‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 176 sur 597 · De gloria confessorumy c. lxxxviii · texte numérisé non relu

De gloria confessorumy c. lxxxviii

DIVIONE, Qostrum. — Dijon, que Grégoire appelle castrum Divione/ise^y ou « le château qui a nom Divione^ » , est cerlainement le castinjim sur lequel il nous donne le plus de renseignements précis. Cela n'est pas étrange, car sans doute la propre mère de notre auteur, Armentaria, petite-fille de Févêque de Langi^es, Grégoire', y avait été élevée sous les yeux de son aïeul,etrévêque de Tours lui-même y était évidemment passé. Aussi est-il fort au courant des traditions relatives à l'origine de Dijon : « Les anciens, dit-il, rapportent que ce castrum fut bâti par l'empereur Aurélien*. » L'historien des Francs, après avoir prononcé le nom de son bisaïeul, le bienheureux Grégoire de Langres, pense intéresser le lecteur par la description du château de Dijon où ce prélat résidait le plus habituellement. Il faut l'entendre décrire avec complaisance le site de la ville , la construction de son enceinte percée de quatre portes et agrémentée de trente-trois tours, puis vanter Texcellence des vins que produisent les coteaux voisins. Pour lui, Dijon est bien supérieur à tous les castra^ et il s'étonne que ce lieu ne porte pas le titre de civitas^ », c'est-à-dire de ville épiscopale et comtale.

On se demande, en effet, pourquoi Dijon n'avait pas le titre de civitaSy puisque depuis un siècle au moins les évoques lingous semblaient l'avoir adopté pour le lieu ordinaire de leur résidence j le préférant ainsi à leur ville épiscopale qui , sans doute, élait alors à demi ruinée. Déjà vers 489, l'évêque Aprunculus demeurait à Dijon lorsqu'il crut devoir se soustraire par la fuite à la haine des Bourguignons^., et, chose remarquable, l'historien des

1. Historia Francorum,\. II, c. xxiii; 1. IV, c. xvl; L V, c. V. — Degloria confes-' sortimy c. xui. — De gloria marlymm, c. l. — Yitae Palrtim, c. vii, §§ 4 et 3. — Dijon est appelé Dit;»onum à Taccusalif au livre IV, c. xxxi, de YHiêtoria Francorum, eilocuë Divionensis au livre III, c. xix.

2. € Castrum, cui Divione iiomen est. > (Historia Francorum, 1. II, c. xxxu.)

3. c Armenlaria, neptis ejus. » (Vitae patrum, c. vu, § 2.) •

4. Malgré la respectable tradition rapportée par Grégoire, il ne semble guère possible d'attribuer à Aurélien la fondation de Dijon, qui existait probablement avant lui, car M. Desjardins nous assure que l'inscription mentionnant les FABRI PERRArI DIBIONE CONSISTANTES, reproduite par lui {Géographie de la Gaule romaine, t. I", p. 417), est bien antérieure à cet empereur, qui, sans doute, n'aura fait qu'enclore de murailles le vicus Dibionensis.

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