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BIRMANIE ANGLAISE

Ni le mûrier ni le ver à soie ne sont indigènes dans la Birmanie anglaise, car on ne les y trouve nulle part à l'état sauvage. L'un et l'autre ont été implantés de Chine ou de l'Assam. Quoiqu'il en soit de son origine, l'industrie séricicole est maintenant assez active dans une grande partie de cette région, et principalement 'dans le Pégou. Dans cette dernière province, les éducations les plus nombreuses se font dans les districts septentrionaux qui s'étendent dans la vallée de l'Yraouady, entre les monts Yoma et la chaîne de l'Arracan, et surtout dans ceux de Prome et de Thayet. Il s'en fait encore beaucoup sur les pentes orientales des monts Yoma et sur les bords du fleuve Sittoung, dans les districts de Bassen et de Toungou, par exemple. On estime la quantité de soie récoltée au Pégou à 16,400 viss ou 27 tonnes, pour la valeur de 32,800 livres anglaises.

Enfin, la culture de la soie est aussi très-florissante dans la province de Ténassérim.

La soie de la Birmanie anglaise, quoique excellente pour la confection des vêtements des habitants, est de qualité tellement inférieure qu'elle ne pourrait probablement pas se vendre en Europe.

(Ces renseignements sont presque tous tirés d'un rapport officiel sur l'industrie séricicole dans les Indes, publié en Angleterre en 1874, dans la collection des Parliamei[Uary papers.)

HINDOUSTA.N

La sériciculture fut importée de Chine dans THindoustan à une époque que les savants n'ont pu encore déterminer. On ne sait pas davantage si elle fut introduite du Bengale dans TAssam ou de l'Assamdansle Bengale. Quoi qu'il en soit, elle n'a une importance réelle que dans ces deux régions, qui renferment 150,000 carrés environ plantés de mûriers.

Les districts qui produisent le plus de soie sont ceux de Rajshahi (à GomercoUy surtout), de Maldah, de Moorshidabad (à Gossimbazar, à Jungipore), de Midnapore (à Radanagore), de Birbhoum (à Gonatea), de Burdwan, de Houghly, de Bograh, de Howrah, de Nuddea, de Jessor et des 24-Pergunnahs. Les cinq premiers de ces districts sont ceux qui produisent le plus de soie.

Dans l'Assam, les mûriers étant disséminés de tous les côtés, la sériciculture n'y est concentrée nulle part»

Les vers qui appartiennent aux races polyvoltine et annuelle sont élevés par les indigènes dans de petite huttes en terre, d'après un système à peu de chose près semblable à celui qu'on suit en Europe. Leurs cocons donnent une soie jaune ou blanche, comme dans nos contrées. Dans l'Assam il se produit une soie blanche de qualité supérieure.

Il se fait trois récoltes par an : la première au mois de mars, c'est la seconde sous le rapport de la qualité; la deuxième en juillet ou en août, pendant la saison des pluies, c'est la moins bonne des trois ; et la troisième, qui est la meilleure, vers le mois de novembre.

Les cocons sont dévidés dans des filatures appartenant, les unes à des Européens, les autres à des indigènes, et qui sont, pour la plupart, situées dans les districts séricicoles.

Il n'y a de marchés de cocons ni dans le Bengale ni dans l'Assam. « Les maisons européennes ont leurs gomâstàs ou représentants, qui ont l'ordre d'acheter les cocons à des prix qui permettent de filer la soie à une limite déterminée. Ces représentants se rendent chez les éducateurs indigènes, s'entendent avec eux pour le prix et font transporter la marchandise à la filature. Les filatures européennes achètent généralement les cocons par maund à des prix allant de 40 à 50 roupies. Dans le Gossimbazar on achète par kahan. Le kahan consiste en 16 ports, chaque pori se composant de 80 cocons. La moyenne des prix des cocons pendant les cinq dernières années a été d'une roupie environ par kahan. » (Extrait d'une correspondance adressée au Moniteur des soies ^ 1874.)

Une grande partie des soies produites par le* Bengale et l'Assam va alimenter les manufactures de soieries de l'Angleterre.

Suivant le rapport officiel anglais sur l'Hindoustan, inti-

tulé : Moral and material p^ogress Report^ il s'exporte en moyenne de Calcutta 9,000 balles par an, ce qui représente 594,000 kilogrammes de soie, la balle. pesant 66 kilogrammes, et 8,910,000 kilogrammes de cocons, à raison de 15 kilogrammes de cocons par kilogramme de soie.

Dans une lettre' qu'il a eu l'obligeance de m'adresser, M. Valpy, secrétaire du département de statistique du Board of Trade de Londres, évalue cette exportation à 1,500,000 livres anglaises, ce qui donne en poids français 697,500 kilogrammes de soie, ou 10,192,500 kilogrammes de cocons. Cette moyenne est celle des trente dernières années.

Voici maintenant, d'après la statistique que publie le syndicat de l'Union des marchands de soie de Lyon, quelles auraient été les exportations de Calcutta pendant les trois dernières années :

En 1872 : 8,695 balles pesant 574,000 kilog. (8,610,000 kilog. de cocons). En 1873 : 7,361 — 486,000 — 7,290,000 —

En 1874 : 6,444 — 425,000 — 6,375,000 —

Les chiflfres que je viens de donner sont loin de représenter la production totale du Bengale et de l'Assam. Des essais de statistique ont été tentés par ordre du gouvernement des Indes, mais ils n'ont jamais abouti à un résultat sérieux.

L'Europe ne reçoit de l'Hindoustan que de la soie filée. La quantité de cocons qui s'expédie de cette contrée est tellement insignifiante qu'il n'en est pas fait mention dans les relevés officiels de ses exportations.

De grands efforts ont été faits, pendant ce siècle surtout, pour implanter et développer la culture de la soie sur divers autres points de l'Hindoustan; mais, dans la plupart des

cas, des causes qu'il serait trop long d'énumérer ici les ont fait échouer. Je vais examiner rapidement les traces que ces tentatives ont laissées derrière elles.

Dans l'état de Mysore l'élève des vers à soie rapporte d'assez beaux bénéfices à ceux qui s'y livrent. Les plantations de mûriers couvrent environ les trente-trois centièmes de cette région. En 1870 des essais d'éducation ont été renouvelés à Bangalore, Toumkor et Kolar. La soie récoltée dans tout le Mysore représente en moyenne une valeur de 55,000 livres anglaises (1,386,550 fr.). C'est paraît-il le fameux Tippo-Saïb qui a introduit le premier la sériciculture dans cette partie de l'Hindoustan.

Dans la présidence de Madras des eflforts sérieux ont été faits il y a longtemps et ont été renouvelés en 1870 pour développer l'industrie séricicole dans un grand nombre de districts ; mais actuellement il ne se récolte un peu de soie que dans les localités suivantes : Goimbatore, Salem, Guddapah, North-Arcot, Tinnevelly et South-Ganara.

Dans la présidence de Bombay la sériciculture n'a jamais pu devenir florissante, bien qu'on n'ait rien négligé pour en faire une industrie locale. Il se fait encore quelques éducations à Darwhar, à Sattara, à Ahmadnagar, etc. Dans le nord-ouest, cependant, c'est-à-dire dans le Gudj erat, l'élève du ver à soie paraît avoir quelque importance.

Dans le Pundjab la culture de la soie n'a pas réussi davantage, on n'en récolte un peu qu'à Goprdaspore. Mais si le Pundjab n'est pas un pays séricicole, il renferme un grand nombre de villes où les habitants fabriquent des tissus renommés avec des soies importées de l'Asie centrale, de la vallée de Gachemyre, du Bengale et même de Ghine.

Des essais tentés dans le pays d'Oude pour y introduire la sériciculture ont dû être abandonnés.

Il existe encore dans THindoustan (je* comprends sous ce terme toutes les possessions anglaises situées à l'ouest de rindo-Ghine) un pays qui produit beaucoup de soie et que j'aurais dû mentionner après le Bengale et TAnnam, je veux parler de la vallée de Gachemyre. En effet, depuis des siècles, les habitants s'y livrent à la culture du mûrier et à l'éducation des vers à soie. La plus grande partie de la soie qu'ils récoltent est tissée sur place. Le reste est exporté dans les autres parties de l'Hindoustan et surtout dans le Pundjab. Je ne crois pas qu'il en vienne en Europe.

Je ne sais pas si le Ladak, petit pays voisin de la vallée de Gachemyre, produit de la soie, mais il y a tout lieu de croire que les indigènes s'y adonnent à l'élevage des vers, comme ceux de toutes les contrées environnantes.

AUTRES

LÉPIDOPTÈRES PRODUCTEURS DE LA SOIE

Les vers à soie indigènes autres que le Bombyx mort sont très- nombreux dans l'Hindoustan.

Le principal est le Bombyx Mylitta ou Bombyx Paphia (en anglais tusser). On le trouve dans presque toute la région qui s'étend au pied de l'Himalaya, sur les collines qui séparent l'Assam du Ghittagong, dans les Sunderbuns, partout sur les hauteurs boisées qu'habitent les Gontal, les Kol, les Khond et les Gond , dans une partie de la présidence de Madras, et enfin dans celle de Bombay. Avec la soie forte que donne son cocon grisâtre, quelquefois d'un jaune pâle, les indigènes fabriquent un tissu particulier que

les Anglais appellent Tusser-cloth, et qui est en grande partie consommé sur place. L'usage de cette soie hors de rinde sera toujours limité par une production peu abondante. Cette production diminue, du reste, tous les jours, à mesure que les diverses cultures prennent plus d'extension.

Le Bombyx Cynthia, qui vit sur l'aïlanthe, se trouve le long de la chaîne de l'Himalaya, dans l'Assam, le Dehra- Doon et le Kachar. Son cocon roussâtre, déforme oblongue, est ouvert à l'une de ses extrémités.

Le Bombyx Arrindia, ou ver de ricin, a de grandes ressemblances avec le précédent. On ne le rencontre que dans l'Assam et dans quelques districts du Bengale, comme ceux de Dinadjepore, Rungpore, Bhangulpore.

Le Bombyx Atlas prospère dans les jungles sur plusieurs points de l'Hindoustan. Une correspondance adressée au Moniteur des soies, en 1874, annonçait la formation d'une société à Négambo (Geylan), pour encourager l'élève de ce ver, qui vit à l'état sauvage dans cette île et dont, jusque-là, ni les colons ni les indigènes n'avaient songé à utiliser la soie.

Citons enfin, pour mémoire seulement, le B. Barmengyi^ le B. Séléné, leB. religiosœ, le B. Rêylei, etc.

Il ne faut pas oublier enfin, l'espèce sauvage du Bombyx mori ou ver à soie ordinaire. Le capitaine Hutlon l'a rencontré dans quelques localités situées sur le versant méridional de l'Himalaya, à Mussorée, par exemple.

(La plupart des détails contenus dans ce chapitre ont été puisés, les uns dans une intéressante lettre que m*a écrite M. Valpy, secrétaire du département de statistique du Board of Trade de Londres; les autres, dans un Report on the silh indiistry in India^ rapport publié à Londres, en 1874, dana la collection des Parliamentary papers.)

BÉLOUTSGHISTAN, AFGHANISTAN

Les habitants se livrent plus ou moins à la culture du mûrier et à l'éducation du ver à soie dans toutes les parties fertiles de ces deux pays, mais particulièrement dans le nord de l'Afghanistan. Toutes les grandes villes du Khoraçan Afghan et de la région que l'Hindou-Goucb couvre do ses ramifications sont des centres séricicoles importants ; par exemple, Hérat, Andko, Balko, Khoulm, etc. Les Afghans récoltent plus de soie qu'il ne leur en faut pour leur consommation, aussi en exportent-ils beaucoup, surtout dans les Indes.

TURKESTAN RUSSE AVEC LE RHANAT TRIBUTAIRE DE RHORANl) TURRBSTAN ORIENTAL OU CHINOIS, TURRESTAN INDEPENDANT COMPRENANT LE RHANAT DE BOURHARA ET LE RUANAT DE RHIVA

Les premières graines de ver à soie et Tart d'élever cet insecte furent importées de la Chine dans le pays de Khotan vers le quatrième siècle de notre ère, ainsi que le prétendent des annales chinoises traduites par les savants orientalistes de Rosay et Stanislas Julien. L'année 419 est donnée par Klaproth comme la date exacte de cette importation. De là, la sériciculture se répandit bientôt dans toute l'Asie centrale; au septième siècle, la Petite-Boukharie possédait déjà des filatures et des manufactures de soieries renommées.

Passons maintenant en revue les divers pays de cette immense contrée.

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