I. Hisloria Francorum, I. IV, c. xxii
i20 . LA GAULE AU SLVIÈME SIÈCLE.
royaume de Bourgogne avec Frédegaire*, s'étendait, de 584 à 587, sur les deux tiers environ de la Gaule. 11 sera relativement facile de dresser la carte de cet Etat, car nous avons ici pour guides XHistoria Fraficorum, où Ton trouve le récit de la plupart des événements qui, pendant trente-deux ans (561-593), purent modifier d'une façon quelconque les limites du royaume d'Orléans, et les souscriptions de six des conciles réunis par Contran.
On peut distinguer trois périodes principales dans le règne de Contran. Pendant la première (561-567), son royaume resta telquèTavait fait le partage de 561. La seconde (567-584) vit la puissance de ce prince accrue du tiers qui lui échut dans la succession de Charibert. Enfin, la troisième (584-593) marque l'apogée de la puissance du roi de Bourgogne, lequel domina un moment sur presque tout l'ancien royaume de Paris et céda par le traité d'Andelot (587) quelques fractions de ses vastes possessions à son neveu Childebert, assurant ainsi ses conquêtes par une paix d'autant plus durable, que le roi d'Austrasie fut reconnu comme l'unique héritier présomptif de cette riche succession.
Nous ne croyons cependant pas devoir résumer, suivant chacune de ces périodes, les renseignements que Crégoire nous fournit sur l'étendue des Etats de Contran ; car dans le récit des événements de 567 à 584, par exemple, notre historien nomme des cités qu'il n'a pas eu occasion de mentionner pendant la période précédente, bien qu'elles fissent partie dès 561 du royaume d'Orléans. Nous nous contenterons donc d'énumérer ici, xl'après l'ordre géographique, les villes dont l'évêque de Tours révèle la possession par le roi Contran, et nous signalerons en passant celles de ces cités qui lui arrivèrent par voie d'héritage ou de conquête.
En partant d'Orléans, capitale du royaume, et en se dirigeant vers l'est et vers le sud, nous trouvons Contran régnant sur les cités ^ de Troyes, Langres, Auxerre, Bourges, Nevers, Autuu,
\ . Fredegarii scolastici chronicum, c. i el ii.
2. Il serait aussi long que faslidieux de renvoyer ici aux passages de Grégoire qui prouvent la possession de ces douze villes par le roi Gontran ; aussi nous contenterons-nous
ROYAUME DE CONTRAN. . i27
Chalon-sur-Saône, Màcon, Lyon, Embrun, Gap et Cavaillon, qui constituaient, avec un certain nombre d'autres cités du bassin du Rhône, mentionnées dans les conciles bourguignons de 567 à o89, le n'oyau du royaume de Bourgogne, c'est-à-dire la partie de ses Etats dont la possession était à peu près incontestée. Nous remarquons ensuite, plus au sud et dans la Provence, Arles, que Sigebert occupa un moment en oGG * ; Avignon, dont Contran s'empara en cette même année sur le roi d'Austrasie, mais qu'il lui rendit à la paix^, et la cité de Marseille, qu'il gouverna seul de 57 o à 584, après l'avoir possédée conjointement avec son frère Sigebert, dont il rendit la part en 584 a Childebert II, fils de ce prince^.
Les contrées du bassin de la Seine que Contran ne possédait pas aussi anciennement, et qui paraissent dans VHislorla Francorum^ étaient, en partant du nord, le tiers du Ressontois (au diocèse de Beauvais) qu'il reçut en 587 de Childebert en échange du tiers de la cité de Senlis et qu'il joignit sans doute à une autre fraction de ce pays, puis les cités de Senlis et de iMeaux; la possession de ces divers territoires fut assurée par le traité d'Andelot à Childebert, bien qu'un tiers de celle de Senlis appartînt légitimement à Contran, en vertu du partage de 567*. Venait ensuite la cité de Paris, dont un tiers seulement avait été dévolu au roi de Bourgogne après la mort de Charibert, mais qui, occupée enlièrcment par Chilperic, de 575 à 584, passa ensuite, dans son intégrité, à Contran^; puis la cité de Chaiires, où il ne posséda d'abord que le Chartrain et le Blésois, auxquels il joignit en 58 i le Dunois et le Vendômois^, lesquels, après avoir appartenu successivement à Sigebert et à Chilperic, lui furent officiellement
de rappeler à ceux de nos lecteurs qui voudraient y recourir qu'ils Irouveroiil Routes les indications désirables dans les paragraphes spécialement consacrés à chacune des cités susdites.