‹ Géographie de la République ArgentineChapitre 64 sur 119 · À IP · texte numérisé non relu

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Grabado yor Erh.ird hcrmanos. 8 Calle Nicole. Paris. Folix LajouailC, Editor*. Buenos-Aires. 1

PROVINCE DE CORDOBA

topographique de la province, avec ses propres données jointes à celles du Dr Brackcbush.

La population, à la lin de l’année 1889, peut être évaluée à 427.600 habitants.

L’aspect général de la province est celui d’une plaine légèrement inclinée de l’ouest à l’est, avec un massif montagneux s’élevant dans sa partie occidentale.

Dans ces montagnes, se trouvent des plateaux de 2.000 mètres d’élévation qui ne peuvent, il est vrai, être utilisés pour l'agriculture, mais qui servent de pâturages pour les bestiaux. Les vallées que renferment les trois cordons de ce massif, bien arrosées par une quantité de petits ruisseaux, sont couvertes d’une florissante végétation et se prêtent à toutes les cultures de la zone tempérée.

Le premier de cos cordons montagneux, celui qui est à l’est, prend le nom de sierra ciel Campo ; sa hauteur moyenne ne dépasse pas mille mètres et diminue graduellement vers le sud, jusqu’auprès de l'endroit appelé Tegua où la montagne disparaît complètement. Le versant oriental de ce cordon est moins escarpé que le versant occidental. La même remarque est applicable aux deux autres cordons. La sierra del Campo est coupée, près de San Roque , par le rio Primero, puis par le rio Segundo près de Anisacatc, et par le rio Tercero , dans le voisinage de Salto. La chaîne se trouve ainsi divisée en quatre tronçons qui portent des noms spéciaux : la section australe qui est la plus courte prend celui de sierra de los Condores et la section comprise entre le rio Tercero et le rio Segundo est appelée sierra Chica.

Le cordon central qu’on nomme sierra de Achala est beaucoup plus large, plus long et plus élevé que le précédent; sa hauteur moyenne atteint 2.000 mètres. Cette chaîne se termine au nord dans la Salina Grande (grande saline), près de Crus del Eje . et elle s’étend au sud jusqu'au village de

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Achiras où elle s’enfonce dans le sol de la Pampa. Ses sommets les plus élevés sont le Champaqui et le Gigante de Acliala.

Le troisième cordon, appelé la Serrezuela, est moins large et moins long que la sierra de Achala. 11 arrive au nord jusqu’à la Salina Grande , tandis qu’au sud, il ne dépasse pas le 32e degré de latitude. Quelques sommets y atteignent 1.600 mètres de hauteur. La Serrezuela a pour prolongement, sauf quelques solutions de continuité, la sierra de San Luis , tandis que, de la sierra del Campo, se détachent, vers le nord, les chaînes peu élevées de Ambargasta et de Sumampa qui pénètrent dans la province de Santiago.

La province comprend, dans une grande partie de son étendue, des terres excellentes pour l’élevage et pour l’agriculture, mais, malheureusement, elles ont beaucoup à souffrir du manque d’eau. Le climat est sec et les cours d’eau naturels sont peu nombreux. Partout où l’eau peut être utilisée, les rendements de la terre sont les plus abondants que l’on connaisse.

Les principales rivières de la province sont celles que l'on désigne par leur numération de 1 à S (primero, segundo, tercero, cuarto et quinto).

Le rio Primero a ses sources dans le département Punilla, il passe par la ville de Cordoba, par Remedios et Santa Rosa, et, après un trajet de 180 kilomètres, d’abord dans la direction sud-est, puis dans celle de l’est, et enfin dans celle du nord-est, il vient se perdre dans les marécages de Mar Chiquita.

Le rio Segundo est formé par un faisceau de grands et petits ruisseaux venus des départements Punilla, Anejos sud et Calamuchita; il passe par San Antonio, Cosme, rio Segundo (station du chemin de fer central argentin), San José, Rosario, Arroyito et Concepcion del Tio ; el, après un trajet de 200 kilomètres dont la direction est parallèle à celle du

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rio Primero , il se perd également dans les marécages de Mar Chiquita.

Le rio Tercero prend naissance dans le département de Calamuchita, il passe entre Villa Maria et Villa Nueva, vient baigner la ville de Bell-vill (anciennement Fraile Muerto), et, dans le voisinage de Cruz Alla, il pénètre dans la province de Santa-Fé, sous le nom de rio Carcarana pour aller se jeter dans le rio Coronda (bras du Parana) près de Puerto Gomez. C’est la rivière la plus importante de la province.

Le rio Quarto prend sa source dans le département ,de Calamuchita, il passe par la ville de rio Quarto , par Reduccion et La Carlota pour se répandre ensuite dans une série de lagunes et de marécages dont les eaux vont se déverser dans le rio Tercero après s’être réunies en un courant unique nommé Saladillo, non loin de la ville du même nom.

Le rio Quinto se forme dans la sierra de San Luis , parcourt près de t20 kilomètres dans la partie nord du département de Rio Cuarto, daus la direction sud-est, et disparaît ensuite dans les sables et dans les marécages connus sous le nom de Laguna Amarga.

Quant aux ruisseaux qui ne contribuent pas à la formation de ces cinq rivières, ils ont tous un cours peu étendu et se perdent bientôt dans les sables ou les marécages. Leur lit est d’ailleurs à sec pendant la plus grande partie de l'année.

Les rivières dont nous avons parlé, circonstance caractérisque, ne reçoivent aucun affluent.

En effet, le lit unique une fois formé par la réunion des ruisseaux descendus de la montagne, la rivière entre dans la plaine et aucun affluent ne vient en grossir le cours.

Les bois durs, les plantes industrielles et médicinales abondent dans la province de Cordoba.

Nombreuses sont aussi les richesses minérales.

Le docteur Brackebush les a décrites dans son ouvrage

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« Especics minérales de la Republica Argentina », mais elles sont encore peu exploitées. Celles qui peuvent former l'objet d’une exploitation industrielle sont les suivantes :

Le graphite, qu’on trouve en feuilles minces parmi le calcaire granulé, près de Ojo de Agua (département de Minas), avec du mica et de la serpentine.

L’argent natif, disposé en feuilles sur la blende noire et la galène, dans le département de Minas (mines Argentina, Rara Fortuna, etc.).

La galène argentifère, dans le département de Minas (mines : Ruena Ventura, Santiago, Ave Maria, Peregrina, Enriqueta, Rara Fortuna, Vibora, Venecia, Elisa, Garibaldi, Triunfante, Vénus, Asuncion, Ballena, Santa Eufemia, Relia Amoricana, Constancia, Compania, San Aguslin) ; dans le département de Poeho (mines : Milagro, Mayo, Sierra de Pino et del Agua Blanca) ; dans le département Cruz del Eje (mines : el Puerto, iNino Bios, Mercedes, San Marcos, etc.); dans le département San Alberto (mines : Corazon de Jésus, Purisima, San José, San Pedro Nolasco, San Diego, Consccuenle, Fiel Amigo); dans les départements Punilla , Calamuchita , etc.

De l’argent corné, dans le departement de Minas (mines : Compania, Ruena Ventura, Eufemia, San Agustin, Relia Americana, Santa Cruz, etc.) ; et dans les mines de Pocho.

De l’or natif, en différents points des départements Cruz del Eje et Punilla , principalement près de la Candelaria (filons de quartz avec piriles de fer et fer gris) ; et dans les environs de Rio Blanco (département de Rio Cuarlo), dans les mêmes conditions.

Du cuivre rouge. On en trouve des variétés impures dans les mines des départements de Cruz del Eje (dans la mine de Nino Dios, par exemple), dans ceux de Punilla, Calamuchita, etc.

Du sulfure de cuivre, très abondant surtout dans les départements de Calamuchita (mines Tio, Tauro, Tacuru, près de

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Reartes et du pic de San Lorenzo, etc.), dans ceux de Alta Gracia , Punilla, Altantina , etc.

Le fer rouge et le fer gris abondent, mais ils ne sont pas cependant en quantilés suffisantes pour être exploités industriellement; on 1 encontre des masses considérables de fer magnétique, mais il n’est pas certain qu’on puisse l’utiliser pratiquement.

Du plomb blanc; on en trouve dans les mines des départements Cruz del Eje, Minas et Calamuchita.

Les gisements de chaux abondent près de La Calera, M alagüeno , Alta Gracia, Soconcho, Sierra de los Condores, Las Penas , Candelaria, Santa Barbara, Salsacate, Canada de Alvarez, San Francisco, Intiguasi, Achiras, Ojo de Agua , Altantina, etc.

Du kaolin (terre à porcelaine) ; on en trouve dans le voisinage de Piedras Grandes (département Punilla), mais le gisement n’est pas assez important pour garantir une exploitation lucrative.

Le sel commun (chlorure de sodium) existe en abondance dans la Salina Grande, entre les provinces de Cordoba, de Galamarca et de La Rioja.

Au point de vue administratif, la province est divisée en 23 départements. Nous les passerons successivement en revue.

Département de la Capitale, — encaissé dans les départements Anejos nord et Anejos sud. Son étendue superficielle est de 785 kilomètres carrés, et sa population s’élève à 75,000 âmes.

La ville de Cordoba, située sur la rive droite du rio Primero, est la capitale de la province et le siège d’un évêché. Elle a été fondée en 1573 par don Jéronimo Luis de Cabrera, à l’endroit nommé Quisquizacate par les Indiens qui l’occupaient alors. Le recensement des 29 et 20 octobre 1887 donne

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les chiffres suivants pour la population de tout le territoire municipal de Cordoba :

Pour les six premières sections qui constituent la ville

proprement dite 3b. 771 hab.

Villas. 4.19b —

Pueblo Nuevo et Abrojal 5.898 —

General Paz 3.387 —

San Vicente 3.105 —

Hauteurs du sud 4.103 —

Faubourgs 9.788 —

Total 66.247 hab.

Le chemin de fer central argentin dessert Cordoba depuis 1869, et en octobre 1872, on a inauguré les travaux du chemin de fer national central nord de Tucuman à Cordoba.

La première exposition nationale argentine a été ouverte dans cetle ville le 15 octobre 1871.

Cordoba possède une très ancienne université, un collège national, deux écoles normales, une académie nationale des sciences, un observatoire astronomique inauguré le 24 octobre 1871, un institut météorologique national, 17 journaux et revues, un hôpital avec clinique, un asile d’orphelins, une maison de correction pour femmes, un théâtre, une magnifique promenade avec lac, celle de Sobremonte que le viceroi de ce nom fit construire en 1806, trois entreprises de tramways qui relient à la capitale les villes de San Vicente et de General Paz, des téléphones, du gaz d’éclairage, des eaux courantes, des rues empierrées, la Banque de la Province, une succursale de la Banque nationale, cinq imprimeries et un grand nombre de maisons de commerce de tous genres.

On y trouve aussi une administration du registre de l’état civil, des cercles, et diverses sociétés de divertissement et de secours mutuels. Presque toutes les nations y envoient des consuls, vice-consuls ou agents consulaires.

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