PROVINCE DE BROUSSE
Cette province comprend toute la côte depuis les Dardanelles jusqu'au golfe d'Ismidt, plus la côte depuis le Bosphore jusqu'à Inéboly, et, à l'intérieur, tout le pays, en
remontant par Balouk-issar et Kutaieh jusqu'à Angora inclusivement, ainsi que les localités sises dans la ligne descendant d'Angora à Inéboly, et de là en se dirigeant vers Brousse, où ces dernières localités. Inscrites dans cette dernière subdivision pour la vente des cocons seulement, vont porter leurs récoltes. C'est-à-dire que la province de Brousse ainsi délimitée, se compose du vilayet de Kastamouni et d'une partie de ceux d'Angora et de Khodavendgiar. Les principaux ports d'embarquement sont Panormo, Moudania, Guemlek et Garamoussa, sur la mer de Marmara, et Inéboly, sur la mer Noire.
Presque toute cette province produit de la soie, mais c'est à Brousse même que la production est la plus considérable : la majorité des habitants de cette ancienne capitale de la Turquie s'adonnent plus ou moins, les Juifs exceptés, à l'élève du ver à soie. Il en est de mèmç dans le plus grand nombre des villes et villages des environs.
Il va sans dire que Brousse est le grand marbhé central où se réunissent tous les cocons récoltés dans le pays. On en file une certaine quantité à Brousse, le reste est expédié en Europe (France, Italie), soit directement, soit par Gonstanlinople.
D'après le relevé des registres de l'administration des ^ contributions indirectes de Brousse, il s'est vendu sur cette place 473,700 kilogrammes de cocons en 1872, et 553,833 en 1873.
En 1863, suivant M. Dufour, la province fournissait à l'exportation 1,200,000 ocques (1,563,000 kilog.)
La Statistique de V Union des marchands de soie de Lyon donne les chiflfres suivants pour l'année 1 874 : « Brousse, 1,522,196 kilogrammes de cocons; environs, 1,426,904 kilogrammes. »
Gomme dans cette statistique il n'est pas parlé de la production du reste de l'Asie-Mineure, je suppose que par Brousse il faut entendre la province de Brousse, et que le terme environs s'applique aux autres provinces de la presqu'île. Mais, je le répète, je ne fais qu'une supposition.
Dans V Inventaire de la campagne séricicole de 1874, publié par M. Duplat, je lis sous le titre Brousse :
« L'estimation de la récolte totale approximative est portée à 3,000,000 de kilogrammes, ainsi divisés :
1,800,000 Bagdad.
900,000 reproduction.
280,000 jaunes. 20,000 Japon.
(( La moyenne des prix peut s'évaluer de la façon suivante :
Francs 2 20 à 2 50 Japon d'importation.
— 3 00 à 3 10 Japon reproduction.
— 5 20 à 5 40 Bagdad et jaunes.
— 2 00 à 2 30 les qualités inférieures de toutes pro-
venances. »
PROVINCE DE 8MYRNE
Cette province comprend toute la côte depuis le golfe de Satalie, exclusivement, jusqu'aux Dardanelles, et, à l'intérieur, jusqu'aux confins de Kutaieh et au delà de Karahissar, c'est-à-dire tout le vilayet d'Aïdin et une partie de ceux de Karaman et de Khodavendgiar. Le principal port d'embarquement est Smyrne.
Les mûriers sont excessivement nombreux dans cette province, et bien que la récolte de cocons y soit considérable.
Qlle pourrait être beaucoup plus grande encore. Les principaux centres séricoles et marchés de cocons sont Smyrne,. Gassaba, Odémisch, Aïdin, Nasly, Paliambol, Ourlac, Pergame, etc. Ceux sur lesquels il se fait le plus d'affaires sont Smyrne, Gassaba, Odémisch et Aïdin; mais leur importance tend à diminuer, parce que les accapareurs s'efforcent d'acheter . les cocons avant qu'ils soient apportés dans ces villes par les gens de la campagne.
Une partie de la récolte va alimenter les filatures établies à Smyrne et dans les villes voisines, le rqste est envoyé en France et en Italie ; une petite quantité seulement de cocons, et ceux-ci de qualité inférieure, est expédiée à Salonique.
Je ne puis indiquer d'une manière exacte le chiffre de la production de cette province ; toutce^queje sais c'est qu'elle n'est pas aussi grande qu'elle Tétait il y a un certain nombre d'années. Suivant M. Dufour, Smyrne pouvait exporter en 1863, 700,000 ocques de cocons (896,000 kilog.).
CABAMANIE
Gette province comprend toute la côte, depuis le golfe d'Alexandrette jusqu'à celui de Satalie inclusivement, et, à l'intérieur, les districts d'Adana et de Konieh jusqu'à Kaï- ^sarieh, c'est-à-dire le vilayet de Karaman et une partie de ceux d'Alep et d'Angora. Les principaux ports d'embarquement sont Satalie et Mersina.
« Le commerce de cette province avec l'Europe a généralement lieu par l'intermédiaire des maisons de Ghypre, de Beyrouth, d'Alep et de Smyrne, lesquelles ont des agents à Tarsous, où la plupart des affaires sont traitées.
« Bien que l'élève du ver à soie soit pratiqué dans le
voisinage du mont Taurus, il s'exporte très-peii de cocons. Suivant certaines données, le poids des cocons exportés s'élèverait à 20,000 ocques (25,600 kilog.). » (M. Dufour,
Suivant M. Duseigneur, le district de Satalie produit 40,000 kilogrammes de cocons.