‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 53 sur 597 · Voyez plus loin, cliap. n, § I · texte numérisé non relu

Voyez plus loin, cliap. n, § I

3. La possession de Fréjus par Childebert semble impliquer celle du territoire de Toulon, qui séparait la cimia^ Forojtdiensium de la civitas Massiliensium.

LES OSTROGOTHS. — US BOURGUIGNONS. fio

Carpentras, Vaison, Sistcron, Gap et Embrun. Ainsi se trouveraient justifiées les paroles de Procope sur l'égalité de chacun des trois lots que formèrent les anciennes possessions dos Goths^

La Bourgogne au commencement du vi"" siècle. — Bien que Grégoire ait eu par la famille de sa mère des relations suivies avec la Bourgogne^, ses écrits ne nous fournissent cependant que de rares renseignements sur Thistoire des Bourguignons.

Suivant VHistoria Francorum^ les Bourguignons étaient déjà établis au temps du chef franc Clodion, c'est-à-dire avant 448, dans la partie de la Gaule comprise au delà du Bhône^, et cette donnée chronologique est en accord avec la Chronique de Prosper Tyro, dont le témoignage a été parfois révoqué en doute, parce qu'elle indique Tannée 443 comme date de rétablissement des Bourguignons dans la région rhodanienne^. Mais Tévêque de

1. c Tune reges Francoruin erani lldebcrlus, Theodcberlus et Clotharius, qui Iraliitam sibi GaDiam ac pecuniand interse procujusquc regni portione diviscrunt. > {De bello GothicOy 1. I, c. xiii.)

S. 11 a paru de nos jours un certain nombre d*ouvrages sur l'histoire des Bourguignons, dans lesquels la question qui nous occupe a été étudiée plus ou moins complètement. Nous recommanderons surtout à nos lecteurs, en suivant Tordre de publication : Rogct de Belloguel, Questions bourguignonnes^ ou Mémoire critique sur l'origine et les migrations des anciens Bourguignons, et sur les divers peuples, royaumes ou contrées qui ont porté leur nom (cet ouvrage, publié en 18i7, occupe les pages 9 à 2:20 du tome 1'''' de la réimpression de Courtcpée, Description de la Bourgogne). — Roget de Relloguet, Carte du premier royaume de Bourgogne, avec un Commentaire sur leiendue et les

frontières de cet État , enh\l, In.8"de 200 pages, Dijon, i8i8.-^Carl Binding, Das

burgundisch-romanische Kônigreich {von ii^ bis 53*2). In-8S Leipzig, 1868. Le tome 1" (xv-iOi pages), comprenant l'histoire du royaume bourguignon, est seul publié jusqu'ici. — Albert jahn, Die Geschichte der Burgundionen und Burgundiens bis zum ende derl Dynastie, 2 vol. in-8, xxxiv-1120 pages. Halle, i87i.

3. .\rmentaria, mère de Tévéque de Tours, était la pctite-nilc de Grégoire, évoque de l..angres, lequel fut remplacé sur le siège épiscopal par l'un de ses fils, Tetricus, qui l'occupa de 539 à 572. Dijon était la résidence la plus ordinaire de ces deux prélats. £n outre, Ârmentaria possédait des biens sur le territoire de Cavaillon, où son fils allait la visiter {Miracula beali Martini, 1. 111, c. Lx). Grégoire séjourna à diverses reprises à Lyon, où il remplit les fonctions de diacre auprès de son grand-oncle, Tévéque Nicetius ( Vitae Patnim, c. viii, §§ 2 et 3 ; De gloria confessorum, c. lxii ; Miracula beati Juliani, c. II). On trouve encore en d'autres endroits des écrits de notre auteur (Miracula beatiMartini,],], c. xvi; De gloria martyrum, c. lxxxiv) des allusions à sa présence sur les chemins d'entre Auvergne et Bourgogne. i. Historia Francotiim, l. II, c. ix, in fine. 0. c Sabaudia Burgundionum reliquis dalur cum indigenis dividenda. i

Tours n'apporte aucune lumière sur Tétendue de la domination bourguignonne avant ]e règne de Gondebaud. Il nous apprend que, vers Tan 500, les deux rois bourguignons, Gondebaud et Godegisèle, régnaient sur les pays situés le long du Rhône et de la Saône et sur la Provence marseillaise {Massiliensis Provincia) *. Or, la Provenc(î marseillaise étant comprise dans les pays situés le long du Rhône, on doit évidemment conclure que les mots cum Massiliensi Provincia ont été employés par Grégoire pour indiquer une extension des limites du pays bourguignon, extension tout à fait momentanée, et qui, pour ce motif, avait besoin d'être particulièrement rappelée aux lecteurs de VHistoria Francorum.

Les résidences des rois bourguignons, nommées dans Grégoire, sont au nombre de trois : Genève, Vienne, Lyon. C'est dans la première de ces villes que séjournait Chilperic, l'un des prédécesseurs de Gondebaud, à une époque où les Bourguignons n'occupaient guère encore que l'ancienne Sabaiidia^, Vienne était la capitale de l'Etat bourguignon au commencement du yi'' siècle, et Godegisèle, ayant vaincu Gondebaud avec l'aide de Clovis, y vint demeurer, « comme si, dit Grégoire, il eût déjà possédé tout le royaume^»; c'est là aussi que Gondebaud, après avoir recouvré des forces, vint l'assiéger*, Lyon était évidemment la résidence adoptée par Sigismond, fils et successeur de Gondebaud, car ce prince y revint en 523, après avoir abandonné sa retraite d'Agaune, au diocèse de Sion^.

En l'absence de tout autre document, VHistoria Francorum suffirait à prouver que le royaume de Bourgogne s'étendait, dès 488, vers le nord, au moins jusqu'à Langres. En efiet, l'évêque de cette ville, Aprunculus, soupçonné par les Bourguignons de désirer la domination des Francs dont la renommée commençait à grandir en Gaule, et apprenant qu'on avait formé le dessein de le tuer, sortit nuitamment de la ville de Dijon [castrum Divio-

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