SAINT-BERTRAND-DE-COMMINGES
Saint-Bertrand est, après Toulouse, la ville antique la plus considérable de la Haute-Garonne. La fondation en est attribuée à Pompée , qui , au retour de sa campagne contre Sertorius , y aurait transporté de force les vagabondes populations ibériennes du versant méridional des Pyrénées, et les aurait contraintes à y vivre en corps de cité. Cette ville est désignée, dans les anciens itinéraires et dans les auteurs, sous le nom deLugdumimoii civitas Convenariim. La ville occupe un mamelon isolé sur la rive gauche de la Garonne , dominant un bassin d'une admirable végétation. Tout autour, dans la plaine , le sol a donné , à diverses époques , u mnombrables vestiges d'architecture romaine, bas-reliefs, figures, inscriptions, mosaïques. Quelques-uns de ces monuments sont déposés dans le musée de Toulouse.
La cité de Comminges était reliée par trois principales voies aux cités de Toulouse, Dax
et Agen. Elle fut un dos sièges épiscopaux les plus anciens de la Gaule.
En 584, un fils déshérité de Clolaire, proclanié l'oi d\V([uil;iine , vint se fortifier dans Lugdununi poui' éeliapper à Léowigilde, général de Contran , roi d'Orléans, qui mit le siège devant la place. Li- i,énéral i^alio-romain Munimolus y commandait. Séduit par les émissaires du roi d'Orléans, il consentit à trahir son maitre. Quel(|ues officiers de haut rang persuadèrent à Gondebaud de se rendre , lui promellant la vie sauve. Le roi d'Aquitaine se laissa conduire à Tune des portes de la ville. Comme il s'avançait au bord de le plate-forme, le Comte de Boui'ges , Ollon , le renversa ; on lui Passa la tête d'un coup de pierre, puis on le précipita dans Tabime du haut du l'ocher de Mdlacaii.
Le lendemnin, la vi!le fut prise et incendiée; on égorgea tous les habitants, et, suivant l'expression de Grégoire de Tours, on ne laissa qu»; la terre vid»;.
L'emplacement de cette ville , autrefois populeuse et florissante , demeura longtemps abandonne.
Au commencement du douzième siècle, Tèvéque Bertrand de L'Ish^-en-Jourdain, canonisé pai* le pape Clément \' et vénéré sous le nom de saint Bertrand , voulut rétablir le siège épiscopal deComminges et y ramena des habitants. La nouvelle cathédrale fut bâtie par un de ses successeurs, Herlrand de Got, plus tard pape >ous le nom de Clément V. Elle a été richement
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décorée de boiseries, au seizième siècle, par un autre évêque, Jean de Mauléon.
Depuis sa résurrection , la cité de Comminges n'a été, jusqu'à la Révolution de 1789, qu'une ville ecclésiastique, occupée par les chanoines du chapitre et pai' un petit nombre de familles. La suppression de l'évêché de Comminges, consommée lors de la nouvelle organisation diocésaine, a réduit encore le rôle de Saint- Bertrand. Grâce à son cloître et à sa cathédrale, peuplée de tombeaux et d'inscriptions , la vieille ville commingeoise est aujourd'hui un pèlerinage archéologique très-fréquenté par les baigneurs de Luchon.
RIELX.
Rieux occuj)e , dans la vallée de la Rize , à 4-7 kilomètres de Toulouse, une pelite presqu'île verdoyante découpée par cette rivière, l'ne église à clocher octogono m pierre et brique, nippelant celui des Jacobins de Toulouse, un pont ogival à trois arches surmonté d'une ch:ipelle, et une anci' nne porte de ville, bâtie, en 1G08, par M. de Bertier, en sont les seuls monuments.
L'évêché de Rieux a été érigé par le pape Jeun XXII, en 1317, et le diocèse formé d'un démembrement du diocèse de Toulouse. Ce diocèse s'étendait du sud au nord entre Mauzac et la tour d'Ausseing, et de l'est à l'ouest, entre Saverdun-sur-rAriége et Le Puy-de-Tougès , dans la vallée du Touch.
MLLES ET LIEUX NOTABLES. llo
Le siège épiscopal de Rieux a été occupé, outre autres prélats, par un dos plus doctes érudits du seizième siècle, révèijue Jean de Pins, issu d'une famille toulousaine. La nouvelle ori,'anisation diocésaine a supprimé révéehé de Rieux. La villo avait obtenn le rang de chef-lieu de district lors de la formation du dèpai'tement. Elle n'est plus aujourd'hui qu'un chef-lieu de canton de 2,546 habitants.