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PERSE

La Perse, en exceptant, cela va sans dire, le grand désert de Test, est donc une contrée éminemment propre à la production de la soie. Cette production n'est cependant con sidérable que dans les provinces montagneuses du Nord, et en particulier sur le versant des monts Elbrouz qui regarde la mer Caspienne, c'est-à-dire dans le Guilan et dans le Mazendéran. Après ces deux provinces, celles où la récolte séricicole a le plus d'importance sont l'Aderbaïdjan, pays montagneux situé au nord-ouest, et le Khoraçan persan au nord-est.

Presque toutes les grandes villes peuvent être considérées comme des centres de sériciculture et en particulier Recht et Laïdjan, dans le Guilan ; Sari et Balfrouch, dans le Mazendéran; Méched, dans le Khoraçan; Yez et Kachan, dans l'Irac-Adjémi; Maragha , Tauriz et Ourmiah, dans l'Aderbaïdjan.

Les produits séricicoles de la Perse qui s'exportent en Russie, sont expédiés des ports de la mer Caspienne ; mais ceux qui sont destinés à d'autres contrées de l'Europe sont, en général, dirigés par Tauriz et Erzéroum, sur Trébizonde, port de la mer Noire.

On conçoit qu'il n'est au pouvoir de personne de dire quelle est la quantité exacte des cocons produits dans un pays comme la Perse, où la statistique est chose inconnue. Tout ce qu'on sait, c'est que la production séricicole y est aujourd'hui beaucoup moins considérable qu'elle ne l'était autrefois. Comme dans plusieurs autres régions, la maladie des vers lui a porté un coup mortel. D'après la statistique publiée par le Syndicat de l'Union des marchands de soie de Lyon, la production de la Perse et de la Transcaucasie réunies aurait été de 5,700,000 kilogrammes de cocons en 1873, et de 6,840,000 en 1874. Je ne sais quelle est la part

qui revient sur ces quantités à chacune de ces régions, l'auteur de la statistique ne s'explique pas là- dessus; mais si l'on estime la récolte de la Transcaucasie à 2,000,000 de kilogrammes de cocons environ pour 1873, et à 2,100,000 pour 1874, et que Ton retranche ces chiffres des totaux donnés ci • dessus , on trouve que la Perse aurait produit 3,700,000 kilogrammes de cocons en 1873, et 4,740,000 en 1874.

Il ne s'exporte de Perse qu'une quantité insignifiante de cocons.

TRANSGAIIGASIE

La sériciculture, qui 'existe dans ce pays depuis des siècles, a pris une extension considérable dans la vallée du Kour, c'est-à-dire dans toutes les parties basses de la Géorgie (gouvernement de Tiflis et partie de celui d'Elisabethpol) et dans toute la plaine du Ghirvan (gouvernement de Bakou et partie de celui d'Elisabethpol). On la trouve aussi implantée dans les vallées du sud-est du Daghestan (partie septentrionale du gouvernement de Bakou). A l'ouest de la Transcaucasie, les fertiles vallées de l'Iméréthie et de la Mingrélie produisent aussi de la soie (gouvernement de Kutaïs); enfin, il s'en récolte encore, mais en moins grande quantité, dans le fond de quelques vallées de l'Arménie russe (gouvernement d'Erivan).

Les grands centres séricicoles sont, dans le gouvernement d'Elisabethpol : Sakataly, Nouka, Elisabethpol et Ghoucha ;

dans le gouvernement de Bakou : Ghemaka, Bakou et Kouba ; dans le gouvernement de Kutaïs : Kutaïs ; et dans le gouvernement d'Erivan : Erivan.

Les principaux marchés de cocons sont situés dans les villes que je viens de citer, ainsi que dans les villages de Gocklay, Agdache et Akoulys, situés tous les trois dans le gouvernement d'Elisabethpol. Enfin, le grand marché central, où les cocons sont apportés de presque toutes les localités séricicoles, avant d'être expédiés en Europe, se trouve à Tiflis, la capitale de la Transcaucasie.

Voici maintenant quelques intéressants détails sur la production séricicole dans cette région. Je les dois à l'obligeance de M. Ovanés Ganzounoff, de Ghoucha.

Dans le gouvernement d'Elisabethpol les villes de Nouka et de Sakataly, avec le concours des villages voisins, dans un rayon de 25 à 90 kilomètres, ont fourni, soit pour Moscou, soit pour Gonstantinople, de 500 à 600 balles de soie ardassine et de 1,000 à 1,200 balles de cocons, 'dont un quart indigène. Dans la commune d'Arasche, les villages d' Agdache et de Gocklay reçoivent les produits de tous les villages environnants, dans un rayon de 25 à 50 kilomètres. Sur ces deux marchés, il s'est vendu de 3,000 à 4,000 balles de cocons. Un quart environ de cette quantité venait de Nouka.

Dans le district d'Elisabethpol, la récolte a été de 300 balles de cocons tant japonais verts qu'indigènes. Dans les trois communes de Djouranchire, Kabroulo et Varanda, on a récolté en cocons japonais verts ou indigènes de 1,500 à 1,800 balles, qui se sont vendues presque toutes à Ghoucha.

La commune de Zangazoure et le pays environnant, dans un rayon de 40 à 120 kilomètres, ont produit de 1,000 à

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