‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 394 sur 597 · Voyez page · texte numérisé non relu

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9. L'évéque de Tarentaise, Martien, assista, en 581, 581 cl 585, aux synolcs du royaume de Gonlran.

i30 LA GAULE Ar SLMËME SIÈCLE.

§ 6. — CIVITAS MAURIENNA.

Grégoire désigne la ville de Maurienne sous les noms à'urhs Maurienna ou de locus Mauinennensis . 11 raconte qu'une femme de ce lieu nommée Tygris, étant allée visiter le tombeau de saint Jean-Baptiste [à Samarie], en rapporta, après plus de deux années passées en prières, un pouce du précurseur du Christ, qui devint bientôt dans son pays l'objet de la vénération des fidèles; cette relique y excita même les plus vifs désirs des prélats voisins, notamment de l'évècjue de Turin, dont Maurienne, au dire de notre auteur, dépendait alors, et qui songea un moment à transporter le précieux souvenir dans son église cathédrale*.

L'évêque de Tours, qui rappelle ainsi les liens unissant jadis Maurienne au diocèse de Turin, fait assez entendre, par l'exprès- , sion urbs Maurienna, que cette localité était de son temps le siège d'un évèclié particulier. C'est effectivement au roi Goutran qu'une ancienne notice, écrite sans doute dans le diocèse de Maurienne, fait honneur de rétablissement de cetévêché, ainsi que de la construction d'une église où furent déposées les reliques rapportées par Tygris^, l'église de Saint-Jean de Maurienne, dont le nom se substitua plus tard à la dénomination primitive de la ville. La notice qui relate ce fait, bien qu'ancienne, est loin toutefois de remonter au vi*" siècle : on y trouve une inexactitude que ne enfermerait 'pas un récit contemporain ; ainsi, Maurienne y est présenté comme un démembrement du diocèse de Vienne^ et l'érection de son évêché n'aurait eu d'autre motif que la réputation grandissante des reliques. La création du diocèse de Maurienne a une cause toute différente : le pays dont il est composé

i. De (jlovia martyrum, c. xiv.

2. CeUe notice a été puliliéu plusieurs fois; on la trouve notainmeol dans Ruiiiurt {Gregorii Turon. Opéra omnia, col. 13i2-1343) et dans la Gallia christiana, t. XVI, col. 613-614.

3. uGuutramnus rex.. .., legatos sues Moriennam direxit, qui ecclesiam inibi fabrica-

rent , eamque perfectam cpiscopo Viennensi,adcujusdioecesimperlinebat locus, Sanclo

Isychio sacrare praecepit.. > — Notons aussi ranaclironistne qui fait intervenir ici l'évèqui' de Vienne Hesychius, dont la mort eil antérieure de plusieurs années a ravénemciil (l<? (ionlran au trônOi

CIVITAS MAUUIENNA. .i31

faisait originairement partie de la Ligurie et de Tévêché de Turin, et il fut cédé au roi Contran, en 574, par les Lombards, à la suite de l'irruption malencontreuse dé ce peuple en Provence, en même temps que Suse et Aoste*. Cette dernière ville, déjà siège d'un évêché particulier, fut rattachée à la province ecclésiastique de Vienne, et Ton forma avec Maurienne et Suse, qui ne pouvaient rester soumises à un évêque étranger, un nouveau diocèse*. On a donc eu tort, sans doute, de rapporter au début du règne de Contran, c'est-à-dire à Tau 562 ' environ, Térection de cette nouvelle circonscription ecclésiastique, dont le second évêque, Hiconius, figure en 581 et en 585 aux conciles bourguignons réunis à Mâcon.

Vers Tan 600, Ursicin, évêque de Turin, se plaignit au pape Grégoire le Crand de ce qu'on lui avait ravi une portion de son diocèse pour en former un nouvel évêché, dans lequel il faut reconnaître certainement l'évêché de Maurienne. Cette réclamation fut transmise par le souverain pontife à Syagrius, évêque d'Autun, ainsi qu'à Théodebert II et à Théoderic II, fils et successeur de Childebert* ; mais elle ne fût suivie d'aucun effet.

i. c Defuncto Clep ipsorum [Langobardoruni] principe, duodecini duces liUiigobardorum duodecim annis sine regibus Iraosigerunt, ipsoque tempore, sicut supra scriptuni legitur, per loca in regnuni Francorum proruperunt; pro ea praesumtionc in conipositione Augustam et Siusiuni civitates cum iategro ilioruin territorio et populo, partibus Guntchrainni tradiderunt. » (Fredegarii SchoL Qhronicum, c. xlv.)

2. c Ad quam ecciesiam Morigennensium , ubi beati Jobannis Baplistae reliquias posuerat, Seusiam civitatem jamdudum ab Italis accoptam cum omnibus pugunsibus ipsius locisubjectamfecll, et, consensu eliain Romani pontificis, Yiennensi ecclesine jureperenni, episcopum civitalls et vici Maurigennae subditum esse decrevit. v (Huinarl, Gregorii Turon. Opéra omnia, col. 1343.) — Cf. la Vie de sainte Tygris, apud Bolland., t. V Junii, p. 73-75. — Nous avons cité plus baut (pages 73-75, note :26) une interpolation de Notice des cités ou la fondation de Maurienne est attribuée au roi Contran : c Civilas Morienna a Guntranno, rege Burgundionum, constructa. »

3. GaUia christianay t. XV, col. 612. — La création de l'évéobé pourrait même être rapportée à Tan 579, si Ton était certain que le concile de Clialon, où la susdite notice fait ordonner Felmasius comme premier évêque de Maurienne, ne doit pas être distingué du synode que Contran assembla dans cette même ville en 579. {Histo)ia Francorum ^ 1. V, c. XXVIII.)

4. « Perlatum siquidem ad nos est dilectissimum fratrem nostrum Urcisinum, Taurinae civitalis episcopum, post captivitatem et depracdationem quam pertulit, grave in parochiis suis, quae in Francorum sitae terminis perhibentur, praejudicium pertulisse ' denique ut aller illic contra ecclesiaslica statuta, nulle ejus criminc deposcente, consti* tueretur autistes. > (Lettre du pape Grégoire l**" à Syagrius, éviMpie d'Aulun, apud Bouquet, t. IV, p. 2S.)

ïïi l\ GAUI.E AU SIXIEME SIECLE.

SIGUSIUM, urb6\ — C'est aujourd'hui la petite ville de Suse, eu italien Susa (Italie).

Lors de la déroute des Lombards qui, en 374, venaient d'euvahir pour la seconde fois Is^ Provence, Sisinnius, maître de la milice de l'empereur de Constantinople, résidait dans cette ville*; toutefois, au dire de Frédegaire, ce serait les Lombards qui, vers cette époque, l'auraient cédée à Gontran*. Ce prince, nous venons de le dire, établit un nouvel évêcbé pour les vallées de Suse et de Mauricnne, qui jusque-là avaient été complètement étrangères à la Gaule. Le mot urbs employé par Grégoire pour qualifier Suse prouve que, dès le début de la domination franque dans cette contrée, le nouveau diocèse comptait deux chefs-lieux, ce qu'expriment fort clairement, du reste, certains manuscrits de la Notice des citos^ et la qualification d'évèque de Suse et de JMaurienne que le titulaire du siège épiscopal portait encore au ix° siècle*.

§ 7. — ClViTAS AUGUSTA.

Grégoire ne mentionne pas Aoste [Augusta Praeloria)^ que Frédegaire dit avoir été unie au royaume de Bourgogne vei's 574, à la suite de la cession que les Lombards firent de cette ville et de Suse au roi Contran^. Le diocèse d' Aoste fut rattaché dès lors à l'église des Gaules, et placé d'abord dans la province de Vieuue, puis dans celle de Tarentaise ^.

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