LIVRE II
toute cette partie de la Libye ; mais, suivant d'autres auteurs, elle n'aurait que 4000 stades de tour et 1 500 stades de profondeur, 1500 stades, juste la largeur de l'ouverture. La mer de Sicile, maintenant, baigne les côtes orientales de la Sicile et de l'Italie, celles dltalie depuis Rhegium jusqu'à Locres, celles de Sicile depuis le territoire de Messine jusqu'à Syracuse et auPachynum. Au levant, elle se prolonge jusqu'à la pointe de Tîle de Crète, baigne et entoure la plus grande partie du Péloponnèse et forme le golfe de Corinthe; au nord, elle atteint le promontoire lapygien et l'entrée du golfe dlonie et s'avance au S. de l'Épire jusqu'au golfe Ambracique et à la côte qui y fait suite et qui avec le Péloponnèse dessine le golfe de Corinthe. Le golfe d'Ionie, lui, n'est qu'une portion de ce bassin appelé aujourd'hui l'Adrias ou Adriatique, qui, bordé à droite par la côte dlllyrie et à gauche par celle d'Italie jusqu'à la ville d'Aquilée, laquelle est située au fond d'un dernier golfe, s'avance étroit et allongé dans une direction nord-ouest : la longueur de ce bassin est de 6000 stades et sa plus grande largeur de 1200. En fait d'îles, on y remarque un premier groupe considérable répandu le long de la côte d'Illyrie et qui comprend les îles Apsyrlides, Cyrictica* et Liburnides, puis Issa et Tragurium, Melœna-Corcyra ou Corcyre-la-Noire ^ , et enfin Pharos; et, sur la côte d'Italie, un autre groupe comprenant les îles dites de Diomède. La mer de Sicile passe pour avoir, du Pachynum à l'île de Crète, 4500 stades et autant jusqu'au Ténare en Laconie; moins de 3000' maintenant du promontoire lapygien au fond du golfe de Corinthe, mais plus de 4000 du même promontoire à la côte de Libye. Ses principales îles sont Corcyre et les Sy botes sur la côte d'Épire, puis, dans les parages qui précèdent l'entrée du golfe de Corinthe, Céphallénie, Ithaque, Zacynthe et les Échinades. 21. A la mer de Sicile succèdent la mer de Crète, la mer Saronique et celle de Myrtos. Cette dernière, comprise entre
1. Certains Mss. donnent la leçon Ceryctica. — 2. Melinna se lit dans qnel> ques Mss. — 3. Voy. ce que dit M. MûUer {Index var, lect.y p. 949, col. 1) sur ce nombre de 3000 stades.
la Crète, TArgie ou Argolide et TAtlique, mesure dans sa plus grande largeur, à partir de l 'Attique, environ 1 2C 0 stades , et un peu moins du double en longueur. Les îles qu'on y rencontre sont Cythère, Galaurie, iEgine, Salamine et déjà une partie des Cyclades. A la suite de la mer de Myrtes, on rencontre la mer Egée avec le golfe Mêlas et THellespont, puis la mer Icarienne et la mer Garpathienne, celle-ci s'étendant jusqu'aux parages des îles de Rhodes et de Crète*, et jusqu'aux premières terres du continent d'Asie.... En fait d'îles, ces mers renferment, avec le reste des Cyclades, les Sporades, et toutes les îles du littoral de la Carie, de Tlonie et de TiEolide jusqu'à la Troade, telles que Cos, Samos, Chios, Lesbos et Tenedos; celles aussi du littoral de la Hellade jusqu'à la Macédoine et à la partie de la Thrace qui y confine, à savoir l'Eubée, Scyros, Peparethos, Lemnos, Thasos, Imbros et Samothrace et maintes autres encore, que nous ferons connaître en leur lieu et place dans la suite de ce traité. Cette partie de la mer Intérieure mesure en longueur 4000 stades environ, plutôt plus que moins, et en largeur à peu près 2000 stades, et se trouve enfermée entre les côtes d'Asie que nous venons d'indiquer, la côte de Grèce qu'on range du S. au N. depuis Sunium jusqu'au golfe Thermœen et les rivages des golfes de Macédoine jusqu'à la Chersonèse de Thrace. 22. Le long de celle-ci s'étend le détroit des sept stades, dit de Sestos et d'Abydos^ par lequel la mer Egée et 1 Hellespont communiquent avec une autre mer plus septentrionale, nommée la Propontide, qui communique elle-même avec le Pont-Euxin. Quant au Pont-Euxin, il forme en quelque sorte deux mers distinctes ; on voit, en effet, se détacher de la côte septentrionale ou côte d'Europe et de la côte opposée ou côte d'Asie deux caps ou promontoires, qui, en s'avançant à la rencontre l'un de l'autre vers le centre du Pont, resserrent le passage et forment ainsi
1. M. Mûller {Index var. lect., p. 949, col. 2) croit trouver dans une grossière erreur de Denys le Périégète l'explication et le principe de l'interpolation du nom de l'île de Cypre dans cet endroit de la Géographie de Stral^on.