Vitae Palmm, c. vi
CIVITAS ARVERNORUM. 481
urbs Arverna*. Aiderais devait infailliblemeût produire la forme vulgaire Anvers ^, vocable que plusieurs villages de la France septentrionale ont conservé ' ; mais , au temps de Charles le Chauve, ce nom avait complètement disparu devant celui de Clermont [Clarus Morts) ^ que la citadelle de la ville arveme portait déjà à l'époque mérovingienne *.
Le chef-lieu de la cité d'Auvergne possédait, au vi"* siècle, un grand nombre d'églises. L'évêque de Tours mentionne au moins douze de ces sanctuaires, et nous allons rappeler ce qu'il rapporte de chacun d'eux, en indiquant, autant qu'il sera possible, l'emplacement qu'ils occupaient^.
EccLEsiA Arvernica. — L'églisc épiscopale, comme toutes les cathédrales, est simplement désignée sous le nom d'église [ecclesià) par Grégoire®! Celle des Arvernes était, au vi' siècle, le plus ancien édiGce religieux qu'on y eût construit, et il était dû àNamatius, huitième évêque d'Auvergne (446-462 environ).
1. Historia Francomm, 1. Il, c. xxi; I. Ill, c^ xii; 1. VI, c. xxxix. — De gloria confessorum, c. v. — Vitae Palrum^ c. vi, § 13.
2. Comme Nivernum, ou plutôt Nivemis, a produit Nevers^ et comme Thigemum, en Auvergne même, a produit Thiers par l'assourdissement du n final qu'on remarque également en français dans les mots autour ^ cahier, chair, cor, enfer, four, jour, hiver, dérivés du latin alburnufn,quatemum,carnem, cornu, infernum, furnum, diurnum, hibemum. — Arvernis serait d'abord devenu Alcemis, d'où Anvers, par la vocalisation du l; c'est ainsi, du reste, que s'est formé le nom de l'Auvergne, Aroernia à l'origine.
3. Anvers (Manche); Auvers-le-Hamon et Auvers-sous-Montfaucon (Sartlie); Auvers près d'Étampes, et Auvers>sur-Oise (Seine-et-Oise). — Ces villages doivent certainement leurs noms à quelques colons de race arverne qui s'y seront établis, soit à l'époque romaine, soit à l'époque franque. Auvers-sur-Oise, qui figure dans les documents du IX* siècle, y est appelé Alvernis. {Annales Bertiniani, anno 865; Tardif, Monuments historiques, cartons des rois, p. 86.)
4. La plus ancienne mention connue du nom de Clermont {Castro Claremunte) se troave dans une formule du vi* siècle (Uozière, Recueil des formules de V empire franc, 1. 1"", p. 491); on le voit ensuite, au milieu du viii* siècle, chez un des conlinuateurs de Frédegaire. I^ château de Clermont occupait, parait-il, l'emplacement de Fhôtel de ville actuel et de la place de la Poterne, c'est-à-dire le sommet du monticule, à côté delà cathédrale (Tardieu, Histoire delà ville de Clermont-Ferrand, t. !•', p. 7).— C'est en 848 qu'on trouve pour la première fois le nom de Clermont appliqué au chef-lieu de la dvitas Aroemorum, dans un diplôme royal donné c in villa Puteata non longe a civitate Claromonte. > (Bouquet, t. VIII, p. 495).
5. L'état des recherches historiques sur l'ancien Clermont ne nous a pas semblé suffisamment avancé pour permettre de joindre à celte partie de notre travail l'esquisse d'un plan de la ville arverne au vi* siècle.
6. Historia Francorum, 1. II, c. xvi; 1. IV, c. xxxi. — Vitae Patrum, c. vi, § 7. — De gloria martyrum, c. xuv.
i82 LA GAULE AU SIXIÈME SIÈCLE.
Grégoire nous en a laissé une précieuse descriptiod. Les travaux durèrent douze ans, et, après l'achèvement de l'église, le prélat envoya à Bologne, en Italie, des prêtres qu'il chai^ea de lui rapporter des reliques de saint Agricol et de saint Vital, crucifiés en ce lieu pour la foi chrétienne ; au retour des messagers, l'église cathédrale fut dédiée en présence d'un grand concours de citoyens*. C'est aux reliques des martyrs bolonais qu'elle doit son vocable actuel de Saint-Agricol et de Saint- Vital, qui, au x** et au xi* siècle, était précédé de celui de Notre-Dame*.
Sancti Alexandri sepulcrum. — On voyait, au vi* siècle, entre la basilique de Saint- Allyre et l'entrée du temple de Saint-Vénérand, un sépulcre sculpté dans lequel était enseveli, dit-on, nn pieux personnage du nom d'Alexandre. La pierre de ce tombeau, réduite en poussière et dissoute dans de l'eau, passait pour faire recouvrer la santé aux malades^. Cependant, malgré tout ce que Grégoire rapporte des mérites d'Alexandre, il ne semble pas qu'il eût jamais été l'objet d'un culte à Clermont, car le catalogue des églises de cette .ville au x* siècle n'en fait aucune mention.
Sancti Amabilis tumulus. — Sous le gouvernement du duc Victorius, le tombeau de saint Amable, prêtre de Riom, était déjà l'objet d'une grande vénération, et Grégoire a consigné en ses écrits des faits miraculeux qui s'y seraient accomplis*. Il ne dit pas toutefois qu'une église ait été élevée sur le sépulcre ; il ne dit même pas qu' Amable fût enseveli dans la cité arveme. On croirait plutôt, à son récit, que le bienheureux confesseur reposait à Riom. Malgré ces circonstances, nous devons compter la sépulture de saint Amable au nombre des lieux saints de Clermont ; en effet, le livret des églises de cette ville, écrit vers 950,
1. Historia Francorumy 1. Il, c. xvi. — De gloria martyrum, c. xuv.
2. Le livret des églises de Clermont, rédigé vers 950, nous apprend que l'autel priocipal était dédié à la Vierge : «In primis, in domo matris ecclesiae est altare sanctaeNariae et sanctorum Âgricolae et Vitalis et altare sanctae Crucis, altare sancti Gerasii, altare sancti Joannis Baptistae, altare sancti Juliani martyris et altare sancti Angeli. > (Édit. Savaron, p. 10.)