Gaîlia christiana^ t. IV, col
§ 7. — GIVITAS ELVITIORUM.
Tous les manuscrits de la Notice des cités joignent au nom de la civitas Elvitiorum^ ou mieux Helvetiorum, celui de sou cheflieu, A venches [Aventicus) ; mais Grégoire ne connaît cette circonscription que sous le vocable de civitas Aventica^.
On répète généralement que ce fut dans le dernier tiers du VI* siècle, sous Tépiscopat de Marins, que Tévêché d'Avenches fut transféré à Lausanne, victis situé à l'extrémité du diocèse. Cette opinion, qu'un éminent érudit a récemment combattue^ en raison du titre à!episcopus ecclesiae Avenficae^ pris par Marins même au concile de Mâcon, en 585, semble avoir pour origine le fait de l'inhumation de ce prélat dans l'église de Saint-Thy^se^ de Lausanne, connue depuis longtemps sous le nom de Saint- Maire {Sanctm Marins). Sans doute, la ruine d'Avenches, déjà presque consommée au temps d'Ammien Marcellin (iv*" siècle), força l'évêque à chercher de bonne heure une autre résidence, et Lausanne fut pour lui ce que Dijon était pour l'évêque de Langres, ce (\^^ Aniciiim était pour l'évêque du Velay, Mende pour celui du Gévaudan, c'est-à-dire un lieu de séjour, mais non la ville épiscopale : ce dut être seulement quand tout espoir de relever Aventicus fut perdu que Lausanne devint le siège officiai de l'évêque*. ^
1 . Yitae Patrum^ c. î, § 1 . — Nous avons prol)al)lement élé Irop positif en disant (page 50, noie 4) que Grégoire avait écrit Avenlica, en voulant accorder ce nom avec le mol féminin civitas. On verra plus bas, en effet, que Tévêque Marius écrivait aussi Aventicaen 585, comme Fauteur du Cartulaire de Lausanne au xiil* siècle.