AGRICULTURE
Le reste du territoire se partage entre les pâturages et pacages, les lacs, les étangs, les emplacements de villes, bourgs, villages, fermes, les surfaces prises par les routes, les chemins de fer, les cimetières, etc.
On compte, dans le département de l'Ain, 20,174 chevaux (surtout dans la Dombes), ânes et mulets; 191,821 bœufs, élevés surtout pour la consommation de Lyon ; 61,571 moutons (ayant donné, en 1875, 69,813 kilogrammes de laine, d'une valeur de 176,659 francs), y compris le troupeau de mérinos de Naz, près de Gex ; 54,652 porcs, 24,372 chèvres et près de 17,000 chiens. Les porcs gras de la Bresse sont renommés et fort recherchés par les marchands qui fréquentent les importantes foires du département. Le lait des vaches sert à la fabrication de plus de 12 millions de kilogrammes de fromages façon gruyère ou bleu, produits principalement par les nombreuses fromageries, chalets ou fruitières des arrondissements de Nantua et de Belley. Mais le département est surtout renommé pour ses volailles de Bresse, à la chair délicate, pour les oies et les dindons de la Dombes, dont l'exportation est considérable. Enfin, le département renferme plus de 50,000 ruches, ayant produit, en 1875, 259,440 kilogrammes de miel et 42,647 de cire. Le sériciculture est en décadence.
Le département de l'Ain, où 250,000 individus vivent directement ou indirectement de l'agriculture, est essentiellement agricole: il produit plus qu'il ne consomme (1,542,095 hectolitres de froment en 1875). L'agriculture y est bien entendue. Un autre établissement agricole est la Providence de Seillon, où sont recueillis les enfants pauvres, abandonnés ou orphelins, dont on fait de bons valets de fermes et d'habiles jardiniers. De plus, dans le but d'améliorer la race chevaline, destinée surtout au labour, 47 étalons, de race anglo-normande, ont été répartis dans diverses localités, et une Société hippique organise chaque année, à Châtillon-sur-Chalaronne, des courses et des concours et distribue des récompenses.
La partie orientale du département, très-montagneuse, offre d'excellents pâturages, de belles forêts de sapins et des vignes. Dans le sud, les productions consistent en vins, fruits, légumes, grains de toute espèce : blé, avoine, seigle, orge, méteil, maïs, sarrasin, colza, etc.; mais les grains et les céréales se récoltent en bien plus grande quantité dans la Bresse, la contrée la plus fertile et la mieux cultivée du département. Les bords de la Saône, les bassins de la Reyssouze et de la Chalaronne sont recouverts de prairies luxuriantes. Les environs de Pont-de-Vaux produisent de très-beau chanvre. Le pays de l'Ain le moins favorisé de la nature, mais le plus intéressant
au point de vue des améliorations agricoles, est la Dombes. Ce pays qui ne renfermait jadis que quelques maigres bois, des champs de seigle et d'avoine, produit aujourd'hui une assez grande quantité de froment.
, Le plateau de la Dombes (100,000 hectares), de 200 à 300 mètres d'altitude, est couvert d'amas de cailloux roulés : ce sont en majeure partie des quartzites provenant des Alpes ; ils ont été charriés à une époque qui coïncide avec le commencement de la période quaternaire. Le dépôt qu'ils constituent est désigné sous le nom de conglomérat bressan. Il est recouvert par une couche de terre à pisé ou de limon jaune que Ton retrouve dans toute la Bresse et qui sert dans la Dombes à la construction de la plupart des habitations. Le sol de la Dombes a une profondeur moyenne de 30 centimètres ; il est d'une composition suffisamment dotée en alumine, pauvre en calcaire et riche en silice et en fer. Le sous-sol, un peu plus argileux, un peu plus calcaire, est presque aussi riche que le sol en matières organiques. La région renferme plus de 1,000 étangs (près de 20,000 hectares), créés à partir du quatorzième siècle, à la suite des guerres féodales qui décimèrent la population de la Bresse et de la Dombes. Aujourd'hui encore, un certain nombre d'étangs sont desséchés et cultivés pendant deux ans, puis inondés de nouveau deux autres années, pendant lesquelles ils produisent du poisson. En 1854, le gouvernement décida la création d'un réseau de quinze routes agricoles, d'une longueur totale de 242 kilomètres, et un décret du 15 mai 1869 autorisa l'exécution d'un deuxième réseau de quinze nouvelles voies destinées à compléter l'œuvre de transformation à laquelle le premier réseau a surtout donné naissance. Ces quinze nouvelles routes ont une longueur totale de 121 kilomètres 715 mètres. Les lignes terminées représentent aujourd'hui une longueur de 245,872 mètres; celles en cours d'exécution, une longueur de 62,096 mètres, et celles non commencées s'étendent sur 55,747 mètres. Les communes intéressées fournissent les terrains et exécutent les terrassements; l'État construit les ouvrages d'art et la chaussée d'empierrement. Les dépenses faites par l'État pour l'achèvement des 245,872 mètres de chemins livrés à la circulation se sont élevées à 1,018,259 fr. 80 c, soit 4 fr. 14 c.par mètre courant. La Compagnie du chemin de fer de la Dombes doit, aux termes de l'acte de concession, dessécher et mettre en valeur 6,000 hectares d'étangs. Cette opération marche très-régulièrement, sous le contrôle des ingénieurs. La Compagnie a déjà desséché 434 étangs, d'une superficie totale de 4,813 hectares 41 ares 43 centiares. La mortalité sur 100 habitants, qui s'élevait à. 4, 04 en 1867, n'a été en 1870 que de 2,54; la population spécifique, qui était de