CANTON DES GRISONS
Il y a une vingtaine d'années on élevait des vers à soie dans la vallée du Rhin, à Fliisch, Mayenfeld, lenins, Malans, Zizers, Goire, Haldenstein, Felsberg et Tamins, ainsi que dans la vallée de Doinleschg (ou vallée du Rhin postérieur) entre Thusis et Reichenau. Les éducateurs s'attachaient principalement à la confection de la graine ; celle-ci, grâce à la maladie des vers dont l'Italie était infectée, se vendait très-cher en Lombardie. Depuis, cette spéculation a cessé, et, comme la production des cocons ne rapporte pas d'aussi gros bénéfices, beaucoup de plantations de mûriers ont été remplacées par de la vigne. Dans ces localités, et même à Goire, qui autrefois était un centre séricicole im portant, il ne se fait plus aujourd'hui qu'un très-petit nombre d'éducations. Du reste, le climat a contribué aussi à les restreindre ; c'est ainsi que dans la vallée de Domleschg, à Fustenau, près de Thusis, où de grandes plantations de de mûriers ont été faites il y a une quinzaine d'années, l'élevage des vers est depuis quelque temps constamment compromis par les gelées tardives du printemps.
En un mot, sur le versant septentrional des Alpes la sériciculture est en pleine décadence. Gependant dans la partie la plus basse de la vallée du Rhin, où la vigne et des arbres fruitiers de toutes sortes croissent à merveille et où, par conséquent, le mûrier donne une feuille excellente, rien ne l'empêcherait de prendre une extension considérable.
(Je dois les renseignements qui précèdent à MM. Nutt et Wassali, membres de la Société des sciences naturelle^ du canton des Grisons.)
Mais si nous franchissons les Alpes en suivant la route qui traverse le col du Bernardino, nous voyons se dérouler