HOSPITALIERS
Les Hospitaliers , dont la première institution remonte à 1099 et la fondation régulière à 1104, dilTéraient complètement par leur principe du corps féodal et militaire des Templiers. Ce fut d'aboi'd une association de pèlerins et de marchands ; plus tard Tinstitulion se modifia , devint guerrière et imposa des obligations de noblesse. Les Hospitaliers ou Chevaliers de Saint-Jean ont été tour à tour établis à Jérusalem, Margat, Acre, à Limisson dans Tile de Chypre, juscjuVn 1310, depuis 1310 jusqu'à îr)2'> à Rhodes, où ils prirent le nom de Cfieraliers de R/jodes ; en 152'2 à Viterbe , en 1530 à Malle , (jui leur fut donnée par Charles- Quint et dont rOrdrc a conservé le nom jusqu'à nos jours.
Les établissements des Chevaliers de Saint- Jean dans le teri'itoii'e de la Haute-(îai'onne sont extrêmement nonibi'cux. L'hùtel Saint- Jean , à Toulouse , continu à Téglise de la Dalbade , était le chef-liou d unt' province hospitalière, désignée sous le nom de grand prieuré de Toulouse.
C'est au grand prieuré (|Ut» furent rattachés, au quatorzième siècle, les domaines conlisipiés sur les Templiers. Les dépendances immédiates , formant l'apanage particulier du grand
prieur de Toulouse s'appelaient les trois chambres prieurales de Toulouse , Boudrac et Fronton.
Les chefs-lieux de commanderie et la subordination relative des diverses dépendances ont plusieurs fois varié, et le détail de ces changements d'attributions nécessiterait des développements historiques qui ne peuvent ti'ouver place dans ce travail ; nous nous contenterons de mentionner les principaux établissements.
Boudrac (canton de Montréjeau), formait une des trois chambres prieurales du grand prieuré. Les Hospitaliers y possédaient près de l'église une tour carrée qui fut démolie pendant les guerres du seizième siècle. A cette commanderie se rattachaient les possessions de Tordre de Saint-Jean dans les vallées de Luchon et d'Aure , les maisons de Lourdes, Luz, Gèdre, Gavarnie , et, dans les territoires plus voisins, celles d\igos, Cambernard^Cornebarrieu^ Frouzins et Saint-Lys.
Burgaud (canton de Grenade), commanderie connue par les titres dès Tannée 11*23. Les principales dépendances en étaient Drudas , Escanecrabe^ Pelleporl, Sniut-Micliel.
Caicjnac (canton de Nailloux), dans les plateaux du Lauragais. Cette ancienne commanderie (113G) absorba, au seizième siècle, ce qui survécut d'un autre établissement hospitalifi de date ti'ès-reculée , siluè dans la plaine (l< Boulbonnc et connu sous le nom de Sainf- Jean-del-Tor. Parmi les autres dépendances nou>
signalerons Canens , CintcgabeUe , Gardoucli , Monestrol^ Montgcard , Mont<jiscard, yaiUoux^ Pinsagucl y dans le cK'pai'lenuMit et hors <lu département: Audinac et Saverdun (Ariége), Guitalens (Tarn). L'église de Montgeard conserve encore sa haute tour carrée et quelques vestiges de fortification.^.
Fronton, entre le Girou et le Tarn; baronnie rattachée au grand prieuré de Toulouse, et dont les dépendances s'étalaient sur le versant du Tarn. Verlhaguet, Nohic, Magnanac , Orgueil, Keyniés. Le château seigneurial de rOrdre, détruit pendant les guerres du seizième siècle, s'appelait la maison pj'ieui'ale de Fronton. Au commandeur appartenait le droit de passage sur le Tai'n depuis Labastide jusqu'à Mllebrumiei" ( Tarn-et-Garonnc ) , sous l'obligation d'entretenir îf Orgueil deux bateaux, la nef ei le hac , pour les piétons et les charrettes.
Garidech (canton de Monlaslrue). Les l'evenus de cette commanderie étaient allVctés ù l'entretien d'un hôpital pour les pèlerins, fondé dans les anciens bâtiments du Temple à Toulouse. Pi'inci|)ales dépendances : Labnrthe , Monlaslrue , Monlpilol.
Montfidunès (canton de Salies), rive droite de la Garonne ; très-ancien établissement des Templiers, (jui donnèrent une charte à la commune le 5 avril l'JSS, passé plus tard aux Chevaliers de Saint-Jean. Les dépendances pi-incipales d<; la commanderie de Montsaunés étaient : Arbon j Ausseinfj , C'^issuyuc, Fûjarol , La/'/lItc-
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Toupière j Marignac , Mazères , Palamiîuj , Saint-Cirac près Saint-Julion , Saint-Gaudens , Salles , Soiicichj Valentine; dans l'Ariége, Saverdun.
Poucharramet (cardon de Rieumos) , commanderie établie en 110^ par donation d'Aimery de Muret, confirmée , en 1168, par son fds, qui accorda aux Hospitaliers le labour de quatre paires de bœufs et les hommes et femmes de Poucharramet. En 1202, le comte Bernard de Comminges accorda aux Hospitaliers de Poucharramet le droit de pacage dans toutes les terres du comté. Cette maison a porté , jiendant quelque temps , le nom de Poucharramet et d'Aure , parce que les fiefs des Pyrénées y avaient été réunis : Bagnères de-Luchon et Juzet.
Renueville (canton de Yillefranche) , conimanderie connue par les titres dès Tannée 1100. Les principales dépendances en étaient : Avignonet j Fonsorbcs , fiardoitch, Marqiœfave . NaiUoux , Saint-Sulpice-dc-Lézat, Villcfrancfiedc-Lauragais j et, hors du département, Arfons (Tarn).
Quelques autres commanderies, situées hors de la Haule-Garonne, ont compté , parmi leurs dépendances , des lieux qui aj^jtartiennent à ce déparlement. Nous citerons celles d'Argontins (L()l-el-(îaronne), d'où relevaient Agassac et Bâchas; de Uaissac (Tarn) , Bnqucserrière , et de Douzens (Aude), Monigeard.