‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 317 sur 597 · Ibid., 1. II, c. XLiii · texte numérisé non relu

Ibid., 1. II, c. XLiii

si Paris devint le siège d'un des quatre nouveaux rois, il fit seulement partie du lot du troisième d'entre eux : la division de l'empire des Francs ne permettant pas d'en faire la capitale de l'aîné des fils du roi défunt, sans doute parce que le centre de la puissance franque était encore surtout dans les Belgiques, où Reims, Metz et Trêves semblaient se disputer l'honneur de servir de résidence au roi d'Austrasie. Mais, cinquante ans plus tard, lors de la mort de Clotaire, Paris est enfin devenu, à la veille d'un nouveau partage, le siège royal le plus envié. C'est là que Chilperic s'établit en 561 sans prendre l'avis de ses frères, qui s'unissent contre lui et attribuent Paris à Charibert, le plus âgé d'entre eux*.

Cependant, le nouveau roi de Paris étant mort dans la septième année de son règne (567), les convoitises de chacun des fils survivants de Clotaire serallument. Ils partagent le royaume de Charibert, mais aucun d'eux ne pouvant accepter que l'un de ses frères trônât à Paris, ils font trois parts de la civitas Parîsioî'um, et, proclamant la neutralité de son chef-lieu, ils appellent la malédiction divine sur la tête de celui des trois copartageants qui y entrera sans le consentement de ses frères*. Mais, dans les luttes terribles qui ensanglantent bientôt la Gaule, les promesses les plus sacrées ne tardent pas à être enfreintes, et Sigebert occupa Paris vers le temps auquel les Francs de Chilperic se donnèrent à lui^; c'est en cette ville que, peu de mois après, Brunehaut, sa veuve, fut prise par Chilperic* dont la couronne venait d'être sauvée par im assassinat (575).

La mort de Sigebert est regardée par les contemporains comme une juste punition de la violation des traités; aussi Chilperic, désormais le plus puissant des trois rois, voulant célébrer les fêtes de Pâques de l'an 583 dans la ville qu'il avait ardemment désirée, y entra-t-il précédé de nombreuses reliques de saints^. Néanmoins il tomba lui-même, l'année suivante, sous les coups

\. Hhlùria Franconim, I. IV, c. xxii.

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