‹ Géographie du département de l'AinChapitre 13 sur 18 · XI. — Industrie · texte numérisé non relu

XI. — Industrie

Le Rhône roule, dit-on, des sables aurifères. — Il existe dans le département sept concessions de mines de fer; mais deux d'entre elles seulement sont en exploitation : celle de Soudon donne environ 6,000 tonnes et celle de Serrières-de-Briord 3,000 tonnes de minerai chaque année. Les autres mines de fer sont situées à Mon t-de-P Ange, Saint- Sorlin, Souclin, Vaux et Vilîebois. — De Seyssel à Bellegarde s'étendent des couches de substances bitumineuses qui produisent Y asphalte de Pyrimont-Seyssel , si fréquemment employé à divers usages dans les principales villes de l'Europe. Ces terrains sont aujourd'hui exploités par la Compagnie générale des asphaltes, qui en retire environ 8,000 tonnes par an. Une autre mine, exploitée à Chézery, dans la vallée de la Valserine, produit 1,000 tonnes en moyenne. La mine de lignite de Soblay (il y en a trois autres) a donné 870 tonnes de combustible en 1878.

De nombreuses carrières de pierres fournissent des matériaux de construction aux villes de LyonNet de Genève. Les plus importantes sont celles de Vilîebois, Drom, Montmerle, Charix, Pyrimont, Thoiry, Divonne, Murs, Hauteville, Chavannes-sur-Suran et Montmerle. Villebois surtout est renommé pour ses carrières de pierre dure. Cette pierre, remarquable par ses bancs à contact sinueux, indiquant un long séjour dans des eaux agitées, ressemble à la pierre du Raz et de Sassenage (Isère). Elle a été employée pour la construction des nouveaux bâtiments de la ville de Grenoble. — L'arrondissement de Belley, et notamment Marchamp, fournit des pi erres lithographiques. Champfromier est connue pour ses carrières d'albâtre; Rossilloa, la

Burbanche, Ceyzériat, Jasseron, Rignat, Neuville-sur- Ain, Argis, Seyssel, pour leurs carrières de tuf. À St-Rambert, Tenay et Virieule-Grand existent des exploitations de chaux hydraulique et déciment. Enfin, des phosphates de chaux sont exploités près de Bellegarde.

Des sources minérales inutilisées jaillissent à Biziat, Ceyzériat (source ferrugineuse appelée la Fontaine-Rouge), Polliat, Pont-de- Vaux, Saint-Jean-sur-Reyssouze, Saint-Jean-sur- Veyle et Seyssel. Enfin, le village de Divonne possède de belles sources, sans principes minéralisateurs, mais qui doivent à leur extrême frigidité d'être employées avec succès contre certaines maladies, dans un bel établissement hydrothérapique. — Dans l'arrondissement de Belley s'extraient des truffes noires estimées.

Le groupe industriel, actuellement — ou destiné à devenir — le plus considérable du département, est situé à Bellegarde. Une Société, appelée Compagnie hydraulique du Rhône, a entrepris en 1871 la construction d'un canal de dérivation destiné à utiliser la force motrice du Rhône (13,000 chevaux-vapeur) et qui aura pour conséquence la création près de la Perte-du-Rhône d'une cité industrielle. La prise d'eau, calculée pour réunir au minimum 61 mètres cubes par seconde aux basses eaux, est pratiquée sur la rive droite du fleuve, un peu audessus de la Perte-du-Rhône. La longueur du canal de dérivation est de 750 mètres, dont 200 mètres à ciel ouvert et 550 mètres en tunnel. Dans le lit de la Valserine, où aboutit le canal, près de la jonction de la Valserine et du Rhône, sont placées des turbines dont la force totale pourra s'élever à 10,000 chevaux-vapeur. Le bâtiment qui les contient a 40 mètres de longueur sur 14 mètres de largeur et 20 de hauteur. La force motrice développée par l'action de l'eau (chute de 12 à 14 mètres selon le niveau du Rhône) sur les turbines est transmise sur le plateau et dans toute la vallée au moyen de câbles aériens à grande vitesse, soutenus de distance en distance par de gigantesques poulies et communiquant, en dernier lieu, leur action à des arbres de rotation destinés à mettre en mouvement tous les appareils d'une ou de plusieurs usines. Un chemin de fer a déjà été construit de la Perte-du-Rhône a Arlod, un pont jeté sur la Valserine, dont le lit a été rectifié et endigué, et le chemin de fer de Bellegarde à Bourg par Nantua a été concédé. Quatre grandes fabriques ont été construites jusqu'ici : une fabrique de pâtes de bois à papier (650 chevaux-vapeur), une fabrique de parquets avec tournage de bois (50 à 60 chevaux), et deux moulins à broyer les phosphates de chaux.

L'industrie métallurgique est représentée dans le département par la tréfilerie d'or et d'argent de Trévoux (60 ouvriers), comprenant

Page 1