De gloria confessorum, c. xvu
CIVITAS Tl-ROMM. 291
à Toiirs^ ou peut croire que celte meutiou n'a pas d'autre origine que le récit de Grégoire.
SANCTI SEXOCH cellula. — Le bienheureux Senoch, de nation teifale et natif du pays de Tiffaugcs {Tlieiphalia)^ dans la partie septentrionale du Poitou, vint en Tourainc, et, ayant trouvé dans un certain endroit de vieilles murailles, il les releva et construisit des habitations commodes. Il rétablit aussi en ce lieu un oratoire , où la tradition rapportait que saint Martin avait prié ; il y dressa un autel et invita Tévêque Euphronius (556-573) à venir le bénir. Euphronius accéda à la demande de Senoch et lui conféra le diaconat^. Depuis, le Teifale, voulant mener une vie plus solitaire, quitta les trois religieux qui étaient venus vivre avec lui et s'enferma dans une cellule, passant les jours et les nuits dans les veilles et les oraisons, et s'employant au soulagement des malheureux. C'est là qu'il mourut à l'âge de quarante ans environ, et Grégoire, qui l'assista à ses derniers moments, parle dans plusieurs de ses ouvrages des miracles qui s'accomplissaient sur le tombeau du saint abbé^
Le lieu où saint Senoch passa les dernières années de sa vie fut fréquenté après sa mort par les malades, qui se pressaient à son sépulcfe pour obtenir la guérison de leurs maux : on doit évidemment le reconnaître dans le village actuel de Saint- Seuoch* (Indre-et-Loire, arrondissement de Tours, canton de Ligueil).
SENAPARIA , monasterium. — Senaparia était, à la fin du V® siècle, le nom d'un lieu de Touraine où saint Ours construisit un oratoire et fonda un monastère, qu'il quitta, le laissant sous la garde de Leobatius, pour en établir un nouveau à Loches
1. Edm. Dupont, Table du martyrologe de Chastelain, dans Y Annuaire de la Société de Vhistoire de France, année 1860, p. 146.
2. Historia Francorum, 1. V, c. vu. — Vitae Patrum, c. xv, § 1.
3. Hist, Franc, I. V, c. vu. —Degloria confes., c. xxv. — Vitae Patruin, c. xv, § 4.
4. Et non Saint-Senou, comme récrit Ruinart {Greg. Tur. Opéra omnia, col. 1223). — Cette orthographe fautive a fait croire à M. Bordier {le$ Livres des miracles, etc., t. III, p. 321) que le savant bénédictin avait voulu parler de Saint-Senoux (Ille-et- Vilaine).
(Loccae). Leobatius , que Tévêque de Tours éleva ù la dignité abbatiale après la mort d'Ours, mourut dans son monastère et y fut enseveli*. Il ne peut y avoir de doute sur remplacement de Senaparia; c'est aujourd'hui Sennevières, à 9 kilomètres de Loches, dans le canton duquel il est compris, et Téglise paroissiale du lieu est consacrée à Leobatius, que le peuple honore sous le nom de saint Leubais *.
[SEVERIACUS, villa]. — Ce nom ne figure pas dans Grégoire; mais nous avons jugé à propos de lui donner place ici, car il semble que ce soit de Severiacus que notre auteur a entendu parler au chapitre XIl du deuxième livre des Miracula beati Martini. Au reste, voici le fait : Saint Germain, évêque de Paris, se rendant à la fête de saint Martin en compagnie du diacre Raguemod, vint d'abord à la villa que son église possédait en Touraine, et de là il se rendit à Tours ^. Ruinart a rapproché ce passage de Grégoire d'un chapitre de la Vie de saint Germain, écrite à Poitiers par Fortunat, qui donne à la villa de Tévêque de Paris le nom de Severiacus^. 11 s'agirait donc de Civray-sur- Cher^ (Indre-et-Loire, arrondissement de Tours, canton de Bléré), village situé à 30 kilomètres à Test de Tours et dont l'église est dédiée au prélat parisien ^, qui honora plusieurs fois de sa présence Severiacus. On a cependant proposé de reconnaître Sèveriojcus dans Civray-sur-Esvres ^ (arrondissement de Loches, canton de Haye) ; mais l'auteur de cette hypothèse ne songeait pas que la situation de Civray-sur-Esvres, à 41 kilomètres au