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Géographie de Madagascar

Si l'on consulte la Bibliographie de Madagascar de M. Gmndidier, on constate qu'aucun livre tel que celui de M. Dandouau n'y figure. Et cependant la liste en est longue des auteurs dont les noms et les titres des puvrages remplissent ces deux gros volumes, faits de science et de patience. Siècle pat siècle, année par année, se déroule la longue chaîne de ceux qui apprirent à connaître et aimer cette terre mystérieuse, ce pays rouge où il semble que, par un caprice de la nature, se soient trouvés souvent rompus l'ordonnancement général et l'équilibre constant qui régissent les autres terres.

C'est le pays où l'on retrouve encore vivants les animaux tertiaires comme les Lémuriens et le Posa (Cryptoprocta Ferox) ; où vivaient encore, il y a peine quelques siècles, contemporains de l'homme, des oiseaux tels que les Mpyornis ; où les formations minéralogiques ont des caractères très spéciaux ; où l'on trouve à la fois des peuplades encore arriérées comme celles des régions du Sud et des races policées comme celles du centre ; où un grand roi comme Andrianampoinimerîna, contemporain de la Révolution, donnait avant de mourir, à son peuple encore en enfance, des conseils d'ordre, d'économie et d& travail dont l'Europe actuelle pourrait heureusement s'inspirer.

Un vieux dicton malgache dit que ceux qui ont bu l'eau du Manangareza, petite rivière des environs de Tamatave, restent définitivement attachés au pays. Symbole bien vrai, car peu de

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ceux qui ont habité cette terre captivante en oublient les charmes ; bien peu même, au milieu de tous les plaisirs de l'Eurçpe, n'en ressentent pas parfois la nostalgie.

« Mamy ny aina ». La vie eei douce disent les Malgaches et c'est vrai ; car il semble que, dans ce pays rêvé, tous ceux qui en foulent le sol y acquièrent douceur et mansuétude. Aucun animal féroce, aucun serpent venimeux, un beau soleil, un climat délicieux, des sites 7nagnifiques et grandioses, aux 'teintes les plus variées, des habitants tranquilles, doux, d'un commerce agréable ; en faut-il plus pour permettre d'aimer un pays et regret-ter de ne pas l'habiter.

M. Dandouau, qui se range parmi nos meilleurs malgachisants, fut pendant plusieurs années Secrétaire Général de l'Académie malgache et c'est sous les auspices de cette Compagnie qu'il a eu la délicate attention de placer son ouvrage. L'Académie malgache l'en remercie et est heureuse d'appeler l'attention générale sur ce travail documenté où se trouve condensée et résumée la Géographie de Madagascar.

La réunion et la mise au point de renseignements de tous ordres et de tous genres éparpillés dans de multiples publications s'imposait : c'est la tâche que s'est assignée l'auteur. Sa Géographie forme un tout complet.

La première partie a pour objet la géographie physique comprenant, outre des généralités, la géologie, le relief du sol, les climats, les côtes, l'hydrographie, la végétation. La seconde partie traite de l'ethnographie, et de la géographie politique. La troisième est consacrée à l'étude des régions natiirelles. Dans la quatrième est exposée clairement l'organisation administrative. Enfin, dans la cinquième et dernière partie, qui concerne la géographie économique le lecteur trouvera, après l'étude des voies et de& communications, de très intéressants renseignements sur l'agriculture, la colonisation, l'industrie et le commerce ainsi que sur les mines et les carrières, sujet que viennent de mettre si magistralement en valeur les deux derniers volumes de M. le Professeur A. Lacroix.

Cette énumération succinte montre l'importance de l'ouvrage

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et témoigne de la conscience avec laquelle M. Dandouau l'œ composé. Si l'on y ajoute la compétence qu'a pu acquérir l'auteur de travaux linguistiques et ethnographiques appréciés, pendant un séjour de plus de vingt années dans les régions qu'il se plaît à décrire, nul ne s'étonnera que je félicite mon collègue de l'Académie malgache de son travail et que je le remercie d'avoir consacré tout un congé en France à doter notre belle Colonie de la Géographie qui jusqu'ici lui manquait.

Paris, le 9 avril 1922.

D*" M. FONTOYNONT.

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