‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 294 sur 597 · Ibid.y 1. IX, c. XX · texte numérisé non relu

Ibid.y 1. IX, c. XX

CIVITAS CARNOTUM. 325

rive gauche de la Seine lorsqu'il apprit que Contran, son allié contre Sigebert, venait de conclure un traité avec ce dernier. 11 battit aussitôt en retraite et se retira, dit Grégoire, iisque Avallociuniy camotensem vicum, et Sigebert Ty ayant poursuivi, il fut contraint de demander la paix * .

On a cru reconnaître Avallocium dans AUuyes^ (Eure-et-Loir, arrondissement de Châteaudun, canton de Bonne val), et ce village était en effet de Tancien diocèse de Chartres. Cependant cette identification ne parait pas admissible en raison des plus anciennes formes certaines du nom d'Alluyes : Aloia vicu^j à l'époque mérovingienne même^; villa Alogia, au commencement du XI® siècle, et Aluia vers 1070*.

Valois, qui, l'un des premiers, a traduit Avallocium par Alluyes, a aussi rapproché du texte de Grégoire deux passages de la Vie de saint Lubin, évêque de Chartres^, où Fortunat mentionne une localité du nom à'Avallotium ou à'Avalloviciis ^. Chez Fortunat, Avallotmm désigne une paroisse {parochid) du diocèse dont Lubin était le prélat, et le saint confesseur, faisant sa tournée épiscopale, y aurait rendu la lumière à un aveugle'. Le même saint Lubin, se rendant près du roi Childebert à Rhotojalum (le Vaudreuil au diocèse de Rouen, ou Rueil au diocèse de Paris), rencontra à Avallovicus un hydropique qu'il guérit miraculeusement^. Le premier de ces textes, en raison de l'absence de renseignements topographiques particuliers, peut convenir à Alluyes, situé à 26 kilomètres au sud de Chartres, aussi bien qu'à tout autre lieu de la civiias Camotum ; il n'en est pas de même du second, qui serait mieux appliqué sans doute k une localité placée

i. Historia Francorum, J. IV, c. l.

2. C'a été encore de nos jours Topinion d'Alfred Jacobs et de M. Lucien Merlet. MM. Guadet et Taranne ne se portent pas garants de cette identification.

3. Le nom ALOIA VICO est inscrit sur un triens mérovingien offrant quelque analogie avec ceux de l'Orléanais.

4. Merlet, Dictionn, topogr. du département d'Eure-et-Loir, p. 2.

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