Voyez plus haut, page 102 et note
2. Le second concile d'Orléans eut lieu en 533, et, suivant le procès-verbal qui nous en a été conservé, il fut réuni, c sur les ordres des glorieux rois >, c'est-à-dire évidemincMl sur les ordres de Tliéoderic, de Childebert et de Clotaire, les trois fils survivants de Clovis. J,a présence de sujets de ces trois princes parmi les trente et un prélats qui composaient rassemblée serait donc évidente, lors même qu'on n'y remarquerait pas des évéques notoirement soumis à Théoderic (les évéques d'Autun, de Clermont, de Cahors) et à Clotaire (les évéques de Tours et de Poitiers).
Le troisième concile d'Orléans, qui fut convoqué en 538, se composait des représentants de vingt-six diocèses; mais, bien qu'il soit daté «de la 27* année du règne de Childebert >, il n'est pas permis de le considérer comme un concile spécial au royaume de Paris, car on y trouve les évéques d'Autun, de Langres, de Chalon et d'Angers, qui obéissaient alors au>roi de Metz, et celui de Tours, sujet du roi de Soissous.
On peut porter le même jugement sur le quatrième concile d'Orléans, tenu en 541, et qui, du reste, est ordinairement regardé comme un grand synode national. On remarque, en effet, en dehors d'un grand nombre d'éveques du royaume de Paris, quelques prélats du royauuK^ de Metz, et entre autres ceux de Limoges, de Clermont, de Rodez, du Gévaudan, de Chalon et de VVindisch. Cependant Richard (Analysis concUio}nim, t. I, p, 531 et suiv.) a cru prouver que le royaume de Clotaire n'y élait nullement représenté, et son sentiment a été suivi par le savant historien allemand des conciles, Mgr HéféJé {Histoire des conciles, trad. Delarc, t. 111, p. 385); mais c'est là une erreur que prouve la présence à ce concile de l'évéque de Tours, Injuriosus, que Grégoire, l'un de ses successeurs, nous fait connaître comme sujet de Clotaire V^'.
Le cinquième concile d'Orléans fut assemblé en 519, par Childebert, et il devait s'occuper, entre autres affaires, du jugement de l'évéque d'Orléans, Marc, qui avait été exilé. Néanmoins, ce concile ne fut pas seulement ouvert aux évéques du royaunie de Paris : on y voit figurer des représentants du royaume de Metz (les évoques de Trêves, de Verdun, de Toul, de Langres, d'Autun, de Chalon, de Bourges, de Limoges, de Clermont, de ilahors, etc.) et du royaurae de Soissons (les évéques de Tongres (?) et de Tours).
Le concile réuni h Paris en 551 (ou en 555), par le roi Childebert, à l'effet de pourvoir
en 549 à Orléans corrobore le fait, déjà énoncé plus haut, de la possession de Lyon par Cliildebert * .
Un concile peu connu et dont les actes sont datés, suivant les années de règne des rois Childebert et Clotaire, du l®*" février 531*^, se réunit à Eauze, sans doute, sous la présidence d'Aspasius, évêque métropolitain de' cette ville^. Cette assemblée semble n'avoir été qu'un concile provincial, puisque des neuf prélats qui le composèrent et dont le siège n'est pas indiqué par les souscriptions, six appartenaient certainement à la province ecclésiastique d'Eauze*; son intérêt pour la géographie historique réside donc surtout dans la formule employée pour la date de ses actes et qui suppose la possession de la Novempopulanie par Childebert et Clotaire, à l'exclusion du roi de Metz, qui, cependant, possédait Eauze en 535.
au siège épiscopal de Paris, dont le titulaire venait d*étre déposé, complait aussi au nombre de ses assistants des prélats étrangers au royaume de Paris, comme le prouvent les souscriptions des évoques de Trêves, de Langres et de Chalon.
Le cinquième concile d'Arles, dont le procès-verbal est daté de la 43' année du règne de Childebert (55 i), fut présidé par Tévêque d'Arles, Sapaudus. Il se composait de la l)lupart des prélats de la province d'Arles, à laquelle étaient jointes les deux anciennes provinces romaines dont Aix et Embrun étaient les métropoles, et il doit être par conséquent regardé comme un concile provincial. Si l'on excepte les diocèses de Viviers et de Die, la province d'Arles correspondait alors au pays cédé en 537 aux rois francs par les Oslrogoths, et que ses nouveaux maîtres se partagèrent alors.
Le deuxième concile de Paris, de 557, dont le procès-verbal est daté suivant les années du règne de Childebert, était composé de quinze évéques seulement; mais la présence de Tévèque de Tours, Euphronius, qui venait d'être promu à l'épiscopat par le roi de Soissons, ne permet pas encore d'y voir un concile spécial au royaume de Childebert.
1. H y est question de l'hôpital (xenodochium) fondé à Lyon par Childebert et par la reine Ultrogolhe, sa femme.
ÎL, < Facta institutio kalendas februarii, anno XL regni domni nostii HildeberUii et lllotharii régis. >
3. Le texte de ce concile n'a encore été imprimé que deux fois. La première édition a été donnée en i7Ci3 à Ferrare par Eusèbe Amort xlans ses Elenienta juris canonici veteris et moderni (t. I, p. 355-357), d'après un manuscrit du \m* siècle appartenant alors au chapitre de Diess et dans lequel ce concile porte le titre fautif de Concilium Arelatense que l'éditeur a reproduit sans commentaire. De nos jours, un savant allemand, le docteur Friedrich, a réimprimé ce texte, qu'il croyait inédit; mais, sa méprise ayant été signalée par M. Maassen, il a retiré son édition du commerce (voyez à ce sujet le compte rendu de V Histoire des conciles de Mgr Hêfêlé, publié dans la Reoue historique (t. I'^'", p. 5Ui): c'est à l'auteur de cet arlirle, M. Paul Viollet, que nous devons communication du livre dWmorl, qui n'existe dans aucune des bibliolhè(|ues ])ubliques de Paris.
4. Nous ne croyons pas iimtile de reproduire ici les souscriptions de ce concile, en ajoutant entre crochets les noms des sièges épiscopaux des prélats connus par leur présence à d'autres synodes de la même époque : c Conditione subscripsi in Dei nomine,
ROYAUME DE CHILDEDEUT K il3
Les documents diplomatiques du règne de Childebert, de leur coté, nous permettent d'ajouter quelques indications à celles que nous avons déjà recu(îillies sur l'étendue des Etats de ce priuce. Ce sont d'abord plusieurs diplômes royaux relatifs au monastère d'Auillc, aujourd'hui Saint-Calais*, confirmant le fait déjà connu de la domination du troisième fils de Clovis sur le Maine. Un autre diplôme, par lequel Childebert accorda en 5o8 à l'église de Paris diverses propriétés sises dans le Melunais, le pays de Fréjus et à Marseille-, nous permet de ranger la civitas Forojuliensium et la civitas Massiliensium au nombre des villes que le partage de la Provence cédée par les Ostrogoths en 537 annexa au royaume de Paris.
Les documents épistolaires fournissent aussi leur contingent de faits intéressants. Nous citerons d'abord une lettre de Léon, cvêque de Sens (538), qui révèle le fait curieux du partage de la civitas Senonum entre le royaume de Metz, dont (dépendait Sens, et le royaume de Paris, auquel Melun était uni^. Trois lettres du pape Vigile (540 et 550) nous présentent, d'autre part, révoque d'Arles comme un sujet de Childebert *.
Aspa>ius, \Ela$anus\ rpiscopus, iiislituliones supni srriplas condiliones subsiripsi. — Julianus, peccator, [Biijorvensis episcopus], subscripsi. — Pioculeiauus, fi-l^.sr/^H.^îisl episcopus, s. — liiherius, [Aquensis\ episcopus, s. — Theoiloriis, \Comoranncnsi$\ episcopus, s. — Amelius, [Convencmis] episcopus, s. — Eus'jpius, episcopus, s. — Marinus, episcopus, s. — Flavius, iii Clirisli noinine pres])ytcr, ad vicem domine mei TUomasi episcopi, subscripsi.
J. Bréquigny (Diplomata, chavtaey etc., t. I, p. xiv-xv) monlre que la date de ces pièces a été tout au moins corrigtlc d'une manière faulive.
2. € Donanuis ad sanclam matrem ecclesiam Parisiacam, ubi ipsc domnus Gernianus praecise videtur, hoc est ipsam villam Cellas nominatam, ubi sanilatem recuperavimus,
silam in page Melidunense, super alvcum Sequanae, ubi Jona illani ingreditur Sed
et ipse donmus pontifex pelivit nobis iu Provincia locellum nostrum in pago Furidrense,
oui vocabulum est Cella quod nos, pro merce«lis noslrae augmenlo, concedimus et
coudonaDius Condonamus eliam salinas, et in Massilia cum aedificio quod super est
aedificalum , matri ecclesiae Parisiacae. » (Pardessus, Diplomala, chartae, etc., t. l",
p. 11G-117.) C'est par erreur que le diplôme dont nous venons de donner un extrait, est daté de la xvii* année du règne de Childebert, c'est-à-dire de 548, dans le Cariulaire de Notre-Dame de Paris (t. l*^"", p. 27G;, et il est étrange que celte date ait été reproduite dans le tome I" des Diplomata Imper ii (p. 5-G), publié en 187iJ par M. G.-II. Pertz, puisque la Provence ne fut cédée aux Francs qu'en 537, et quii saint Germain, qui figure ici comme évéque de Paris, ne monta sur le siège èpiscopal f^'en 555 seulement.
3. Ruinart, S. CMi^cgorii episcopi Turoneusis opéra omn/tf, col. 13^28.
i. Les deux premières de ces lettres sont relatives à Aurélien, évèqae d'Arles, auquel le pape accorde le palUum ei le ncariat, à la prière de Childebert ; la seconde
il l LA GALLE AL SLMÈME SIÈCLE.
Si, après avoir épuisé les diverses séries de documents cou— teiJij>oraiiJs , nous interrogeons les traditions ecclésiastiques', celles-ci nous signalent BeauA^ais comme Tune des cités du premier roi de Paris, à qui la fondation de l'abbaye de Saint- Lucien est attribuée par Tobituaire de ce monastère *.
On peut, en résumant les indications qui précèdent, constater que le royaume de Paris, augmenté de la part que Childebert reçut des Etats de Clodomir, du royaume de Bourgogne et de la Provence, formait, après 537, au moins quatre groupes isolés et que la capitale de ce royaume se rattachait au plus considérable des quatre groupes.
Le premier groupe, limité au nord par la Canche qui séparait le territoire de Thérouanne, appartenant évidemment à Clotaire, de celui d'Amiens, n'atteignait pas la Loire dems la partie inférieure de son cours, car ni Angers ni Tours n'en faisaient partie ; mais il s'étendait au delà de ce fleuve, au sud d'Orléans, en comprenant le territoire de celte ville. A Test, les cités d'Amiens, de Beauvais, de Meaux et les pays de Alelun et du Gàtinais (démembrés de la cité de Sens), limitaient le royaume de Paris contigu de ce coté aux royaumes de Soissons et de Metz.
L'existence du second groupe nous est attestée par le lien qui rattachait Bordeaux et Saintes au royaume de Childebert. Ce groupe comprenait en outre la partie de la Novempopulanie que possédait le roi de Paris.
Le troisième groupe était formé du lot qui fut attribué à Childebert lors du partage de la Bourgogne ; c'est-à-dire de Lyon et de sou vaste territoire, et très-probablement des cités de Màcou, Genève et Tarentaise^. •
Le quatrième groupe comprenait les cités que le partage de la Proveuc(î, eu o37, Luiit aux États du roi de Paris, et qui paraissent avoir été au nombre de sept : Arles, Marseille et
Fréjus, indiquées par les documents contemporains comme
est adressée à ce même prélat, qui devra engager le roi de Paiis à recommander rhonneur de la religion et les iuléréls deTÉglise de Uome au roi des Ostrogoths. (Sirmond, Concilia antiqua Galliae, t. I, p. ^74, 275 et 287.)
i. De Foy, Notice des diplômes relatifs à Vhistoire de France, i* I", p. 4i.
% Voyez plus haut, pacjt^s 80, 81.