Ibid.y ]. Il, c. xxxvii, iu principio
G. Ibid.y \. Il, c. XXVI : I. X, c. xxxi, §§ 7 et 8.
i2 LA GAULE AU SIXIEME SIECLE.
compte de rancienne étiquette royale, paraît désigner la Loife près d'Amboise comme la limite commune des Francs et des Goths. L'évêque de Tours rapporte, en effet, que Clovis et Alaric eurent une entrevue « dans une île de la Loire située près du village d'Amboise, territoire de la cité de Tours», et qu'ils se jurèrent une amitié réciproque ^ Or on sait que, dès Fépoque mérovingienne et jusqu'aux temps modernes, les entrevues des rois de France avec les souverains des pays voisins eurent lieu le plus souvent sur la limite de leurs États et, loi'sque cela était possible, sur un terrain neutre. Llle d'Amboise put donc jouer dans l'événement rapporté par Grégoire le même rôle que rîle de la Conférence dans le traité conclu en 1659 entre le roi de France et le roi d'Espagne^, et nous n- admettrons pas sans preuve Textension de la domination gothique en deçà de la Loire.
Il n'est pas inutile de compléter les précieuses indications de Grégoire sur la composition de TÉtat wisi gothique, en résumant ici les progrès de Toceupation des Goths dans notre pays^.
C'est en Tan 412 que les Goths apparurent pour la première fois en Gaule; ils venaient d'Italie où les avait conduits le grand Alaric; et ils étaient alors gouvernés par Ataulphe. En 413, ils prenaient Valence, tentaient d'occuper Marseille, s'emparaient de
1. f Conjunctique in insula Liguris, quae erat juxta vicuiiiAmbaciensemtcrritorii urbis Turonicae, siinul locuti. > {Historia Francoruirij 1. 11, c. xxxv.) — L'auteur ihi Liber de compositione castri Ambaziae, qui écrivait à Amboise vers le milieu du xii' siècle, parle J*uiie entrevue semblable qui aurait eu lieu entre Ghilderic, le prédécesseur de Clovis, et le roi des Goths, Alaric, dans cette môme ile, et il prétend que les deux monticules artificiels connus aujourd'hui sous le nom de c Danges de Sublaines», et situés dans la plaine, à 20 kilomètres au sud d'Amboise, sur le finage de Sublaines, furent élevés par les deux princes, pour témoigner de leur alliance et marquer la limite de leurs États : cDum rediret Childericus, obviam venit ei rex Gothorum Alaricus, et in insula Ambaziensi colloquio adjuncti, foederali pacificatique sunt. In planitie vero, inter Bliriacum et Andresium, uterque populus Gothorum et Francorum jussu regum duos globos terrae elevavcrunt, quos utriusque regni fines constituerunt. Omnis plana terra a Francis Campania dicitur, et in bac duo globi in testimonium foederis eminent. > (Chroniques des comtes d'AnjoUy publiées par la Société de l'histoire de France, p. 20.)
2. L'Ile des Faisans ou de la Conférence, sur la Bidassoa, où Louis XIV et Philippe IV jurèrent l'observation du traité des Pyrénées discuté en ce même lieu par Mazarin et don Luis de Haro, avait déjà été, en 146i, le théâtre de l'entrevue de Louis XI avec le roi de Castille, Henri l'Impuissant.
3. Nous prenons ici pour guide re.\cellente Histoire générale de Languedoc de dom Vaissele.
Narboiine* et sans doute aussi de Toulouse*; cependant les efforts du patrice Constantius les contraignirent d'abandonner les Gaules dès 414, et ils passèrent en Espagne^. On les retrouve en deçà des Pyrénées en 419, sousWallia, successeur d'Ataulphe, et Constantius leur céda, au nom de Tempereur Honorius, l'Aquitaine depuis Toulouse jusqu a l'Océan, au dire d'Idace*, ou, pour parler comme Prosper, la Seconde Aquitaine (c'est-à-dire la province de Bordeaux) avec quelques villes des provinces voisines^. Toulouse fut dès lors la capitale du nouvel État : c'est là que revint le roi Thorismond, au retour de la campagne contre Attila (45 1)«.
Pendant trente-sept ans environ (419-456), et bien que la paix ait été quelquefois troublée entre les Romains et les Goths, ceux-ci doivent être bien plutôt considérés comme des auxiliaires de l'Empire cantonnés en Aquitaine que comme des conquérants '^. Ce fut seulement après la chute de l'empereur Avitus (456j que le désir d'une indépendance absolue et l'esprit de conquête guidèrent véritablement les chefs de la nation gothique dans leurs actes; ce fut alors que Théoderic II commença à établir la domination de son peuple en Espagne, où il dut d'abord combattre les Suèves. En 462, le comte Agrippinus, gouverneur de la Narbonngise, livrait Narbonne aux Wisigoths®, qui devinrent bientôt maîtres du reste de la province : la cité de Nîmes, néanmoins,
i. Olympiodore, Prosper Tyro et Idace, cités par Yahseiey Histoire générale de Languedoc, 1. 1, p. 166.
2. Ce ne peut élre qu'à la conquête de Toulouse par les Goths, vers cette date, que se rapportent les paroles de Rulilius Numatianus parlant de son ami Victorinus, qu*il trouva établi en 419 à Volterre (Volaterra), en Toscane, où la prise de Toulouse l'avait contraint de s'exiler.
« Ërrantcm Tuscis considère coinpulit ngris El colore cxtcrnos, capta Tolosa, lares. »
{Ilutilii Itinerarium, I. I, vers 495-496.)