SICILE
• Introduite au douzième siècle dans cette île où le mûrier était acclimaté depuis fort longtemps déjà, la sériciculture y prit rapidement un développement considérable, du moins
sur certains points qui, aujourd'hui encore, produisent seuls de la soie, c'est-à-dire dans les provinces de Messine, de Palerme et de Gatane.
Dans la province de Messine, qui fournit la plus grande récolte, les centres de l'industrie séricicole sont : Messine, Gastroreale, Patti et Mistretta.
La Sicile produisait autrefois, en moyenne, 1,500,000 kilogrammes de cocons ; mais depuis la maladie des vers, cette production est tombée a un chiflFre variant entre 300,000 et 500,000 kilogrammes.
Suivant M. de Vecchi, la récolte de soie, dans cetta île, en 1874, a été de 157,000 kilogrammes de soie, ce qui représente 2,355,000 kilogrammes de cocons.
Les cocons se vendent frais sur le lieu même de production et sont transportés directement dans les filatures. Presque tous, en eflfet, sont dévidés dans le pays et, principalement, à Messine.
La Sicile exporte en Galabre une petite quantité de cocons, mais elle en reçoit une quantité à peu près égale de cette région par le port de Gatanzaro, ce qui fait compensation.
Elle en reçoit aussi un peu, mais rarement, de Syrie, de Grèce et de Marseille.
En un mot, la sériciculture est pratiquée sur une très- vaste échelle dans le Piémont, la Lombardie, la Vénétie, l'Emilie, et une partie de la Toscane ; elle est fort développée aussi dans la Marche, l'Ombrie, la Galabre et la partie nord-est de la Sicile : partout ailleurs elle n*a qu'une importance fort restreinte ou n'existe pas du tout.
Possédant un grand nombre d'excellentes filatures, l'Italie, malgré son énorme production séricicole, importe plus de cocons qu'elle n'en exporte. Elle en reçoit surtout de l'Au-
triche et du Levant. Les principaux ports qui se livrent à ce commerce sont Gênes, Livourne, Naples, Messine, Venise et surtout Ancône.
Le relevé suivant des exportations de cocons du port d' Ancône en 1872 est tiré d'un rapport du cpnsul anglais de cette ville à son gouvernement (Commercial Reports y n« 5; 1874).
Exporté pour l'Italie : 13,464 kilogrammes de cocons ; pour TAngleterre : 958 kilogrammes; total : 14,422 kilogrammes d'une valeur de 86,532 iires (la lire vaut un peu moins d'un franc) .
D'après le même rapport, le port de Naples a exporté la même année pour 3,229 lires de cocons.
Dans son inventaire de la sériciculture en 1874 (Moniteur des soies, 6 mars 1875), M. Duplat donne unelistedes quantités et des prix des cocons qui se sont vendus sur les marchés italiens. Je la reproduis ici.
QUANTITK KN KILOOAAMMES
Acqui. ..... 64,490
Alexandrie. . . . 220,010
Alba 578,950
Arczzo 57,750
Asti 012,230
Bellune 20,280
Bologne 10,770
Bra 245,930
Brescia 167,200
Brisighella. . . . 0,400
Ganelli 15,000
Carmagnole. . . . 257,000
Garini 107,080
Gasale 39,920
Gastello 110
Cesena 37,450