MURET
Muret, chef-lieu d'arrondissement, peuplé de 4,130 habitants , est, par sa population , la sixième commune de la Haute -Garonne. La ville est située à 20 kilomètres de Toulouse , dans une plaine sans caractère , dépourvue d'ombragps, sur la rive g:iuchede la Garonne, au confluent de la Louge, qui forme une petite presqu'île polygonale, noyau primitif autour duquel se sont étendus les faubourgs modernes le long de la route des Pyrénées.
Muret est une vieille ville agricole qui a été, pendant f)lusieurs siècles, la capitale de fait du comté de Comminges et la résidence des seigneurs.
Un événement mémorable en a rendu le nom historique :
Pendant la guerre des Albigeois , la ville de Muret était entre les mains des barons de France, lorsque le roi Pierre d'Aragon, allié des méridionaux, vint y mettre le siège dans les premiers jours de septembre 1213. Le comte de Toulouse, averti de cette opération , réunit les milices communales et vint, avec les comtes de Foix et de Comminges, se réu-
nir à l'armée assiégeante. Le H septembre, Simon de Montfort, avec ses croisés, se jeta dans la place et repoussa un premier assaut; le lendemain , il sortit de Muret par la porte méridionale, la porte de Salies, caché deri'ière les masses d'arbres qui garnissaient les bords de la Loui^î; puis, par un brusque mouvement de conversion , il coui'ut sur le camp des Albigeois, où répouvante fut extrême. Le comte de Foix et ses Catalans supportèrent le premier choc. Le roi d'Aragon combattit très-bravement de sa personne et se lit tuer. Sa mort décida de la victoire. Les comtes de Toulouse, de Comminges et de Foix prirent la fuite. Les Toulousains, campés dans la plaine, près de l'embouchure de la Louge, furent balayés par la cavalerie féodale. Le plus grand massacre se lit dans la plaine de Jolli'ery, k"} kilomètres au nord de Muret, entre le chemin de fer et la Garonne, à peu prés vis-à-vis le promontoire de Saubens. Un grand nombre de fuyards furent noyés dans la l'ivière.
Guillaume de Puylaurens évalue à 15,000 hommes le nombi-e des Albigeois demeurés sur le champ de bataille. Pierre des Vaulx-de- Cernay élève ce chilTr(^ à -20,000.
La surprise de Muret fut un fait décisif dans la croisade et ])récipita la défaite généi'ale des inéi'idiouaux.
Des filatures de laine, des fabriques d(> grosses draperies, de faïence blanche et des tanneries sont aujourd'hui les principaux établissements industriels de Muret.
MONTESQUIEU-VOLVESTRE.
Montesquieu-Volvestre, septième commune du département par le chiffre de sa population, qui s'élève à 4,119 habitant, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Muret, est situé à 53 kilomètres de Toulouse, dans la vallée de la Ilize , sur la route de Toulouse à Saint-Girons. Ce petit centre agricole occupe un des territoires les plus fertiles du département.
CINTEGABELLE,
Cintegabelle, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Muret, est la huitième commune de la Haute-Garonne (4,099 habitants). La ville est située sur la rive droite de l'Ariége, à 40 kilomètres de Toulouse, et reliée à la rive gauche par un ancien pont en brique à six arches , œuvre dos états de Languedoc. L'église, surmontée d'une llèclie aiguë, renferme l'orgue, l'autel, et quatre tableaux du peintre toulousain Des\)dX j V Annonciation j la Présentation, la Visitation, V Adorât ion des bergers, qui proviennent de l'abbaye de Buulbonne, rebâtie au dix-huitième siècle dans le triangle verdoyant de Tramesaygues , au confluent de l'Ariége et de l'IIers.
La ville est dominée par un monticule aujourd'hui [)lanté et couronné d'un calvaire, d'où l'œil embrasse un beau panorarta de la vallée de l'Ariége, terminé à l'horizon par les
Pyrénées du pays (1«^ Foix. Ce niarrfelon isolé était autrefois Vassiette d'un château forlilié qui fut attaqué par les Anglais au commencement du quinzième siècle. En 1438, un de leurs aventuriers, Bernard de Béarn, s'y retrancha et en lit un (juartier général d'où il ravageait impunément la contrée. Los états de la province furent obligés de racheter aux routiers leur conquête au prix de 2,000 écus d'or.
MONTRÉJEAU.
Monlréjeau, neuvième commune du département (3,686 habitants), chef-lieu de canton de l'arrondissement de Saint-Gaudens , est situé à 103 kilomètres de Toulouse, à l'extrémité orientale des plateaux de Lannemezan , sur un belvédère naturel dominant le bassin de la Garonne, au-dessus du confluent de la Neste.
Le chemin de fer de Toulouse à Bayonne passe dans la plaine au bas de la ville.
Le nom de Montréjeau est une traduction gasconne du latin mans rcgalis , mont royal ; dans tous les anciens documents français, la ville est appelée Montréal-de-Rivière.
Montréjeau participe, pendant la saison des eaux , du mouvement qui anime et transforme toute la ligne des Pyrénées. Le voisinage de l'Espagne «n fait d'ailleurs un centre commercial im[)Oi'lant.
Le commerce y a principalement pour objet les grains , les bestiaux , les mulets , la pelle-
terie, les bois de construction; Tindustrie, les bougies, les tricots, la tannerie.
AUTERIVE.
Aiiterive, dixième commune du département (3,507 habitants), est située à 33 kilomètres de Toulouse, sur la rive droite de rAriége, et occupe une terrasse élevée qui domine d'environ '20 mètres le lit de la rivière.
Cette commune, se trouvant heureusement placée au débouché du Lauragais et du Lézadois , au milieu d'un territoire extrêmement fertile , est un centre très-actif de transactions agricoles. Les marchés et les foires d'Auterive sont en grande réputation dans le pays. Fabrique de draps pour l'habillement des troupes.
Auterive a été incendiée en 1511 par Simon de Montfort , pendant la campagne des croisés contre le comte de Foix , et prise en 1574 par les sieurs de Montagut et de Calmont, capitaines réformés , à l'époque des querelles religieuses.
Les territoires voisins d'Auterive conservent des traces de centres d'habitation antiques. Il y a été retrouvé k diverses époques des amphores en terre cuite, dontquelcjues-unes sont actuellement déposées au musée de Toulouse.
DAGNÉRES-DE-LUCriON.
Bagnères-de-Luchon, qui, par sa population sédentaire (3,594 habitants) , n'est que la on-
zième commune de la Haute-Garonne avec rang de chef -lieu de canton de rarrondissoment de Saint-Gaudons, est, en réalité, la métropole des Pyrénées centrales pendant toute la saison des eaux.
La prospérité de cette station thermale est toute récente. Les nombreux monuments votifs consacrés aux nymphes par les populations gallo-romaines, ont révélé sans doute une origine trés-reculée; niais , pendant le moyen âge tout entier, l'exploitation des sources fut extrêmement réduite, les guerres fréquentes, le mauvais état des chemins et la désolation du pays écartant les malades. Dans la seconde moitié du dix-septième siècle , les baigneurs n'y trouvaient qu'une misérable grange en planches et quelques cabanes pour se loger. Le bienfaiteur de la ville et de toute la vallée de Ludion a été M. d'Etigny, intendant de la généralité d'Auch. C'est luiqui, s'intéressant, ea •1754-, aux eaux de Luclion , en lit faire l'analyse par Bayen et Richard , traça la première route de Montréjeau à Luchon, celle de Luchon à Bigorre par le col de Peyrcsourde, et la belle avenue des bains, à laquelle il a laissé son nom. Bagnères est située dans une vallée charmante, au conlluent de la Pique et de l'Onne , à 135 kilomètres de Toulouse, entourée de sites célèbres (forêts, ports, lacs, cascades). Le nouvel établissement thermal a été com- ]nencé en 184S, et construit par MM. François • t Chambert. C'est dans une des salles du nalais des Thermes qu'est déposé le plan en relief
des Pyrénées de la Haute-Garonne, par M. Lézat, reproduction fidèle et minutieuse de la physionomie des montagnes.
L'établissement du chemin de fer pyrénéen, qui vient déposer aujourd'hui les voyageurs au pied des collines de Montréjeau , a considérablement augmenté la population étrangère de Luchon pendant la saison d'été. Cette colonie de baigneurs ne pourra que s'accroître encore lorsque l'embranchement, aujourd'hui concédé, de Montréjeau à Luchon , rattachera directement la riante vallée de la Pique au réseau des chemins de fer français.
VILLEFRANCHE-DE-LAURAGAIS.
Villefranche-de-Lauragais, chef-lieu d'arrondissement, n'est pourtant, par sa population, que la douzième commune de la Haute-Garonne (2,865 habitants). Elle est située à 36 kilomètres de Toulouse, au milieu d'un pays fertile , mais d'aspect monotone , et se compose d'une longue rue étalée au bord de la route de Toulouse à Narbonne.
Villefranche est un centre principalement agricole, dont l'origine remonte à la fin du treizième siècle. Elle doit sa fondation au comte Alphonse de France , frère de saint Louis, qui l'édifia dans le voisinage du bourg de Saint- Rome.
Villefranche a été prise et brûlée en 1357 par les Anglais , sous les ordres du prince de Galles, ainsi que les lieux voisins : Montgis-
card, Baziége, Avignonet, Mas-Saintes-Puelles. Il se fuit à VillelVanche un très-grand commerce de céréalos. Les princi|)alos manufactures sont des fabriques de toiles à voile , de bonneterie , de couvertures de laine, de potel'ies et des tanneries.