‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 167 sur 597 · A. Bernard, Cartulaire de Vabbaye de Savigny, p · texte numérisé non relu

A. Bernard, Cartulaire de Vabbaye de Savigny, p

4. Ces chartes datent. Tune de 950, l'autre de 970. — Cependant Serezin est placé dans le poffus Lugdunensis par des chartes de 913, 92i, 943 et 956-970 ; mais les rédacteurs de ces pièces ont été visiblement influencés par la situation A*Ociavum dans le diocèse de Lyon.

avec Saiut-Symphorien, pour le chef-lieu de Vager Octavensis^i ce sont Optevoz (Isère, arrondissement de la Tour-du-Pin, canton de Crémieu), dans l'ancien diocèse de Lyon, et Oytier (Isère, arrondissement de Vienne, canton d'Heyrieux), dans l'ancien diocèse de Vienne. Mais le premier doit être écarté sans aucune crainte, car le nom Optevoz n'est certainement point dérivé de celui à'Octavumy qu'on aurait tort de chercher du reste aussi loin de l'Ozon, Also. Cette dernière objection ne pourrait pas également être alléguée contre Oytier ; bien plus, la dénomination primitive de ce village peut fort bien avoir été Octavum^ puisque dans la région qui nous occupe, Octavum a dû produire tout d'abord quelque chose tel qu'Oytef on Oytief^: Oyitef serait devenu plus tard Oytié ou Oytier par suite de l'assourdissement du /final. On peut trouver un autre argument en faveur de l'identité des noms Octavum et Oytier dans la position de ce village moderne à huit milles romains de Vienne, dans la direction de Grenoble, c'est-à-dire à un mille au delà de Septème dont le vocable rappelle le septième milliaire de la voie antique, comme le nom d'Oytier rappellerait le huitième^. Cependant,

i. Aug. Bernard, Carlulairc de Vabbaye de Savignyy p. 1082.

2. Uâ accentué produit ordinairement é, aussi trouve-t-on oitéve dans les textes du xiu*' siècle pour octava, dont la forme masculine ou neutre aurait, par conséquent, donné oitef, La foi*mc oitief ou oytief est moins naturelle; elle est néanmoins possible, car l'adjectif Octaviensis, HoctaviensiSy que fournissent aussi les actes du x' siècle, semble indiquer une forme barbare Octavium pour Octavum et, dans ce cas, Vi à* Oytief s* expliquerait par l'attraction du i d*Octav'min (cf. tou3 les mots latins en arius qui, en français, ont donné ier). On pourrait aussi relever quelques exemples de mots français dans lesquels la diphtbongue ie est simplement produite par Va long accentué : amicitatemy amitié ; medietatetn, moitié ; pietatem, piété ; singularem, singulier. Il est bon d'observer, au reste, que Oytier, dérivé d'Octavus, n'est pas plus irrégulier que les noms bleu connus Angiers (aujourd'hui Angers) et Poitiers, lesquels proviennent incontestablement de Andegavis et de Pictavis.

3. On a des preuves assez nombreuses de ces dénominations dans les documents itinéraires de l'Empire romain: ainsi, par exemple, nous trouvons dans l'Itinéraire d'Antonin des stations dites ad Quartum, ad Quintum, ad Sextum, ad Septimum, ad Octavum, ad Nonum, ad Decimum, ad Undecimum, ad Duodecimum^ ad Quatuor^ decimum, ad Quintodecimum, ad Sextodecimum, ad Septimodecimum, ad Vicesimum et ad Tricesimum. — Oytier était situé, au moyen âge, sur le parcours d'une route mentionnée dans l'Itinéraire d'Antonin et la Table de Peutinger, et qu'un terrier de 1303 qualifie de < cbemin public {iter publicum) de Vienne à Diémoz», ou de c chemin -de Bourgoin à Vienne » (Guigue, Les voies antiques du Lyonnais déterminées par les hôpitaux du moyen âge, p. 77 et 129), et il se trouve à huit milles de Vienne, dans la direction de Bourgoin, le Bergusium, ou mieux Bergu{n)sium des Romains, comme Septème, Septimum, l'est de sept milles de la même cité.

CIVITAS AEDUORUM. 203

tout en admettant cette étymologie probable du nom d'Oytier, il nous semble impossible de voir dans ce village du diocèse de Vienne le chef-lieu de Vager lugduno- viennois de la vallée de rOzon, dont les seuls villages connus sont voisins de Saint-Symphopien d'Ozon ; nous ne pouvons surtout y reconnaître le vicus lugdunensis dont parle Grégoire, car il faudrait admettre qu'un empiétement assez sensible du diocèse de Vienne sur celui de Lyon aurait eu lieu entre la fin du vi*" siècle et Tannée 950, date à laquelle le pagus Viennensis s'étendait déjà au delà d'Oytier jusqu'à la partie inférieure du cours del'Ozon; or, rien n'autorise à supposer un fait de cette nature.

On nous demandera sans doute si le sens que nous attribuons au mot Octavum, en tant qu'équivalent d'Oytier, peut être appliqué à Octavuniy placé à Saint-Symphorien d'Ozon, et Ton aura raison, car notre hypothèse sur l'emplacement du vicus lugdurnensis de Grégoire ne saurait être maintenue que si la position de Saint-Symphorien justifie ce vocable latin. Nous constaterons donc dès aujourd'hui que Saint-Symphorien est situé à 12 kilomètres au nord de Vienne, c'est-à-dire au huitième [ad octavum) milliaire de la voie romaine de Vienne à Lyon, et nous ajouterons, comme dernière observation, que si le nom d'0(?/avum n'a pas laissé de trace à Saint-Symphorien, il ne faut pas oublier qu'un acte de 924 indique un lieu nommé Octavellum^ c'est-à-dire « le petit Octavunij » au nombre des localités voisines de Serezin, et que cette mention n'est pas le moindre argument à invoquer en faveur de l'opinion que nous défendons.

§ 2. — GIVITAS AEDUORUM.

Le chef-lieu de la civitas Aed^wrum parait dans les écrits de Grégoire sous les noms à' Augustodunum^ et à'urbs AugiLstodunensis^; mais il est probable quela forme Augustidunum était employée alors à côté à! Augustodunurriy car on rencontre assez souvent, chez notre auteur, l'adjectif Aw^î/^/eV/w/^e^î^i^ ^owv Augusto^

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