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SYRIE

La récolte de la soie est une des principales, sinon la plus grande source de richesse de cette province, et selon qu'elle est bonne ou mauvaise, les habitants sont dans l'abondance ou dans la misère.

Au point de vue de la sériciculture, on peut diviser la Syrie en trois régions. La première, dont le centre de production est à Beyrouth, commence, au sud, à Saïda, et finit, au nord, à Tripoli; elle est bornée, à l'est, par la chaîne du Liban, et, à Touest, par la mer. C'est celle qui produit le plus, environ 1,500,000 kilogrammes de cocons.

La seconde comprend l'Anti-Liban, les vallées qui s'étendent entre ce dernier et le Liban, et le territoire qui environne Damas; elle donne en moyenne 150,000 kilogrammes de cocons.

La troisième se déroule entre Tripoli, au sud, et les montagnes d'Alexandrette au nord, et comprend de plus, au nord-est, le pays d'Alep. Elle doit produire 200,000 kilogrammes de cocons environ.

Ainsi, la récolte moyenne de toute la Syrie serait de

1,850,000 kilogrammes. D'après un rapport officiel que son auteur, M. le consul d'Angleterre à Beyrouth, a eu la bonté de me communiquer, elle s'élèverait à environ 1,600,000 ou 2,000:i000 ocques de cocons (2,048,000 ou 2,560,000 kilogrammes), d'une valeur variant entre 500,000 et 600,000 livres anglaises.

En 1874, la production totale de cette contrée a été de 1,500,000 kilogrammes. Dans \2i Statistique de V Union des marchands de soie de Lyon y elle est portée à 1,997,600 kilogrammes.

Il n'existe pas de marchés de cocons en Syrie. Les éducateurs attendent qu'on vienne les acheter chez eux, et pour cela chaque filateur a une nuée de courtiers, qui vont de village en village et de maison en maison, pèsent, payent et expédient les cocons vers les filatures à dos de mulet.

Depuis une dizaine d'années, on élève dans cette province presque uniquement des vers de race japonaise reproduits sur les lieux et qui réussissent assez bien. Les cocons sont dévidés d'après la méthode française dans une foule de filatures ou bien sont expédiés à Marseille. La filature arabe est morte et n'existe peut-être que dans quelques localités perdues dans les montagnes du côté d' Antioche et d'Alexandrette.

On doit exporter de Syrie de 200,000 à 300,000 kilogrammes de cocons frais, ce qui ne donne que le tiers de cette quantité au moment de l'expédition, c'est-à-dire en siccité parfaite.

Le tout est envoyé à Marseille et quitte la Syrie par le port de Beyrouth. Il ne se fait que des envois insignifiants des ports de Tripoli et d'Alexandrette.

Il ne s'importe en Syrie, des contrées et des îles voisines, qu'une très -petite quantité de cocons.

(Parmi les renseignements et les ehiffires qui précèdent, ceux dont Torigine n'est pas indiquée m*ont été fournis par M. Mourgue d*Âlgue, graineur à Beyrouth).

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