‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 273 sur 597 · Historia Francorumy I. X, c · texte numérisé non relu

Historia Francorumy I. X, c

CIVITAS CENOMAN.NORUM. 297

ce sentiment. Le regretté géographe objecte que Marojalum ne doit pas être cherché dans le Maine, car, à son avis, XHistoria Francorum l'indiquerait comme dépendant du territoire de Tours*. Cette dernière assertion n'est pas rigoureusement exacte. Grégoire parle bien, à la vérité, d'un lieu de même nom compris dans les limites de la Touraine et voisin du Berry ; mais le iVflro/a/wm tourangeau , qui était pourvu d'une église, devait être un vicus^ non une simple villa}^ et son identité avec le théâtre de la mésaventure de Cuppa ne peut être nullement établie. Si Jacobs fondait son opinion sur la première partie du chapitre que Tévêque de Tours consacre à Cuppa, c'est-à-dire sur le récit d'une incursion que cet ancien officier de Chilperic avait faite tout récemment en Touraine, il n'aurait pas dû oublier que Cuppa, ayant pu se dérober à la justice tourangelle, résidait certainement en dehors de cette province, et que dès lors rien ue s'oppose plus à ce que la villa Marojalensis soit cherchée dans le Maine.

Il existait au diocèse du Mans trois paroisses dont le nom moderne est dérivé du vocable gallo-romain Marojalum : ce sont Marolles (Sarthe, arrondissement et canton de Saint-Calais), Mareil-sur-Loir (Sarthe, arrondissement et canton de la Flèche), et Mareil en Champagne (Sarthe, arrondissement de la Flèche, canton de Brùlon) ; mais il est bien difficile, en face du texte de Grégoire, de se décider pour Tune plutôt que pour l'autre de ces locahtés. Cependant Marolles, dont Jacobs a prononcé le nom, serait mis hors de cause, si Ton devait ajouter quelque créance, en ce qui touche la topographie du vf siècle, aux plus anciens documents relatifs à l'abbaye de Saint-Calais; car ce lieu, qu'ils indiquent comme le chef-lieu d'un finage^ du vi*' siècle, le finis Marojalensis j aurait été un village [viens] ^ non plus une simple habitation rurale [villa). Bien que nous n'ayons pas de raison déterminante pour préférer Mareil-sur-Loir à Mareil en Cham-

1. Jacobs, Géographie de Grégoire de Tours et de Frédegaire, p. 13i. â. Voyez plus haut, page 278.

3. Pardessus, Diplomata, chartae, t. I, p. 75. — Le diplôme de Chiidebert qui mentionne le finis Marojalensis est certainement une pièce supposée.

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pagne, nous attribuerons cependant sur notre carte remplacement (le la première de ces localités à la villa MaFojalemis àe Grégoire, parce qu'elle est un peu plus voisine que Mareil en Champagne du pays qu'habitait notre historien.

SAXCTI GEORGII vicis. — Il serait oiseux de chercher à fixer remplacement du vicus cenomannensis iUustré au vi*^ siècle par les miracles qu'on attribuait aux j'eliques de saint George*, notre auteur ne donnant pas même le nom de ce lieu. La multiplicité des localités du nom de Saint-George dans Tancieu diocèse du Mans^, ou, mieux encore, l'antiqiiité de plusieurs des églises du Maine placées sous Tinvocation de Tillustre mailyr^, ne permettrait pas d'y songer, même si l'on était certain que ce vicus ne portait pas d'autre nom que celui du bienheureux.

SANGTI MARTINI basu.ica. — L'emplacement de la basilique que Badegisil, évêque du Mans (o8I-o8o), consacra dans un lieu de son diocèse sous le nom et par les reliques de saint Martin, n'est pas plus facile à déterminer que celui du vicm dont nous venons de parler*.

TURXACUS, Cenomanici territorii villa. — La villa Turnacerisis ou Tm^nacensis^ dans le Maine, appartenait, à la fin du vi*" siècle, à la basilique de Saint-Martin de Tours, et l'on conservait, dans l'oratoire de ce domaine [oratorium villae ipsius), des reliques des bienheureux apôtres Pierre et Paul*. C'est tout ce que nous en apprend Grégoire, mais cela sutït pour reconnaître l'église qui remplaça l'oratoire mérovingien dans Xecclesia sancti Pétri de Turneio qui figure, dès le milieu du xu*" siècle, au nombre des possessions de l'abbaye de Thiron, et dès lors, il n'y a pas

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