Ibid, 1. vin, c. xui
8. De gloria confessorum, c. lxviii. — On trouve simplement urbs Tricassinorum au c. LXiv du De gloria martyrum.
9. Historia Francorum^ I. VIll, c. xxxi. — - Vitae Patrum, c. viii, § 8.
CIVITAS TRIGASSUIM. 333
Si l'on s'en rapporte à Frédegaire, qui écrivait au milieu du vu* siècle, la cité de Troyes était soumise aux Francs dès Tépoque du mariage de Ciovis avec Clotilde, c'est-à-dire dès 493, car, selon ce chroniqueur, ce serait à Villery, in pago Tricassino^ • non loin de la frontière des deux nations franque et bourguignonne, que Ciovis attendait sa fiancée*. Les paroles de Frédegaire concordent parfaitement avec les renseignements fournis par le concile d'Orléans de 511, et par le concile d'Epaone de 517, où l'évêque de Troyes figure parmi les prélats du royaume de Ciovis, et Tévêque de Langres parmi ceux du royaume de Sigismond. Ainsi, Villery (Aube, arrondissement de Troyes, canton de Bouilly), situé dans le diocèse de Troyes, à 6 kilomètres à peine de Tévêché de Langres, était une localité frontière au commencement du v"" siècle.
On pense que Troyes fit partie du royaume dô Metz sous les fils de Ciovis ; c'est du moins ce qu'il est permis d'inférer de la Vie de saint Phal {Fidolus)^ où il est dit que ce bienheureux ayant été fait prisonnier de guerre en Auvergne par l'armée du roi Théoderic, fut mené dans le pays de Troyes, puis racheté de captivité par saint Aventin^.
Sous les fils de Clotaire Y% vers l'an 574, nous voyons Contran dominer sur la civitas T^ncassium. Sigebert et Chilperic, s'étant ligués pour le tuer et s'emparer de son royaume, s'avancèrent sur le territoire de Troyes, l'un jusqu'à Arcis [Arciaca)^ l'autre à Pont-sur-Seine {Duodecim Pontes) ; Jmais Contran vint audevant d'eux avec son armée jusqu'à Virey, c'est-à-dire jusqu'à la limite méridionale de la civitas Tricassium^ et dans une entrevue qui eut lieu à l'église de Saint-Loup de, Troyes, les trois frères se réconcilièrent^ . L'ouvrage de Frédegaire, à qui Ton doit la connaissance de ces événements, n'est pas non plus ici le seul document qui permette d'attribuer la civitas Tri-cassium à Contran : les conciles de Paris (573) et ceux de Mâcon (581 et 585) attestent que Troyes obéissait à ce prince,