‹ Géographie de la République ArgentineChapitre 13 sur 119 · DESCRIPTION PHYSIQUE DE LA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION PHYSIQUE DE LA RÉPUBLIQUE

OROGRAPHIE ET HYDROGRAPHIE

La République Argentine est bornée à l’ouest et au sud par le Chili, au nord par la Bolivie, le Paraguay et le Brésil; à l’est par le Brésil et l’Uruguay. Sa surface totale est de 2.894.257 kilomètres carrés. Ses limites terrestres s’étendent a l’ouest sur une longueur de 4.800 kilomètres, celles du nord mesurent 1.600 kilomètres ; ses limites fluviales de l’est occupent 1.200 kilomètres et ses côtes, à l'embouchure du rio de la Plata et sur l’océan Atlantique, 2.600 kilomètres, ce qui donne aux limites une extension totale de 10.200 kilomètres environ.

Les limites qui séparent au sud et à l’ouest la République Argentine du Chili ont été définitivement établies par la loi

du 11 octobre 1881, approuvée par le traité conclu avec ce dernier pays1. Dans le nord, au point de contact de la pro-

1. Ce traité a eu pour négociateur argentin le Dr Don Bernardo Irigoyen ; ses articles essentiels établissent ce qui suit :

Article premier. — La limite entre la République Argentine et le Chili est, du Nord au Sud, jusqu'au 52° parallèle de latitude, la Cordillère des Andes. La ligne frontière, dans toute cette étendue, suivra, dans lesdites cordillères, les cimes les plus élevées qui partagent les eaux, et passera entre les versants qui s’étendent de chaque côté. Les difficultés que pourrait susciter l’existence de certaines vallées formées par la bifurcation de la Cordillère où la ligne de partage des eaux cesserait d’être claire et précise, seront résolues à l'amiable par deux experts nommés respectivement par chacune des deux parties. Si lesdits experts n’arrivaient pas à se mettre d’accord, un troisième expert nommé par les deux gouvernements sera appelé à décider. Il sera dressé un acte, en double exemplaire, des opérations effectuées ; cet acte sera signé par les deux experts dans les points sur lesquels ils se seront mis d’accord, et en outre, par le troisième expert, dans les points qu'il aura résolus. Cet acte produira plein effet aussitôt qu’il sera signé par eux et il sera considéré comme ferme et valable, sans qu’il soit besoin d’autres formalités ou tramitalions. Un exemplaire de l’acte sera présenté à chacun des deux gouvernements.

Art. 2. — Dans la partie australe du continent, et au nord du détroit de Magellan, la limite entre les deux pays sera une ligne, qui, partant de la Pointe Dungeness, se prolongera par terre jusqu’au Mont Dinero ; de là, elle se continuera à l’Ouest en suivant les plus grandes élévations de la chaîne de collines qui se trouve dans ces parages, jusqu’au sommet du Mont Aymond. A partir de ce point, la ligne sera prolongée jusqu'à l’intersection du méridien 70 et du 52e parallèle de latitude, pour continuer ensuite vers l’Ouest, en coïncidant avec ce parallèle jusqu’au divortium aquarum des Andes. Les territoires situés au nord de cette ligne appartiennent à la République Argentine ; ceux qui sont situés au sud appartiennent au Chili, sans préjudice des dispositions de l’article 3 en ce qui concerne la Terre de Feu et les îles adjacentes.

Art. 3. — Dans la Terre de Feu, on tracera une ligne qui, parlant du point nommé cap du Saint-Esprit (Cabo del Espiritu Santo) par 52o40f de latitude, sera prolongée vers le sud en coïncidant avec le méridien 68°34' à l’ouest de Greenwich, jusqu’à ce qu’elle atteigne le canal de Bcagle. La Terre de-Feu, ainsi divisée, sera chilienne dans sa partie occidentale, et argentine dans sa partie orientale. Quant aux îles, la République Argentine possédera YUe des États (Isla de los Estados) et les îlots qui s’en rapprochent, ainsi que les autres îles de l'océan Atlantique, à l’est de Ta Terre de Feu et des côtes orientales de la Patagonie. Le Chili possédera toutes les îles situées au sud du canal de Beagle jusqu’au cap ITorn, et celles qui se trouveront à l’ouest de la Terre de Feu.

OROGRAPHIE ET HYDROGRAPHIE

vince-de Jujuy avec la Bolivie, la limite acceptée suit le '22e degré de latitude sud, jusqu’au fleuve Pilcomayo, puis les fleuves Paraguay, Parana et Iguazu. Entre riguazu et l’Uruguay, fonctionne actuellement, à l'est, une commission mixte argentine et brésilienne, chargée de fixer les limites qui séparent le Brésil des missions argentines. Les autres limites, à l'est, sont le fleuve Uruguay , la rive droite du fleuve delà Plata, et la côte de l’océan Atlantique.

La partie centrale de la République, la plus peuplée et la mieux cultivée, s’étend entre la Cordillère des Andes à l’ouest, les fleuves Parana et de la Plata à l’est ; elle forme une vaste plaine légèrement inclinée du nord-ouest au sud-est, à peine interrompue par quelques dépressions du terrain, comme la grande saline qui s’étend en une bande le long de la ligne de démarcation des provinces de la Rioja, Catamarca et Cordoba, et dont la partie centrale est à peine élevée de 165 mètres au-dessus du niveau de la mer. On y remarque encore un système de montagnes centrales appelées sierra de Cordoba et sierra de San Luis.

On peut se faire une idée de l’inclinaison générale de la plaine argentine au moyen d’un certain nombre de chiffres hypsomé triques ; les suivants, par exemple : la ville de Copacabana (Province de Catamarca) est à 1.168 mètres d’altitude, la ville de Mendoza est à 772 mètres, celle de Rio Cuarto (Province de Cordoba) à 414 mètres et celle de Rosario (Province de Santa-Fé) à 20 mètres seulement audessus du niveau de la mer.

La Cordillère, moins escarpée du côté de la République Argentine que du côté qui regarde le Chili, vient limiter la plaine argentine dans sa partie la plus occidentale et la plus élevée; elle commence au nord par un plateau, dépendant de celui qui forme le désert d’Atacama. Ce plateau, dont la hauteur moyenne est de 4.500 mètres, possède quelques sommets, comme le pic de San Francisco , le volcan de

Copiapo, lo Cerro Bonele et Je Cerro del Potro qui atteignent 0.000 mètres et plus, dépassant ainsi la limite des neiges perpétuelles qui commence, dans ces régions, h 5.000 mètres environ.

î)e ce plateau partent, dans la direction du nord au sud, trois chaînes de montagnes, savoir : la sierra de Famatina qui se termine par la sierra de la Huer la et qui atteint, dans le Nevado de Famatina, une hauteur de 6.000 mètres; la sierra de Jachal, située à l’ouest de la précédente, et qui comprend le Cerro de san Francisco et le Cerro Bonete ; elle se bifurque en deux branches parallèles qui se réunissent do nouveau, dans le voisinage de la ville de Mendoza; elle prend alors le nom de sierra de Uspallata et s’élève, au pic de Paramillo , à une hauteur de 3.000 mètres; enfin, plus à l’ouest encore, sur la frontière du Chili, s’étend la véritable Cordillère des Andes qui forme d’abord une seule chaîne, puis se divise en deux branches qui se rejoignent de nouveau plusloin. C’est là que se trouvent le volcan de Maipo, (5.500 mètres), et le Tupungato , volcan éteint qui a plus de 6.000 mètres. Celte chaîne atteint sa plus grande élévation dans le Ligua , autre volcan éteint qui s’élève à 6.798 mètres, et dans VAconcagua dont la hauteur est de 6.834 mètres.

Un col qui traverse la branche orientale de la Cordillère, au sud de l’Aconcagua, forme la vallée du rio Mendoza et conduit à la cime de la branche occidentale ; c’est le Passage de la Cumbre , à 4.000 mètres de hauteur.

A partir du Maipo, la Cordillère s’allonge au sud en une seule chaîne, jusqu’au détroit de Magellan et, plus loin encore, dans la Terre de Feu. Dans tout ce trajet pendant lequel la Cordillère s’abaisse graduellement et éprouve des dépressions considérables, on compte environ 24 volcans couverts de neige; parmi ceux-ci, 13 seulement sont en activité.

Sur une étendue de 15 degrés de latitude, soit entre 41° 20' et 26°, on trouve dans la Cordillère divers passages

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qui font communiquer la République Argentine avec le Chili. Les plus importants sont les suivants :

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