‹ Geographie De StrabonChapitre 11 sur 181 · Hom y Odyssée j XIX · texte numérisé non relu

Hom y Odyssée j XIX

iribiitre aujourd'hui encore aux abords des monts Gérauniens, dans les parages d'Adria, dans le golfe Posidoniate et dans les îles qui bordent la Tyrrhénie, certains vestiges du passage des Argonautes. L'existence des Gyanées^ ces roches qu'on nomme quelquefois les Symplégades y et qui rendent si difficile le passage du détroit de Byzance, était une donnée de plus dont Homère sut tirer bon parti. De la sorte, et par suite du rapprochement naturel qu'on établit entre son île djEea et la ville d'iEa, entre ses Planctie et les roches Symplégades, la navigation de Jason à travers les Planctae acquit de la vraisemblance, comme le rapprochement avec ce qu'on savait de Gharybde et de Scylla rendit plus vraisemblable l'épisode « du passage d'Ulysse entre les deux rochers. » En somme, on se représentait de son temps la mer Pontique comme un autre Océan, et quiconque naviguait dans ces parages semblait s'être autant écarté que s'il se fût avancé par delà les colonnes d'Hercule ; elle était réputée, en effet, la plus grande de nos mers et, par excellence, on l'appelait le Pont, le Pont pro'prement dity comme on appelle Homère le poète. Il se pourrait même que ce fût là le motif qui engagea Homère à transporter dans rOcéan les scènes dont le Pont avait été le théâtre, ce déplacement lui ayant paru devoir être, en raison de l'opinion régnante, plus aisément accueilli du public. Je croirais volontiers aussi que la position des Solymes aux confins de la Lycie et de la Pisidie, sur les sommets les plus élevés du Taurus, jointe à cette circonstance, que les populations comprises en dedans du Taurus, et surtout les populations du Pont, voyaient en eux les gardiens et les maîtres des principaux passages de cette grande chaîne du côté du midi, est ce qui l'a induit à déplacer de même celte nation et à la transporter sur les bords de l'Océan , situation extrême , analogue jusqu'à un certain point à celle qu'elle occupait réellement. Voici du reste le passage en question , il s'agit d'Ulysse errant sur son frêle esquif :

t Cependant le puissant Neptune revient de chez les Éthio-

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