I6ÛI., 1. X, c. xx\i
dant ces indices ne sont pas suffisants pour attribuer ce texte de préférence à Tun des trois Neuillé ou Neuilly que nous venons de signaler. C'est en vain que Mabille cherche à établir Tidentité de Nohiliacus et de Neuiliy-le-Noble par ces deux arguments que la forme NobiliacuSy par un é, parait avoir persisté jusqu'à nos jours dans le surnom de Neuilly-Z^-iVoé/^, et que la qualification de pagus n'a pu être appliquée dans ce récit à Neuillé-Pont- Pierre ni à IVeuillé-le-Lierre, où il n'y avait point alors d'église. Le premier argument ne peut être pris en considération, car, ici comme ailleurs, le surnom est entièrement indépendant du nom et ne doit pas être antérieur au xii'' siècle ; le second n'est pas beaucoup plus solide, si l'on considère qu'il résulte seulement de l'assimilation rigoureuse des deux Neuillé aux deux villages du nom de Novilidcus fondés au vi*" siècle par les évêques de Tours, et que cette assimilation est purement hypothétique*.
NOVUS VICUS. — Lors de la dévastation de la Bourgogne à la suite de la mort de Clodomir (524), un soldat tourangeau sauva, de l'incendie d'une basilique, des reliques de saint André et, les ayant apportées en ïouraine, il les déposa sur Tautel de l'églisede Novus VicuSj laquelle ne possédait encore aucune relique : depuis lors il célébra annuellement la fête du saint apôtre en grande dévotion. Plus tard le fils de cet homme, malade d'une fièvre quarte persistante, qu'il attribuait à la vengeance du saint quelque peu négligé par lui, fit vœu de construire une basilique en son honneur et, l'édifice achevé, il y transporta le bienheureux dépôt. Or, le jour même de la translation, des voyageurs égarés, portant des reliques de saint Vincent, passèrent dans le village et, à la prière du prêtre de Novus VicuSj ils lui cédèrent une partie de ces précieux souvenirs, que l'on plaça sur l'autel de l'église primitive *.
1. Nous ne mentionnerons que pour mémoire l'opinion de MM. Bourassé et Chevalier: ces savants n'hésitent pas à reconnaître le Noviliacus d'Injuriosus dans Xeuillé-Pont- Pierre (Recherches sur les églises romanes en Tourainej p. 15) et celui de Raudinus <lans Neuillé-le-Lierre {ibid., p. 15 el 80); mais cette distinction ne peut pas ôlre élablie scientifiquement.