‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 89 sur 597 · Ibid., 1. IV, c. XIX · texte numérisé non relu

Ibid., 1. IV, c. XIX

5. C*est à Athis, en Vermandois, que Clotaire ût élever Radegonde, princesse thuringienne, qu'il épousa depuis : c Quae veniens in sortem praecelsi régis Chlotharii in Yeroma[n]densein ducta Âtteias, in villa regia, nutriendi causa custodibus est deputala. > {Yiia S. Radegundis, 1. I, c. ii, apud Mabillon, Acta SS. ordinis Ben., saec. I, p. 320.) — Ce texte réfute victorieusement, ce semble, l'argument que le chanoine Fenel tire de la Vie de saint Médard, pour établir que le diocèse de Noyon n'obéissait pas à Clotaire : c Deux témoignages tirés des historiens de saint Médard, dit-il, nous prouvent que Clotaire, ayant passe hostilement la Somme, ravagea toute celte contrée jusqu'à Noyon, et, par conséquent, il fallait qu'elle appartint à Childehert. » {Dissertation sur la conquête de la Bourgogne, p. 72.)

toire duquel était comprise la ville royale de Vitry S au nombre des cités appartenant au roi de Soissous. La possession de Poitiers par Clotaire, qu'atteste le même ouvrage*, nous est en outre confirmée par la Vie de saint Junien^. On peut aussi tirer de la Vie de saint Médard la conviction que Tournai faisait partie du même x^oyaume*. Eufin, la Vie de sainte Consortia nous apprend que Clotaire avait également des possessions eu Provence vers la vallée de la Durancc, mais il est à peu près certain que Tévénement à propos -duquel il est fait allusion à son pouvoir sur ce pays se rapporte aux dernières années de son règne ^.

Une chronique franque écrite vers Tan 720, les Gesta recjum Francorum^ renferme une indication dont le géographe historien peut être tenté de se servir pour établir la composition de la partie septentrionale des Etats du roi de Soissons. Il y est dit que Childebert et Théodebert marchèrent avec une armée contre

1. Peu (le temps avant son mariage avec Clotaîre,^Radegon(ie quitta la résidence d'Athies pour celle de Viciuriacus, dont Tideutilé avec sa villa royale de Victoriacus, où Sigebert fut assassiné en 575, n*est pas douteuse : « Quam cum praeparatis expensis Victoriaci voluisset rox praedictus accipere, pcr Beralcham ai) Âtteias nocte cum paucis elapsa est.» {Vita S. Radegundis, 1. I, c. in.)

2. Radegonde, ayant quitté la cour en 5ii, vint résider dans la villa de Sais, en Poitou, que lui avait donnée son royal époux : « Poslquam opérante divina potenlia a rcge terreno disccssit, quod sua vola poscebant, dum Suaedas in villa, quam ci rex dederat, resideret, in primo anno conversionis suae... » {Vita S. Radegundis^ 1. il, c. m.) Cf. le livre I, chap. xv, où la situation de Sais est parfaitement déterminée : < In villa quae Suaedas Pictavo territorio juxta praedictum vicum Condatensem. » Il s'agit ici de Candes {Condatc) en Touraine. Depuis, la bienbeureuse fit construire, avec l'assentiment du roi Clotaire, un monastère à Poitiers. [Vita S. Radeg., 1. H, c. v.)

3. l^a Vie de saint Junien, écrite au temps de Louis le Pieux, rapporte que le bienheureux abbé, accusé devant le roi Clotaire, fui mandé par ce prince qui, voyageant alors en Aquitaine, se trouvait dans son domaine de Gavarciacmn, aujourd'hui Javarzay (I)eux-Sùvrcs, commune de Bougon), Vila sancii Juniani, c. viil, apud Mabillon, Acla SS. ord. S. Ben., saec. I, p. 311.)

4. Les divers biographes de saint Médard {Acta sanctorum, t. Il junii, p. 72) sont d'accord pour reconnaître qu'il occupa en même temps le siège épiscopal de Noyon et celui de Tournai, ce qui prouve à Tévidence que Tournai obéissait au même souverain que Nyon.

5. Consortia, qui demeurait sur le territoire d'Aix, vers la Durancj, vint un jour auprès du roi Clotaire, afin d'obtenir de lui des lettres de protection qui lui permissent de vivre en toute sécurité dans le royaume de ce prince, où étaient apparemment situés les établissements pieux qu'elle avait fondés {Vita sanctae Consortiae, c. xii, apud Mabillon, saec. I, p. 250). Selon l'hagiograplie, ce voyage eut lieu dans les dernières années du règne de Clotaire, puisque, immédiatement après, il écrit : < Non post niultos dies, mortuo rcge Chlolhario... j {Ibid., c. xv.)

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