De bello gothicoy 1. I, c. xii
1 Hist^ria Francorum, 1. U, c. xxxii-xxxiii.
selon lui, du pays situé au sud de la Durance (Arles excepté), appartenait aussi à la nation des Goths, et que, de plus, Alaric était son gendre*; mais ces raisons ne semblent avoir touché aucun des lecteurs érudits du savant livre de Tabbé Dubos. Nous conclurons donc contre le témoignage de Procope, en faisant observer qu'il n'est guère possible de croire cet auteur lorsqu'il parle d'un agrandissement territorial des Ostrogoths réalisé aux dépens de la Bourgogne; car son assertion, qui se rapporte autant aux Francs qu'aux Ostrogoths, n'est rien moins que confirmée en ce qui concerne les premiers*.
Nous avons parlé, quelques pages plus haut, de l' intervention de Théoderic (en 508) dans les affaires de Gaule en faveur d'Amalaric, qui était à la fois son petit-fils et l'héritier légitime du roi des Wisigoths, récemment tué à Vouillé en combattant Clovis, et nous avons dit comment le roi d'Italie gouverna jusqu'en 526 le pays soumis au rameau de la nation gothique établi depuis un siècle en Gaule et en Espagne ; nous avons rappelé également le partage qui fut effectué, en 526, entre le nouveau roi des Ostrogoths, Athalaric, et Amalaric, ce dernier abandonnant à son cousin les possessions des Wisigoths situées sur la rive gaucho du Hhône. C'est de l'étendue de ces possessions sous les successeurs de Théoderic que nous avons à nous occuper ici, et notre tâche sera singulièrement facilitée par les souscriptions des évèqucs qui prirent part aux trois conciles réunis en Provence au temps de Théoderic et d' Athalaric : le premier à Arles en 52i, le second à Carpentras en 527, et le troisième à Orange en 529.
Le concile d'Arles comprit les représentants de dix-huit évêchés ; celui de Carpentras réunissait seize prélats et adressait une lettre synodale à un dix-septième, Agrecius, l'évoque d'Antibes, qui avait négligé de s'y faire représenter alors qu'il devait fournir à l'assemblée des explications sur certaine ordination faite par
1. Histoire cntique de rétablissement de la monarchie française, édit. de 1742, t. II, p. U3.
2. Peul-èlrc cependant Procope ne s*est-il trompé qu*à demi en attribuant à l'Ostrogolh Théoderic la conduite que tint sans doute le roi wisigoth Alaric, auquel la guerre de Tan 500 semble avoir précisément fourni Toccasion de reprendre sur les Bourguignons la partie de la Provence située au sud de la Durance. (Voyez plus haut, p. 51, note t.)