III. Division en régions naturelles
Nous diviserons Madagascar Pn cinq régions natucelles dont les limites seront à peu près celles des zones climatiques. Nous distinguerons donc : 1" la région de l'Est ; 2" la région du Sambirano ; 3° Ih région de l'Ouest ; 4^" la région du Centre ; 5° la région du Sud. A ces régions nous en ajouterons une 6", celle de Mayotte et dépendances.
Certaines provinces ne sont pas tout entières comprises dans les limites des zones climatiques. Nous les classons dans la région dont le climat englobe la majeure partie du territoire.
Région de l'Est.
Limites. — La région de l'Est s'étend du Nord au Sud, du Bemarivo du Nord à l'Isandra. Elle est bordée, d'un côté par la mer, de l'autre par le deuxième ressaut du Plateau central.
Climat particulier. — Les vents dominants du S.-E., arrêtés par les deux ressauts boisés du Plateau central, provoquent en saison fraîche, une chute de pluie très abondante, en sorte que la région ne connaît pas de saison sèche, il y pleut toute l'année.
La pluie tombe surtout en abondance entre Vatomandry et Antalaha, avec maximum à Maroantsetra : 3"988, en moyenne en 224 jours de pluie. Il y a donc, dans la région, deux saisons, la saison chaude avec pluie d'orages et cyclones, la saison fraîche avec pluie de condensation.
Cette humidité constante, jointe à la chaleur, est très favorable aux cultures tropicales riches.
Description sommaire. — Le long de la côte sont des plaines basses, étroites, bien arrosée, extrêmement fertiles ; puis
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ce sont des collines chaotiques, couvertes presque partout d'une forêt très dense et qui s'élèvent, progressivement jusqu'à la falaise Betsimisaraka.
Voies de communication. — Les voies de communication sont rares et précaires dans la région.
Cours d'eau. — Elle est arrosée par un grand nombre de petits cours d'eau qui descendent du Plateau central et se dirigent sensiblement vers l'Est, mais ils ne sont pas navigables autrement que pour des pirogues et dans des biefs assez courts séparés par des chutes et des rapides.
Ports et lagunes. — La côte n'a pas de bons ports, mais seulement des rades foraines dont l'accès est rendu difficile par des baxres dangereuses. Seules les lagunes constitueront une voie de communication parfaite lorsqu'elles seront réunies par des canaux percés à travers les seuils qui les séparent. Ce travail est terminé d'ivondro à Andovoranto, en voie d'exécution jusqu'à Yatomandry et en projet jusqu'à Mahanoro et Mananjary.
Routes et chemins de jer. — 11 y a deux routes carrossiables faisant communiquer la côte avec l'intérieur : l'ancienne route de l'Est, qui commence à Mahataara, et celle de Mananjary à Fianarantsoa. Une ligne de chemin de fer extrêmement pittoresque relie Tamatave à ïananarive. Les autres routes sont d'intérêt local, et elles sont plus ou moins bien entretenues.
Hessources naturelles.
Forêts. — La région est surtout forestière. Les forêts du littoral ont été en grande partie détruites par le feu pour la culture du riz, mais il reste, au bas de la deuxième falaise, de Mananjary à la Pointe-à-Larrée, et, au-delà, sur tout le pays jusqu'au nord du Bemarivo, d'énormes surlaces couvertes d'une forêt splendide, où se rencontrent toutes les essences communes et précieuses, donnant du bois de construction, de menuiserie et d'ébénisterie. Elles sont surtout exploitées de la Pointe-à- Larrée à Maroantsetra. La forêt est, en outre, extrêmement ri-
che en produits de toute sorte : rafia, cire, crin végétal, caoutchouc et, sur la côte, gomme copal.
Agriculture. — L'agriculture est très développée. La colonisation européenne a débuté dans la région bien avant la conquête. Des colons de Maurice et de la Réunion y avait installé de superbes plantations, souvent de compte à demi avec la Reine et le P Ministre : tels Arnoux, de Lastelle, Lambert. Aujourd'hui le planteur européen cultive le café, (un peu part'jut), la vanille, (Maroantsetra, Antalaha) le girofle (Ste-Marie) le cacao (Tamatave, Vatomandry) l'ylang-ylang (un peu partout) la canne à sucre (Tamatave). Il prépare des farines de manioc et de banane, de la fécule, du tapioca.
L'indigène cultive du riz, du maïs, du manioc, de la canne à sucre, des bananes, surtout pour sa consommation personnelle.
Tous les fruits des pays chauds viennent admirablement partout : coco, mangues, oranges, mandarines, citrons, letchi, ananas, etc., etc.
Les pâturiages abondent et l'élevage est florissant, surtout dans le sud de la région : Farafangana. Des usines de conserves sont installées à Tamatave.
Mines. — Au point de vue minier le sol renferme du cuivre dans le N., du gcaphite, exploité surtout dans le centre, et un peu partout de l'or, du fer, du corindon, du cristal de roche, etc.
Produits de la mer. — La mer offre partout des ressourr ces inépuisables en poissons, crustacés, coquillage. Dans le N. il y a beaucoup de tortues à écaille. Les Betsimisarak|a de la région de Ste-Marie sont des pêcheurs émérites et d'excellents marins.
Industrie. — L'industrie européenne est peu développée : quelques fabriques de conserves, des féculeries, quelques usines de traitement du graphite, quelques chantiers où se font des goélettes et de petites embarcations. Pour prendre de l'extension elle trouvera, dans les nombreuses chutes des cours d'eau une réserve énorme de force électrique.