îbid., 1. X, c. XXXI
dont le principal patron était autrefois saint Maurice, mais qui de son temps était plus connue sous le nom de Saint-Gatien*. D'autres auteurs, distinguant avec raison l'église de Litorius et la cathédrale, supposent que son emplacement était indiqué par celui d'une chapelle de Saint-Lidoire située dans la rue de ce nom, chapelle qui fut détruite en 13S7 lors de la réunion de Châteauneuf à la ville de Tours ^. Mais Mabille estime qu'on ne peut s'arrêter à cette dernière opinion en présence d'une bulle d'Adrien II datant de 871, et constatant que les corps de saiut Lidoire et de saint Gatien reposaient alors dans le monastère de Saint-Médard, récemment brûlé par les Normands. Suivant lui, Téglise dédiée à saint Lidoire dès le v* siècle aurait changé de vocable avant le ix*"^. Tel n'est cependant pas l'avis de M. l'abbé Bourassé et de M. l'abbé Chevalier, qui pensent que les deux corps-saints ont pu être transférés momentanément dans une autre église *, et nous adoptons volontiers leur sentiment, car il serait étrange qu'une église renfermant des reliques aussi précieuses que les corps des deux premiers évêques de la ville eût cessé d'être consacrée à celui de ces prélats qui l'avait élevée, pour être placée sous l'invocation d'un évêque de Noyon dont elle ne possédait certainement pas de souvenirs bien particuliers. Nous assignerons donc à l'église de Saint-Lidoire l'emplacement occupé jusqu'au xiv*" siècle par unô chapelle dédiée au même saint, en faisant observer que, dans tous les cas, cette église était située au moins à 1200 mètres à l'ouest de l'enceinte galloromaine de Tours ^.
Sanctae Mariae basilica vel ecdesia. — Cette église, située
j. Ruinart, Gregorii Turon. Opéra omnia, coL 1396.
2. Lebeuf, Examen d'un passage de Grégoire de Tours sur le temps où l'on a commencé d^ enterrer les morts dans les cités, dans V Histoire de V Académie des inscriptions, t. XXVII, p. 179.
3. Notice sur les divisions territoriales de la Touraine, p. 113.
4. Recherches historiques et archéologiques sur les églises rojnanes en Tourainij p. 8, 9 et 27.
5. En effet, si l'église de Litorius était devenue le monastère de Saint-Médard, la distance serait de 1400 mètres, car l'église de Saint-Médard, brûlée en 853, réédifiée depuis et soumise au prieuré de Villeloin, était située en fiice et à TO. S. 0. de l'église de Notre-Dame la Riche, au lieu où est aujourd'hui l'école des frères. (Mabille, Notice sur les divisions territor. de la Touraine, p. 127.)
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dans l'enceinte de la ville de Tours [infra muros), fut commencée par Omraatius, évêqiie de Tours (522-526), et achevée par Injuriosus, son troisième successeur (529-546) *. M. Mabille la considère comme identique à une abbaye de Notre-Dame située, d'après une charte de 1007, dans le cloître de l'église cathédrale, et la distingue, en conséquence, de Tancienne église de Notre- Dame de Consolation qui prit, dès le commencement du xi* siècle, le nom de Saint-Martin de la Basoche*. Cependant, à notre avis, les textes invoqués par le savant tourangeau prouveraient seulement l'existence à l'époque carolingienne, dans l'enceinte de Tours, de deux églises dédiées à la Vierge, et rien ne prouve qne Tune plutôt que l'autre fût bâtie par Ommatius et Injuriosus. Un indice pourrait toutefois conduire à préférer Notre-Dame de Consolation à l'abbaye citée en 1007 : c'est que le nouveau nom de cette église , Saint- Martin de la Basoche (S. Ma?'tt?it/s de Basilica) y nous montre en elle une basilique, et cette dernière qualification a été donnée par Grégoire à l'église d'Ommatius. Au reste, en plaçant la basilique de Notre-Dame sur l'emplacement de Saint-Martin de la Basoche, nous nous rangeons à l'avis du vieil historien de Téglise de Tours, Maan, adopté de nos jours par M. Vicart^.
Nous ne croyons pas inutile de rappeler, en terminant cet article, que telle ne semble pas cependant avoir été l'opinion 'des savants du moyen âge. En effet, Pierre Béchin, en 1138*, et l'auteur du Chronicon Turoiiense magnum^ rédigé en 1225 ^, rapportent à la douzième année du règne de Clotaire V^ (523) la fondation de l'église de l'Ecrignole [ecclesia Scrimolï), et reconnaissent ainsi l'église construite par Ommatius dans celle de Notre-Dame de l'Ecrignole, à Châteauneuf^. Cette dernière
i. Histaria Francorumy 1. X, c, xxxi, §§ 12 et 15.
2. Mabille, Histoire sur les divisions territoriales de la Touraine^ p. 115.
3. Mémoires de la Société archéologique de Touraine, t. IIl, p. 195.
4. c Anno Childeberti et Clotarii xii% ecclesia Scrinioli dedicata est, habcns mansos Dec. > (A. Salmon, Recueil de chroniques de Touraine, p. 29.)
5. c Anno viii*» Justini et Clotarii régis Francorum xii®, ecclesia Scrinioli Turonis dedicata est. > (Ibid., p. 80.)
6. Salmon {Recueil des chroniques de Touraine, p. xii) n'a pas songé que le fait rapporté par P. Béchin et par le Chronicon Turonense magnum était tiré de VHistoria
n'était cependant pas située infra muros^ comme le sanctuaire dont parle Grégoire ; mais on ne doit pas oublier qu'au xu* et au xiif siècle il n'existait plus dans la ville même d'église dédiée à la Mère de Dieu.
Sanctae RJariae Virginis et Sancti Joannis Baptistae ecclesia. — Il y avait à Tours, au temps de Grégoire, une église consacrée à la Vierge et à saint Jean; elle était réputée pour être funeste aux parjures ^ Ce fut dans cette église que Grégoire reçut un faux serment de Pelagius : Thistorien des Francs, en rapportant ce fait, ne mentionne que la patronne de la basilique^.
Mabille croil difficile de savoir si celte église a gardé son vocable ou si elle fut détruite au ix*" siècle, et suppose que, en raison des mots in u?'be, employés par Grégoire, elle doit être cherchée) hors de la cité {civitas) de Tours. C'est pourquoi il signale, dans un aveu de 1393, la mention d'une chapelle [aumosne) de Saint- Jean, située au bord de la Loire, à l'est de la ville, chapelle dont l'île Saint-Jean, située au-dessus de l'île Saint-Jacques, a pu prendre sa dénomination ^.
Nous estimons, quant à nous, que cette église n'est pas diflFérente d'une basilique mentionnée dans un diplôme de 8i9, laquelle, dédiée à la Viet^ge^ à saint Pierre et à saint Paul, à saiîii Jean-Baptiste^ à saint Denis, à saint Martin et à d'autres saints, renfermait une congrégation ayant pour mission de donner la sépulture aux pauvres. Cette basilique était voisine de Saint-Martin *, ce qui ne permet pas de méconnaître ici Notre- Dame de rÉcrignole, très-ancienne église de Châteauneuf, dont les religieuses, selon une tradition martinienne relatée dans une
Francorum. W regarde la fondation [de l'église de TÉcrignole comme un événement, le seul il est vrai, que nécliin n*ait pas puisé dans notre auteur pour l'époque antérieure à 594 : on peut donc assurer que Grégoire est Tunique source des chroniqueurs tourangeaux du moyen âge pour le v* et le vP siècle.