‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 299 sur 597 · GaUia christianay t. VI, col · texte numérisé non relu

GaUia christianay t. VI, col

330 r.A GAUfiE AU SIXIÈME SIÈCLE.

depuis le xi*" siècle jusqu'à la Révolution, une abbaye ; mais cela ne peut guère être regardé comme un argument très-favorable à la cause de Saint-Avit de Châteaudun, car c'était une abbaye de femmes. On peut faire et Ton a fait à l'opinion des Bénédictins deux objections fort graves: c'est que ce Saint-Avit n'a jamais dû être considéré, surtout au \f siècle, comme étant situé dans la région naturelle désignée par le nom de Perche ; c'est aussi que l'extrême proximité de Saint-Avit et de Châteaudun, ville connue dès l'époque où vivait Avitus, ne concorde nullement avec la situation de PiciacuSy situé, suivant le biographe d' Avitus, à une grande distance de toute habitation et dans un lieu complètement écarté.

Saint-Avit (Eure-et-Loir, arrondissement de Châteaudun, canton de Brou) a été indiqué par les BoUandistes ; mais la décision des savants éditeurs des Acta sanctorum résulte d'une mauvaise interprétation d'un passage des Miracula sancti Maximùn\ où Létald relate la retraite d' Avitus à Maceriae, localité située à quatre milles du monastère de Micy et où subsistait encore de son temps, à la fin du x"" siècle, un oratoire consacré au saint confesseur*. Maceriae n'est pas différent de Mézières (Loiret, arrondissement d'Orléans, canton de Cléry), dont l'église est encore placée aujourd'hui sous l'invocation de saint Avit*. Mais les BoUandistes, s'écartant en cela du récit de Létald, n'ont pas distingué Maceriae de la cella construite plus tard par Avitus dans le diocèse de Chartres, et ont cru retrouver l'une et l'autre dans une paroisse du nom de Mézières, située au Perche, tout auprès de notre second Saint-Avit, qu'ils identifient avec le Picia^'us des hagiographes^. Ils n'ont pas remarqué que si la position de Saint-Avit sur la lisière de la région silvestre du Perche satisfait assez bien aux exigences de plusieurs des textes que nous avons rappelés, il ne semble cependant pas qu'on doive sérieusement s'y arrêter, ce Saint-Avit n'étant pas compris dans le Dunois

i. < Quatuor ère a monasterio millibus in loco qui Maceriae dicetur, cellulam sibi constiluit, ubi usque hodie oratorium in ejus nomine permanet consecratum. » {Miracula sancti Maximini, c. vi, apud Mabillon, saec. 1, p. 600.)

2. L'abbé Patron, Recherches historiques sur VOrléanaiSy 1. 1", p. 351.

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