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X. — Agriculture, Productions

D'après les rôles des impôts achour et hockor, la superficie ensemencée en céréales est de 113,043 charrues, soit environ 1,700,000 hectares (F. Introduction, chap. ii).

Les céréales constituent, avec le bétail, les bases essentielles de l'agriculture, dans les plaines de Bône, Guelma, Sélif et Bou-4rréridj ; les blés de Nechmeya, Barrai, Randon (arrondissement* de Bône) sont de qualité supérieure

AGRICULTUnE, PRODUCTIONS. 153

Les légumes de loute sorte, pommes de terre, haricots» pois verts, artichauts, etc., etc., sont cultivés avec soin dans la zone du littoral, le plus particulièrement dans les arrondissements de Philippevilie et de Bône, et cette culture donne lieu à un commerce d'autant plus lucratif que les produits récoltés on dccembi'e alimentent, comme ceux qu'on expédie d'Alger, les marchés de Marseille, de Lyon et de Paris. Dans l'intérieur, les colons et les indigènes se livrent aussi aux cultures maraîchères ; mais le froid et les gelées du printemps ne leur permettent qu'exceptionnellement de récolter des (( primeurs )).

Les cultures industrielles ne comprennent guère que celles de la vigne, du tabac, du lin et du chanvre : encore faut-il ajouter que ces deux dernières sont très restreintes.

En 1887, le nombre d'hect. plantés en vi<rnes était de 2,899; en 1896, il s'élevait à 23,160 produisant 754,150 hectol. de vin, et il augmente d'année en année, (( parce que la vigne est à tous égards une plante algérienne )). Les principaux vignobles sont situés dans l'arr, de Philippevilie, qui compte 7,129 hect., et Haus celui de Bône (6,118 hect.). Viennent ensuite par ordre d'importance les arr. de Constantine (2,527 hect.). Bougie (2,360 hect.) et Guelma (2,070). Les vins les plus renommés sont ceux de Bône et de Philippevilie.

Le iahac est, dans beaucoup de localités, l'objet d'une culture très étendue : en 1896, le nombre des planteurs était de 3,673; les superficies plantées couvraient 2,348 hectares, et la récolte a donné 581,136 kilogrammes de tabacs en feuilles. Les arrondissements do Bône, de Philippevilie, de Guelma et de Bougie sont les centres principaux de production. Le tabac des Zouagha (cercle de Bougie) est le plus recherché.

Tous les points du territoire dont l'altitude ne dépasse pas 600 mètres et qui sont abrités et irrigués se prêtent à la culture des arbres finiitiers de l'Europe méridionale : orangers, mandariniers, citronniers, cédratiers, amandiers, poiriers, cerisiers, etc. L'olivier abonde dans les arrondissements de Bône et de Guelma et dans celui de Bougie, où il se mêle au figuier, au chêne à glands doux et au caroubier.

Le Sahara fournit les dattes, et le nombre des palmiers-dattiers y augmente beaucoup depuis que les Français y creusent de profonds et d'abondants puits artésiens. D'après les rôles de l'impôt lezma do l'année 1896, le nombre des palmiers était de 1,559,179.

Valfa couvre, par groupes séparés, 300,000 hectares environ, mais il n'est pas partout de même qualité. On le classe, suivant la

provenance, en alfa fin du Tell et dcê Aurès, alfa moyen des HautS'Plaleaux et alfa des tcnes très sablonneuses. Son exploitation sur une superficie totale de 190,000 hect. produit annuellement 140,000 quint.

Le nombre des apiculteurs était, en 189C, de 16,208. Sur leurs 87,470 ruches, 3,224 seulement appartenaient aux Européens,

L'éleva*;e et rengraissement du bétail sont presque complètement abandonnés aux indigènes : on les pratique dans toutes les parties du territoire où les pâturages sont abondants. L'espèce bovine est beaucoup plus belle dans l'arrondissement de Guelma que partout ailleurs en Algérie. Les bœufs de Guelma, de Souk-Âhras, de Tebessa et d'Aïn-Beïda font prime sur les marchés. Le plus grand nombre est expédié en France. — Les chevaux du llodna et des Ouled-Ahdel-Nour (arrondissement de Sélif) sont renommés.

Au 51 décembre 1896, la situation numérique des bestiaux possédés par les indigènes et soumis à l'impôt zekkat était la suivante : chameaux, 58,885; hœufs, 474,015; moutons, 2,890,895; chèvres, 1,565,050; soit, au total, 4,988,821 têtes, sans compter les bêtes de somme, chevaux, mulets et ânes.

£1. — Industrie; mines; eaajK minérales.

Les principales industries exercées par les Européens comprennent actuellement : 1,020 minoteries; 746 moulins à huile; 18 fabriques de pâles alimentaires; 12 brasseries; 14 distilleries; 1 fabrique d'essence de géranium (Bône) ; 92 ateliers de salaisons de poissons et de sardineries; 114 savonneries (Bône,Pliilippeville, Biskra); 62 tanneries (Bône, Constantine, Biskra) ; 55 ateliers ))our la pi*éparation du liège; 51 fabriques de bouchons; 52 tuileries; 85 briqueteries et poteries; 65 ateliers de charronnage; 14 fabriques de plâtre, 15 fabriques de chaux, 12 scieries.

Fendant l'année 1896, 50 bateaux se sont livrés à la pèche du corail, et en ont récolté une quantité de 2,448 kilog. La pcche côtière s'est pratiquée, pendant la même période, par 490 bateaux. Son produit s'élève par an à 5,400,000 kilog. de sardines, d'allaches et d'anchois, et 1,500,000 kilog. d'autres poissons, soit une valeur totale de plus de 1,500,000 fr. La pêche de la langouste qui produit, dans le seul quartier de Philippeville (partie 0. de la côte), 8,500 langoustes, n'est pas comprise dans les chiffres ci-dessus.

Les industries indigènes les plus importantes sont : les fabriques de bijoux (Uône, Constantine) ; les selleries de luxe {Constantine et

iTsila) ; les tapisseries (Constantinef Bishray Aîn-Belda^ Tehessa),

Presque tous les métaux intéressants au point de vue industriel sont représentés dans les gîtes du déparlement : fer, cuivre, plomb, antimoine, zinc, mercure et autres. Les mines concédées sont : les mines à*oxyde de fer magnétique de Bou-Hamma, Karezas, d'El- Mkiinen et Meboudja (c. de Bône) ,* les mines de plomb, argent et cuivre de Kef-Oum-Theboul (c. de la Calte) et de Gavallo (c. m. de Tababor) ; à^antimoinCf d'El-Hamimate et de Sanza (c. m. d'Oumel-Bouaghi) ; les mines de fer de Filfila, de Fendeck et d'Aïn-ben- Merouan (c. de Philippeville), d'Aïn-Sedma et d'Euch-el-Bez (c. m. d'Attia), de Djebel-Anini (c. m. d'Aïn-Abessa) ; les mines de mercure de Raî«-el-Ma (c. de Jemmapes) ; celles de cuivre d'Aïn-Barbar (c. m. d'Aïn-Mokra), de Tadergount (c. m. de Takitount) et de Djebel- Teliouine (c. m. d'Oued-Marsa) ; le lignite de Smcndou; le zinc de ^ammam-N'baïls (c. m. de Séfia), d^Aïn-Arko (c. m. d*Oum-cl-Bouaghi) et de Djendeli (c. m. d*Aïn-el-Ksar) ; le plomb et mercure de Birbeni-Salah (c. m. de Gollo et d'Attia); le plomb de Sidi-Kamber (c. m. de Collo). Parmi les mines qui sont actuellement exploitées, nous citerons les mines de fer magnétique d'Aln-Mokhra^ à 29kil. 0. de Bône, et d'El-Mekimen, exploitées par la Compagnie de Mokta- El-Hadid, et reliées à Bône par un chemin de fer. Le minerai, qui est très riche, s'exporte dans le monde entier : il s*en extrait 150.000 tonnes. Les mines de Kef-Oum-Theboul (cuivre et plomb) donnent 11,000 tonnes.

Les seules carrières de marbre qui présentent quelque intérêt sont au nombre de quatre. Ou les désigne ^oiis les noms de : carrière du cap de Garde (à 8 kilomètres nord de lîône) ; carrière de Bône (à 4 kilomètres sud de Bône); carrière du Filfila (à 16 kilomètres est de Philippeville) ; carrière de Bougie, Mais il en existe aussi à Guelma, Yalée et Oued-Athiménia.

On y trouve des carrières de pierres de taille aux environs de Bône, Oued-Athménia, El-Kantara, Duzerville, Penthièvre, de Philippeville, de Constantine, de Djidjelli et de Bougie ; de granit à Uerbillon ; des pierres à chaux hydraulique au col de Sfa, à 8 kilomètres nord-ouest de Biskra, et à Roum-el-Souk (c. de la Galle) ; des pierres à plâtre aux environs de Millésime, à 6 kilomètres nord-est de Guelma, au Djebel-Ghettaba, au sud-ouest de Constantine; Aïn- Smara (c. de Belfort), Sidi-Aïch (c. de Soummam), Guelma; des ten'es salpêtrées aux environs de Biskra. Valbûlre se rencontre à El-Kantara.

Les salines naturelles sont les lacs et chotts. ( V. ch ip. m.) — Il existe dans le département : 15 lacs salés, exploités par des adju-

INDUSTP.IE, MINES, SOUUCES BIINÉRALES. 157

dicataires; une source salée, située :i Seragnaf près de Rlila, est exploitée dans les mêmes conditions. Salines à Aïn-Rouab, Guergour, Sidi-Aïch (c. de Soummam et Rirha).

La production annuelle du sel est de 11,000 hectol. Dans ce chiffre ne figure pas le sel récolté par les indigènes, à la disposition desquels ont été laissés 12 sources salées, le lac salé d*Aïn41'lila et 5 gîtes de sel gemme (ceux de Metlili), à 46 kil. N.-O. de Biskra; d'El-Outaïa, h 25 kil. N.-O. de Bi^kra, et des OuUd-Kebhed^ au S.-O. de Mila; 27 sources thermo-minérales simples; 38 sources d'crttu; minérales sulfureuses et 24 sources d'eaux ferrugineuses et gazeuses.

Les sources les plus renommées sont relies de : Aïn-ouled-Zeïd (49 degrés), à 10 kil. N.-Ë. de Souk-Ahras : eau très sulfureuse et très saline; petit établissement où les Européens et les indigènes sont admis; Hammam-Meskoutine [90^), à 14 kil. 0. de Guelma. Eau sulfureuse arsenicale, sodique, magnésienne et calcaire, très chargée d'acide carbonique; établissement militaire et établissement civil; Hammam de VOued-Hamimim (de 35 à 45 degrés), à 7 kil. E. de Jemmapes; établissement civil; Aïn-sidi-ÈTcid (de 34 à 40^), à 2 kil. 0. de Gonstantine ; ces eaux se rapprochent par leur composition de celles d*Hammam-Meskoutine et conviennent au traitement des mêmes maladies; établissement civil; Hammam-Salahhin (46<'), à 8 kil. N.-O. de Biskra. Élablissement construit par le génie militaire pour les Européens et les indigènes. — Tous ce<« établissements sont très fréquentés. — Citons aussi les sources d'Aîn-Tin (lliormales), c. de Belfort, d*Aïn-Touta (sulfatées), de Biskra (sulfureuses thermales), des Eulmas, thermales (c. de de Sokhara), de Guergour, d'Hammam-Beîda (Heliopolis), de Khenchela, ferrugineuses; de Mila, sulfureuses thermales ; de la Réunion et de Sidi-Aîch, c. de Soummam; de Ribas, de Takitount et de Youks-les-Bains (thermales, 35^), c. de Morsott.

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