‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 118 sur 597 · Hisioria Francorum, 1. X, c. x · texte numérisé non relu

Hisioria Francorum, 1. X, c. x

i54 I.A GAULE AU SIXIÈME SIÈCLE.

Vosges se prolongeaient alors dans les contrées arrosées par la Saône, au moins dans la partie supérieure du cours de cette rivière ; car, si sur un point entre les cités de Besançon et de Toul, la limite du royaume de Bourgogne était marquée par ce que nous appelons les Vosges, il n'en est pas moins avéré que cette région forestière était entièrement comprise dans le royaume d'Austrasie. Les Ardennes, silva Ardoennensis ^ sont uniquement nommées à l'occasion de la villa royale de Bellain {Belsonancum) qui y était située *. Un autre groupe forestier d'une réelle importance, la Carbonnière, Carhonaria^ fait sa première apparition chez Grégoire dans une citation de Sulpice Alexandre, historien dont on ne possède que le fragment reproduit par Tévêque de Tours; cette forêt, où un grand nombre de Francs trouvèrent la mort en suite de l'invasion de 388^, a été certainement considérée par plusieurs auteurs classiques comme une portion des Ardennes que César, par exemple, prolonge à l'ouest jusqu'au pays des Nerviens^, et elle est aujourd'hui représentée par les forêts de Vicogne, de Fagne, de Mormal, de Soignes et de Tirault, qui sont assurément ses débris les plus importants * : elle s'étendait ainsi sur les diverses parties du territoire de la civitas Camaracensium^ quelque peu sur celui de la cité d'Arras, et son nom parait encore à la fin du xu'' siècle sous la forme vulgaire Carhonires ou Carhonire^ pour désigner plus particulièrement la fraction de l'ancienne forêt mérovingienne la plus voisine de Seneffe en Hainaut, vers la limite du Brabant ^. Enfin, le vieil historiographe nomme aussi plusieurs fois la foret de Cuise, silva Colia, exclusivement désignée depuis les deux derniers siècles sous le vocable de forêt 'de Compiègne^, et mentionne la région

Page 1