‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 17 sur 597 · DOROVERNIS CIVITAS (i6id.,U · texte numérisé non relu

DOROVERNIS CIVITAS (i6id.,U

3. Un trions mérovingien porte les mots GIANSI CVETATE {ibid., n* 319).

12 lA GAULE AU SIXIÈME SIÈCLE.

CIVITATES. URBES

Bordeaux Bordeaux. ^

Bourges Bourges.

Cahors Caliors.

Cambrai Cambrai.

' Carcassonnc.

Cavaillon.

• Chalon-sur-Saône * Chalon-sur-Saône.

Chàlons-sur-Mnrnc.

Chartres.

Cologne Cologne.

Commingcs.

Couserans.

Coutances.

Dax.

Die, Embrun Embrun.

Genève.

Grenoble.

Javouls.

*Labourd.

Langres I^angrcs.

Laon.

Limoges Limoges.

ÎA'on Lyon.

* Mâcon.

\MacstrichL * Mans (le) .^ Mans (le).

Marseille.

Meaux Meaux.

Melz Metz.

' Momociacus, Nantes Nantes.

Narhonne.

'Ne vers.

^lcc.

Nimes.

Orléans Orléans.

Paris Paris.

Péri gueux.

Poitiers Poitiers.

Reims Reims.

Rennes.

Rodez Rodez.

Rouen Rouen.

Saintes Saintes.

Senlis.

Sens.

Soissons Soissons.

Strasbourg.

Tongres.

Toulouse.

Tournai. Tours . . Tours.

IJHBS. - MIIMCIPIUM. 13

CIVITATES. URBES

Trêves Trêves.

Troyes.

* IJïès,

Valence.

Vannes Vannes.

Velay.

Verdun Verdun.

Vienne Vienne.

Viviers.

'Zûlpich.

§ 3. - MII.NICIPIUM.

Il importe maintenant de mentionner un terme que Jacobs n'a pas indiqué au nombre des mots désignant les diverses localités chez Grégoire de Tours. C'est le mot mumcipiumy qui, chez les auteurs de la haute latiuité, s'entendait d'une ville municipale se gouvernant d'après ses lois particulières et dont les citoyens jouissaient du droit de cité. L'évêque de Tours l'a employé doux fois, l'appliquant comme il le devait à deux chefs-lieux de civitates : Auxerre et Aix. Voici, au reste, les paroles mêmes de l'historien :

Hummolus, fils de Peonius, était habitant de la ville d'Âuxerre. Peonius gouvernait le comté de ce municipe {Peiniius vero hujus municipii comitatum regebat) *.

A une certaine époque , lorsque Tévèque Francon gouvernait Téglise du municipe d'Aix {cum Franco episcopus hujtis municipii ecclesiam gvbernarety

Le terme municipium^ qu'on trouve peu souvent chez les auteurs du moyen âge, est à cette époque un mot savant, et l'on n'eu pouiTait déterminer le sens exact suivant les différents siècles qu'après avoir consacré un assez long temps à en rechercher les rares exemples. Nous remarquerons cependant que Texprcssion municipium parait avoir été étendue de siècle en siècle à des localités moins importantes. Au x® siècle, on l'appliquait à des châteaux ayant un comte particulier, et non plus, comme au temps de (Grégoire, à la cité simultanément siège d'un évêque

l. llistoria Francorum, I. IV, c. xli:. %. De gloria confessoruniy c. lxxi.

et d'un comte : ainsi Flodoard qualifie municipnim le cheflieu du comitatus Vo?igensis\ le Voncq moderne. Plus tard encore, ûu xu* siècle, Suger et le biographe de saint Norbert de Magdebourg considèrent le mol mu?îicipium comme- un véritable synonyme de castrum ou d'oppidum, et s'en servent pour désigner un lieu fortifié quelconque*.

§ l. - OPPIDUM.

De même que les anciens auteurs latins, Grégoire entend parle mot oppidum ou plutôt opidum ^, une ville forte d'une importance ordinairement supérieure à celle du castrum : aussi l'appliquet-il sans hésiter à onze civitates (Auxerre , Bordeaux , Màcon , Nîmes, Orléans, Paris, Périgueux, Reims, Saint -Quontin, Tongres et Zûlpich {Julhiacimïf ^ tandis qu'il ne le donne qu'à un seul castrum^ Birten (Bertunum)^ au diocèse de Cologne.

Jacobs^ a observé avec justesse, en s'appuyant sur deux chartes du vu* siècle, que le mot oppidum était pris à Tépoque mérovingienne dans le sens de pagus ou de territoire ; mais il considère cet emploi comme beaucoup plus rare que celui des mots uvbs ou civitas avec la même acception, et déclare Grégoire « trop peu précis à cet égard pour qu'on puisse le citer » . Cependant sur douze exemples de l'emploi du mot opidum par l'évêque de Tours, il en est un où l'on doit Tentendro incontestablement au sens de territoire : c'est lorsque saint Cyprien est quahfié abhas Petrocorii opidi^ car on sait que le monastère gouverné par cet abbé n'était pas situé à Périgueux môme, mais à près de 45 kilomètres de la ville épiscopale et sur son territoire, et qu'il a donné naissance à la petite ville de Saint- Cyprien (Dordogne).

\ . Flodoard, HiBioriaUemensis eccleBÎaey 1. III, c. ix. Sur le comitatus Vongensi8,\oye'£ k notice consacrée à ceUe circonscription par Longnon, les Pagi du diocèse de Reims, p. 100-110.

2. Du Gange, Glossarium mediae et infimae latinitatiSy édil. Ucnschel, t. IV, p. 578.

3. Opidum est la forme ordinairement enip]o}'ée par Tévôque de Tours.

h, Zûlpich est qualifié civitas par Grégoire lui-même (Historia Franc, I. Il, c. xxxvii). 5. Géographie de Grégoire de Tours, 2* édit., p. 28. G. De gloria confessorum, ce.

iVIUMClPIUM. — OPPIDUM. — CASTHUM.

ITi

CASTIU'M ou CASTELI.UM.

Bien que le mot castellum soit un diminutif de castriarij le moyen âge n'admettait pas un sens différent pour chacun de ces mots, et l'on nommait alors indifféremment cdstrum ou castellum les mêmes villes fortes, les mêmes enceintes fortifiées. On doit cependant obseiTerque chez les auteurs mérovingiens, dans Grégoire par exemple, cdstellum e%iA\\ïi emploi moins fréquent que castrum; mais il était déjà sans doute presque seul en usage dans le langage vulgaire, comme semble l'indiquer le vieux mot français chastel (aujourd'hui château) ou caMeU qui en est dérivé.

Le mot castellum n'est pas appliqué par Grégoire à plus de quatce localités différentes (Blaye, Chàteaudun, Neuss et Vendôme), et dans deux de ces cas (Chàteaudun et Vendôme) notre auteur ne fait que reproduire le texte du traité d'Andelot. Ailleurs, du reste, il donne à Chàteaudun {Duiium) la qualification de castrum.

Les lieux que l'historien des Francs range au nombre des castra sont au nombre de vingt-cinq :

^/auittm, Blaye.

CainOy Chinon.

Capraria, Cabrièrcs.

Caput ArietiSy Cabaret.

ConfluenSj Cobleiiz.

Deae, Dio.

Dispargiim.

Dunum, Chàteaudun.

Eposium, Ivoy, auj. Carignan.

Gredonense castrum , Grèzes - le -

Château.

Lovolautmmf Vollore.

Luccae^ îx>ches.

Mediolanum, Chàteamneillaiil.

Meroliactis, Cbastel-Marlhac.

Miglidunum, Melun.

Nivisium, Neuss.

Sellus, Chantoceaux Tauredunum.

Teimodorumy Tonnerre.

Thigcinum, Tbicrs.

Trinorciuniy Tournus.

Ugernumj Beaucaire.

Vabrense castrum, VictoriacuSy Vilry-Je-Brùlc.

Vindocinum, Vendôme.

La simple inspection de cette liste prouve que la plupart de ces castî^a de l'époque mérovingienne ont généralement gardé la même importance relative. Deux d'entre eux, Tauredu7ium et le castrum Vabrense^ ne doivent plus être cherchés au nombre des localités modernes, car le premier de ces châteaux fut détruit

I(j. LA GAULE AU SLXIEME SIECLE.

en 563 par un tremblement de terre suivi d'un éboulement^ et le second n'existait plus au vi® siècle*. Eu revanche, trois de ces lieux fortifiés, Coblenz, Dijon et Melun, ont traversé la suite des siècles en s'élevant à un rang plus élevé et ils sont devenus les chefs-lieux de grandes circonscriptions. Il ne faut pas oublier, à ce propos, que le cdstrum de Dijon, avec ses quatre portes et ses trente-trois tours, paraissait déjà au vi'' siècle si supérieur aux autres castraj que Grégoire de Tours s'étonnait qu'on n'en eût pas fait une civitds^.

Signalons cependant la décadence de trois des castra mentionnés par l'évêque de Tours : Cabaret (aujourd'hui représenté par Las Tours, Aude), Cubrières et Dio, qui ne sont aujourd'hui que d'infimes villages. Nous remarquerons aussi que le titre de château forme maintenant partie intégrante du nom de quatre autres de ces castra — Chantoceaux, ou plus exactement Chateauceaux (castf^um Sellus), Chastel-Marlhac (castrum Meroliacus)y Châteauduu {castrum Duman) et Château m eillant {castrum Mediolanvm) — et qu'il est restr» attaché comme surnom à la dénomination de Grèzes-le-Chàteau {castrum Gredoîiense).

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