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X. — Agriculture ; productions

Sur les 595,765 hectares dont se compose le département de TEure, on compte :

Terres labourables 579,051 hectares.

Vignes 1,130

Bois 109,888

Préss 55,240

Pàturagos et pacages 11,170

Terres incultes. 1,507

Le resle du territoire se partage entre les étangs, les emplacements des villes, des bourgs, des villages, les surfaces prises pour les routes, les chemins de fer, les rivières, etc.

Le sol du département est très fertile, sauf dans le pays d'Ouche, qui est à peu près stérile. Le blé se récolte en grande quantité dans le Vexin et dans la plaine du Neubourg. On cultive aussi le méteil, le seigle, l'orge, l'avoine, un peu le sarrasin, les pommes de terre, les légumes secs, les betteraves, le lin et le colza. — Le Lieuvin, où se fabrique le fromage dit de Mignot, offre de riches herbages pour rélève des chevaux et l'engrais des bêtes à cornes. — lise fait à Bernay un grand commerce de chevaux, les plus beaux de la Normandie. M. de Lagrange a créé à Dangu un magnifique haras d'où sont sorlis plusieurs chevaux célèbres, en tête desquels il faut placer Gladiateur. Le haras de Dangu est entouré d'immenses prairies dont la superficie est de 223 hectares. Il existe aussi un haras à Neaufles- Saint-Martin et une école de dressage à Etrépagny. — Les prairies artificielles ont presque doublé d'étendue depuis quaranle ans; elles occupent (15,000 hectares. La luzerne, le sainfoin et le trèile incarnat sont semés avec succès. — Dans les champs riverains de l'Andelle, les paysans cultivent le chardon à foulon pour les fabriques de draps d'Elbeuf etdeLouviers. — La vigne se cultive dans la partie méridionale du département, le long des vallées de l'Avre, de l'Eure et de la Seine. Bueil, Chàteau-d'lUiers, Menilles, Nonancourt, Portmort, produisent des vins d'ordinaire estimés.

La moyenne et surtout la petite propriété (50 hectares à 100, et 1 hectare à 50) constituent la majeure partie du territoire. Les

grandes propriétés de 100 hectares et au-dessus sont surtout situées dans l'arrondissement des Andelys et dans les cantons d'Évreux, de Saint-André et de Nonancourt.

Le nombre des chefs d'exploitations et des ouvriers agricoles des deux sexes monte à 172,840 personnes. Les propriétaires habitant leurs terres, et faisant valoir tant pour eux que pour autrui, composent plus des deux tiers des cultivateurs.

En 1875, la production agricole a été la suivante, savoir : froment, 1,817,016 hectolitres; rnéteil , 161,726; seigle, 66,984; orge, 165,615; sarrasin, 5,940; avoine, 1,652,708. La pomme de terre a produit 426,987 hectolitres; les légumes secs, 78,785; les betteraves, 1,265,800 ; le lin, 2,850 quintaux.

On compte dans le département 57,585 chevaux, 9,079 ânes, 2,000 bœufs et taureaux, 91,505 vaches et génisses, 1,770 veaux, 479,140 moutons, 46,185 cochons, 2,500 chèvres. Le rendement de la laine des moutons a été de 5,170,000 kilogrammes, valant 12,521,500 francs 22,000 ruches d'abeilles ont produit 155,000 kilogrammes de miel et 22,000 de cire.

Le territoire est couvert de nombreuses plantations de pommiers , dont les fruits servent à fabriquer le cidre, boisson ordinaire des habitants ; l'arrondissement de Pont-Audemer est celui où ils sont le plus répandus. Chaque hectare de prairie, planté d'une centaine de pommiers, rapporte en moyenne, après quinze ans, 50 hectolitres de pommes valant 175 à 200 fr. Indépendamment des pommiers plantés en vergers, un assez grand nombre d'arbres servent de bordures aux champs ; d'autres s'étendent le long des routes et des chemins. En 1866, selon M. Charpillon [Dictionnaire statistique de VEure), il y avait dans le département 5,454,255 arbres à cidre, produisant chaque année 555,749 hectolitres, valant 5 millions de francs.

Les bois soumis au régime forestier se composent surtout des forêts domaniales, qui ont une contenance totale de 12,669 hectares. Les bois des particuliers occupent 90,000 à 95,000 hectares. Il faut y ajouter 159 hectares de bois communaux. Les forêts de l'État sont les suivantes : forêt de Lyons, en partie (6,045 hectares) ; forêt de Bord (5,494 h.); forêt de Louviers (1,145 h.); forêt de Monlfort (1,985 h.). La forêt de Bord ou de Pont-de-l'Arche, située sur les communes de Pont-de-l'Arche, desDamps, deLéry, du Vaudreuil, de Tostes, de Martot et de Criquebeuf, appartient à l'État. Cette forêt est coupée par des vallons, souvent profonds, qui débouchent dans les vallées de la Seine et de l'Eure." Le chêne et le hêtre forment de beaux massifs de haute futaie, surtout dans la partie S. de la forêt. Le peu de fertilité du sol, au N., n'y permet que l'éducation d'essences résineu-

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