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KHANAT DE KHIVA

La partie fertile de ce khanat, c'est-à-dire les deux rives du cours inférieur de l'Amou-Daria, produit de la soie, mais en moins grande quantité que les pays dont je viens de parler. Il est presque inutile de dire que c'est à Khiva même et dans ses environs immédiats que les éducations sont le plus nombreuses. Il s'en fait aussi beaucoup à Yeni-Ourdjend.

RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES

Les principaux marchés de cocons de l'Asie centrale sont situés dans les villes que j'ai citées, mais il en existe d'autres moins importants dans une foule d'autres petites villes. Ils sont surtout très-nombreux dans le khanat de Boukhara.

Voici comment M. Jules Aniadoli, dans une correspondance envoyée 2iU Moniteur des soies, en 1871, décrit les cocons récoltés dans le Turkestan : « Les cocons recueillis, dans ce pays sont grossiers, dureteux, mal colorés. D'autres^ tant jaunes que blancs, possèdent un type si parfait qu'ils surpassent nos cocons de race lombarde; un tissu ferme^

une forme régulière et élégante ; avec cela une proportion très-minime de doubles. En un mot, les cocons du Turkestan seraient des plus recherchés si on pouvait les reproduire dans leur pureté. »

Pour ce qui concerne spécialement les cocons boukhares , voici ce qu'en dit M. Modeste Gavazzi, dans une relation de voyage, publiée également par le Moniteur des soies en 1866 : (( Les cocons de Boukhara sont d'une bonne nature, en général; d'un tissu uni et délicat; blancs, couleur de paille, jaunes tirant sur le rosé, ou encore jaune orange. Cependant on en voit de qualité très-inférieure. Entre tous, les meilleurs sont les jaunes couleur de rose, dont la forme est belle, compacte, très-riche en soie, mais ce sont les moins abondants. Toutes les variétés de cocons produites dans ce khanat se distinguent par la consistance du tissu ; la forme, la nuance, la dimension seules varient. »

Il est tout à fait impossible d'évaluer la production séricicole de l'Asie centrale. Cette région, comme tout le monde le sait, était, il y a peu de temps encore, complètement fermée aux Européens.

L'exportation des cocons est chose inconnue dans l'Asie centrale. Ils sont généralement dévidés dans les districts mêmes où ils sont récoltés. Dans le Turkestan russe, cependant, le dévidage se concentre dans quelques villes %t, en particulier, à Khodjend, où une société russe a établi une filature sur le modèle des filatures françaises. Il vient, en outre, dans le Turkestan russe, pour y être dévidés, une assez grande quantité de cocons produits dans le Khokand.

S'il ne sort pas de cocons de l'Asie centrale, par contre l'exportation des . soies y est assez considérable. Les unes sont expédiées en Russie par Orenbourg, d'autres vont en Angleterre par la voie des Indej.

D'après les relevés officiels statistiques des Compagnies russes de transport, pour les dernières années, il a transité à Orenbourg, annuellement, environ 20,000 pouds de soie (327,620 kil).

8,000 (131,048 kilog.) pouds venant du Turkestan russe ; 10,000 (163,810 kîlog.) — Khanat de Boukhara;

2,000 ( 32,762 kilog.) — Turkestan chinois et des Khanat

de Khokand et de Khiva.

Mais la plus grande partie des soies exportées du khanat de Boukhara et du Turkestan chinois est achetée pour le compte de maisons anglaises, par des marchands boukhares ou afghans établis à Boukhara, puis dirigée sur l'Afghanistan, et de là sur les ports de l'Inde. Cette exportation a été, d'ailleurs, presque nulle en 1874, car, sur le Tableau de la quantité totale des soies importées en Angleterre en 1874, tableau publié par MM. Henry William Eaton et fils, de Londres, je trouve que la soie boukhare ne figure que pour la quantité minime de 540 livres anglaises (247 kil.) représentant une valeur de 6,804 francs.

On n'élève pas dans l'Asie centrale d'autres espèces de vers à soie que le Bombyx mori. Ce dernier est généralement nourri avec la feuille du mûrier sauvage.

(La plupart des renseignements à l'aide desquels ce chapitre a été écrit, m'ont été procurés par M. Gharel, de la maison Ramiè et G", de Lyon.)

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