanche) : commerce de bétail; on y échange les produits du llodna, sparteries, cuirs, laines, etc., contre ceux de la Kabylie, les céréales et autres denrées du pays; — Boufarik (marché du lundi), où se réunissent chaque semaine 5 à 4000 indigènes : denrées de toute sorte, chevaux de selle ou de trait; nombreux bétail; très fréquenté par les touristes ; — Boghari (marché du lundi) : les princi-
2)aux objets de transaction sont des laines et des bestiaux; Boghari est le centre des affaires qui se traitent dans toute la partie du territoire entre les gens du Tell et ceux du Sahara ; — Djernaâ-Saharidj, en Kabylie (marché du yendredi) : très fréquenté par les tribus de Fort-National et de Bougie ; — Laghouat, une des stations où s'arrêtent les caravanes : commerce considérable d'échanges entre les produits du nord et ceux du sud; — Orléansville (marché du dimanche) ; il se tient sous les murs de la ville et réunit de 5 à G^OOO indigènes : chevaux et bétail, denrées de TOuarsenis ; sel provenant du sud ; — Teniet-el-Haâd (marché du dimanche) : bestiaux et céréales ; étoffes de laine, bois de charrue, instruments aratoires, huiles d*olive et de goudron.
Quatre chemins de fer sont exploités dans le département :
l"* La ligne d'Alger à Oran : son point de départ est Alger même; elle dessert TAgba, Hussein-Dey, Maison-Carrée, Gué-de-Gonstantine, Baba-Ali, Birtouta, Boufarik, Beni-Mered, Blida, La Cbiffa, Mouzaïaville, El-Affroun, Oued-Djer, Bou-Medfa, Yesoul-Benian, Adélia, Affreville, Lavarande, Les Àribs, Duperré, Oued-Bouïoa, Saint-Cyprien, Les Attafs, Témoulga, Oued-Fodda, Le Barrage, Ponteba, Orléansville, Malakoff, Charon, et passe dans le département d'Oran un peu avant le 258" kilomètre.
2"* La ligne d'Alger à Constantine^ qui dessert Oued Smar, Maison- Blanche, Bouiba, Reghaïa, Âlma, Corso, Belle-Fontaine, Ménerville, Souk-el-Had, Béni Amran, Palestre, Thiers, Aomar-DraEl-Mizan, Bordj Bouira, Aïn-El-Ësnam, El Adjiba, Maillot, les Beni-Mansour, et passe dans le département de Constantine sur le viaduc du Mahrir, qui est à 175 kilomètres du point de départ.
5"* La ligne de Ménerville à Tizi-OuzoUy qui dessert Blad-Guitoun, Les Issers, Bordj-Menatil, Haussonvillers (qui dessert Dellys elTigzirt), Camp-du-Maréchal, Mirabeau (Dra-Ben-Khedda), Boukhalfa et Tizi- Ouzou. Parcours, 55 kilomètres.
4"* La ligne de Blida à Berrouaghia^ qui sera prolongée plus tard vers Laghouat, traverse les gorges de la Cliiffa et dessert Sidi-Madani, Camp-des-Chênes, Mouzaïa-les-Mines, Lodi, Médéa, Damiette, Hassenben-Ali, Ben-Chicao et Berrouaghia. Parcours, 84 kilomètres.
Sont classées dans le réseau d'intérêt général pour être construites les lignes ci-après : !• </e Bordj-Bouira àBerrotuighia; 2" de Berrouaghia à Affreville ; Z'' de Berrouaghia à Laghouat 'fÂ^'d' Orléanstille à Ténès. En outre, des tramways départementaux desservent les parcours suivants : !• Je Saint-Eugène à Rovigo; 2* ligne d' El-Affroun à Marengo; 5° de Dellyi à Camp-du-Maréchal ; 4** d'Alger à Guyoiville,
DICTIONNAIRE DES COMMUNES
Les communications entre Alger et la France et entre Alger et les ports du département sont assurées par des services réguliers de bateaux à vapeur ; la Compagnie générale transatlantique a 4 départs par semaine entre Alger et Marseille et 1 entre Alger, Port-Vendres et Cette. Alger est également rattachée aux poris de TOcéan par d'autres compagnies maritimes. Enfin, une compagnie côtière dessert les ports de Cherchell, Ténès, Dellys, Tigzirt et Port-Gueydon. On compte: d'Alger à Marseille, 763 kil. ; — d'Alger à Port-Vendres, 659 kil. ;
— d'Alger a Cherchell, 94 kil.; — de Cherchell à Ténès, 85 kil.;
— d'Alger à Delljs, 78 kil. ; — d'Alger h Tigzirt, 95 kU.
En 1896, les voies de communication par terre compfaient 5,510 kil., savoir :
Chemins de fer 550 kil.
Chemins de fer sur routes de terro, Iramwavs on
exploitation . ... 106
Routes nationales 1,076
Route départementale 167
Cliemins de grande communication 2,244
Chemins d'intérêt commun 994
Chemins non classés 175
XllI* — DieClomialre des eommunes*
Le recensement de la population a été fait en 1896. Nous donnons pour chaque commune le chiffre de la population totale et le nombre des Français, ainsi que celui des habitants agglomérés au chef-lieu. Nous mentionnons également tous les villages, hameaux, sections, fermes assez importants, avec leur population.
Abréviations : agglom. signifie population agglomérée; arr., arrondissement; c, commune de plein exercice; c. i., commune indigène; c. m., commune mixte; cdJki.y canton; ch.-l. de c, chef-lieu de canton; E., est; ff., fermes; Franc, Français; h., habitants; ham., hameau; k., kilomètres; N., nord; 0., ouest; S., sud; sect., section; v., village; K., voir.
La date de la création des communes est indiquée entre crochets [ ].
AbbovUle, Y, Boi»-Sacré.
Abontville (Aïii-«l-Ba4Jar),ham., c. m. d'Aïn-Bessera, 116 h. (67 Franc.).
Adalla, if. dépendant de Changarnier.
AdlfilMi, V., c. de Beni-Mansour.
Affraville, c. [1870], 4,166 h. (1,111 Franc.), 1,660 agglom., Zuccabar romaine, cant. de Miliana.
A^ha, faubourg aux portes d'Alger, c. de Mustapha.
A]tii-A<ya<ya, oasis, près de Ouargla, c. i. de Ghardaîa.
AXn-Amar ou CShott, oasis (1,151 h.
avec Ain-Adjadja), près de Ouargla, c.
i. de Ghardaïa.
AXn-Beida, V. Matifou.
ALGEK.
de
AXn-Besseni, c. m. [1879], 26,^75 h., (810 Franc.), ch.-l. de c, arr. d'Alger.
m > Ruines d'un fort romain (Castellum Auxiense).
Aln-boa-Dib, V. Bertville.
Aln-el-Esnam, c. de Boulra.
Ruines d'un barrage romain.
Ata-«l-H«4Jar, V. AboutTille.
Aln-el-Bammam, V. Michelet.
ADo-el-Ibal, v. arabe, c. m.
Pjelfa.
Alta-L«flratha, iï. dépendant d'Isscrbourg.
AXn-Maabed, v. arabe, c. m. de Djelfa.
AItt-Bbidhi, 810 h., section delà c. i.
de Laghouat; ksar et oasis, à 48 kil. 0.
de Laghouat.
Aln-Hérane, V. Rabelais.
Ato-N'sara, fT. dépendant de Béni- Amram.
Aln-Onarron, v. indig., c. m. de Djeifa. m > Nombreux monuments mégalithiques.
Aln-RefaXa, ff. dépendant d'IsserbouTg.
Aloun-Sebaa, ham. i., c. d'Aumale.
Aln-Selirob, v., c. de Rouïba.
Aln-Saltan, c. [1870], 3,657 h. (251 Franc.), 189 agglom., cant. de Miliana.
Aïn-Tasta, ham. i. dépondant d'Aumale.
AXn-Taya, c. [1870], 1,985 h. (568 Franc.), cant. de Maison-Carrée, m > Beaux boulevards plantés de platanes.
— Bains de mer.
Aln-Zaonia, V. Pirette.
Al|^r {Icosium à l'époque romaine), c. [1848], 96,784 h. (42,004 Franc.), port de mer sur la Méditerranée, en amphithéâtre sur le versant d'un contrefort du Sahel (mont Bouzaréa) et sur la côte 0. d'une magnifique baie eu demi-cercle comprise entre la pointe Pescade à l'O.
et le cap Matifou à l'E. ; à 763 kil. de Marseille, 659 de Port-Yendres, et à 1,026 kil. de Paris, par 36«47'20' de latit. N. et (yW de longit. 0. Siège du gouverneur général de l'Algérie. Place forte de 1'* classe, quartier général du 19* corps d'armée; amirauté; préfecture ; archevêché ; cour d'appel ; arsenal et chantiers de construction et de répa-
ration, parc de construction des équipages militaires; académie universitaire, école de droit musulman, lycée ; écoles supérieures de droit, des lettres et des sciences, préparatoire de médecine et de pharmacie ; école nationale des Beaux-Arts; école municipale de sourds-muets, chambre de commerce, banque de l'Algérie, Société d'agriculture, etc. — Alger tire son nom des îles (en arabe El-Djezaïr) qui portent aujourd'hui l'Amirauté; Kbeir-ed-Din Barberousse les réunit à la terre ferme par une jetée et créa ainsi un port sûr qui est la dai'se actuelle. Deux longues jetées construites par les Français et terminées par des musoirs l'ont agrandi : sa surface est maintenant de 90 hect.
Au-dessus des quais, le boulevard de la République^ porté sur une double rangée de hautes arcades et bordé de belles maisons semblables ù celles de la rue de Rivoli, forme une admirable esplanade, dominant le port, la haute mer et d'où la vue s'étend sur une partie de la plaine de la Mitidja frangée à l'horizon par les hauts sommets de la chaîne lumineuse du Djurjura.
Les quartiers européens occupent la partie basse de la ville, qui se reconstruit et s'agrandit chaque jour. La place du Gouvernement, où s'élève la statue équestre du duc d'Orléans par Marochetti, en est le cœur; c'est le centre de la vie et du mouvement; de là partent deux grandes rues bordées d'arcades, la ru^ Bab-el-Oued, vers le N.-C, eilarue Bab-Azoun, vers le S. -E,
Citons encore : la place Malakoff, où se trouvent la cathédrale, le palais d'hiver du gouverneur et l'archevêché ; — la place de Chartres, marché principal de la ville ; — la place Bresson, bordée d'un côté par le théâtre, de l'autre par un square planté d'arbres exotiques;
— la place d'Isly, avec la statue du maréchal Bugeaud, par Dumont; — la place de la Lyre, avec marché couvert ; — la place Randon, sur l'un des côtés de laquelle ^'élève la synagogue ;
— la place Bab-el-Oued, donnant sur la mer, en face du. jardin Marengo, promenade très pittoresque ; — la cathédrale, bâtie sur l'emplacement d'une
ancienne mosquée ; — la synagogue, de style mauresque ; — la mosqttée I>jama- KeMr, affectée au rite Maléki ; — la mosquée Djedid, affectée au rite Hanéli, professé par les Turcs; — le grand séminaire (à Kouba) et le petit séminaire (à N.-D. d'Afrique) ; — le palais du gouverneur, maison mauresque transformée en habitation princière, vis-à-vis de Varchevéché ; — Vhôtel du secrétaire général du gouvernement ; — la préfecture ; — Vhôtel de ville ; — le palais de justice ; — \ amirauté et lepegnon ; — le palais consulaire; — Vhôtel des postes et télégraphes ; — la trésorerie ; — Vhôtel du Crédit foncier et agricole de l'Algérie; — la banque de V Algérie; — le lycée; — la bibliothèque (rue de l'État-Major) : la bibliothèque possède 26,000 volumes et 1,800 manuscrits arabes; — le théâtre; — l'Académie militaire, installée dans les deux anciennes casernes des janissaires de la rue Médée.
Au-dessus de la ville européenne, la ville arabe, dédale inextricable de ruelles étroites, succession d'escaliers, de voûtes, d'impasses mystérieuses, étage ses maisons cubiques, couvertes en terrasses étincelantes de blancheur sur les pentes rapides de la montagne.
La Casba, résidence des derniers deys, la couronne et domine toule la ville.
Le boulevard du Centaure el le boulevard Vallée ont emporté une partie des anciens remparts qui l'entouraient et lui ont ôté une partie de son originalité. — Les écoles d'enseignement supérieur occupent ensemble, à Mustapha, le palais des Factdtés.
La population, si diverse d'origine, de mœurs et de costumes, se décompose en : Français, 42,004; Israélites, 9,983; Arabes, Turcs, Kabyles, Mzabites, tous musulmans, 23,54S ; Tunisiens ou Marocains, 960; étrangers de race européenne en y comprenant les Mahonnais et les Maltais, 15,827, sans compter les riches étrangers, hôtes passagers de la ville qui viennent y passer l'hiver, attirés par son doux climat. — Alger est entouré d'une enceinte continue de remparts doublés d'un fossé. Sa superficie est de 481 hect.
i,c. [1861], 3,988 h. (550Franç.), 698 aggiom., cant. de Ménerville.
Amara, v. arabe, c. m. de Djelfa.
Ameor-el-Aïn, c. [1870], 1,959 h.
(419 Franc.), cant de Marengo.
Amours,
Amours,